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Le nouvel album de Chimaira est arrivé pour certains comme une délivrance, pour moi, c'était le nouvel album d'un groupe sur lequel je n'avais pas du tout accroché en 2001. C'est donc avec surprise que j'écoute The impossibility of reason, parce que ouais, ça claque ! Premier réflexe, resortir Pass out of existence du placard, peut-être qu'à l'époque j'avais raté un bon album, peut-être que ma sensibilité à changer... Mais non, c'est surtout Chimaira qui a changé, leur deuxième opus Pass out of existence n'est toujours pas à mon goût, poussif et lassant, le groupe semble s'emmêler un peu les pinceaux, je ne sais pas ce que vaut leur premier skeud : This present darkness (1999) mais le combo de Cleveland a du prendre un nouveau départ avec ce troisième LP. Eux-mêmes parlent d'évolution... Dans le bon sens apparement, dans mon sens assurément !
Chimaira a pour line-up (en mai 2003) Mark Hunter au chant, Rob Arnold et Matt DeVries aux guitares, Chris Spicuzza aux samples, Jim LaMarca à la basse et Andols Herrick à la batterie.

Chimaira / Chronique LP > The age of Hell

Chimaira - The Age of Hell Ce qu'il y a de bien avec Chimaira, c'est qu'on n'est jamais surpris. Dit comme ça, cela peut paraître bizarre mais en ces temps de douloureuse incertitude dans l'industrie du disque, l'assurance qualité chez un "gros" groupe, ça s'apprécie à sa juste valeur. Là où l'on ne compte plus les énormes machines qui accouchent d'albums frisant le ridicule artistique, Chimaira fait partie de ces collectifs métalliques qui ont un cahier des charges extrêmement précis et qui s'y tiennent à la virgule près. Pour la prise de risques inconsidérés, on repassera, il est ici question d'en avoir pour son argent. Et à ce jeu-là, les ricains ne sont jamais les derniers pour rafler la mise.

The Age of Hell donc. Déjà tout est dans le titre, accrocheur et assez symptomatique de ce qui va nous arriver dans la figure. Soit du bon gros metal (avec des petits trucs en "-core" dedans) et qui démontent une épaule bien comme il faut. Quelques plans mélodiques, de grosses sessions de pilonage qui "a-mosh-ent" les tympans, le bulldozer Chimaira rentre parfaitement dans son sujet avec le morceau-titre de l'album. On voulait du metal qui fasse parler la poudre. On va en avoir. Et le groupe de poursuivre son entreprise de démolition auditive avec un "Clockwork", que l'on aurait aimé plus compact et salvateur, mais quand même efficace, (à noter tout de même le passage ambient en plein les milieu qui rompt plutôt très bien avec le catapultage habituel de parpaings sur l'assistance) et les tampons métalliques que constituent les "Time is running out" et autres "Year of the snake".

Evidemment, le gros bémol de l'album et d'ailleurs de quantité de formations ferraillant dans ce registre musical, guerrier et adepte du choc frontal, c'est que quand c'est bien fait (comme ici), ça défoule et même un peu plus... mais c'est souvent (toujours ?) un peu redondant sur la durée entière d'un long-play. Ici, on a droit à douze titres (normal) et au bout de six/sept titres, on commence à en avoir plein la panse (normal aussi ?). Du coup, on passe un peu plus vite sur les titres les plus dispensables pour se re-concentrer sur les torpilles metal hardcore les plus thrashisantes ("Born in blood", "Trigger finger") quitte à délaisser les "Beyond the grave" et autres "Powerless" assez convenus. Sur la durée, Chimaira a donc du mal à se renouveller et proposer quelque chose d'autre que sa carte de menu, un peu légère vu le potentiel du groupe et c'est dans cette "logique" que les deux derniers titres de l'album ("Scapegoat" et "Samsara") faisant office de dessert, semblent être là pour le remplissage. Solide et efficace donc mais avec des réserves quand même. Peut/doit assurément mieux faire.

Chimaira / Chronique LP > Chimaira

chimaira : chimaira Aprés un album qui les a mis définitivement sur le devant de la scéne métal (The impossibility of reason et un DVD (The dehumanizing process) pour nous faire patienter (et pour profiter de leur succés ?), Chimaira revient et a de nouveau quelque peu muté, d'ailleurs s'ils n'ont pas choisi de nom pour cet album, c'est peut-être aussi parce qu'ils voudraient redéfinir leur style et imposer celui-ci durablement... Le côté mélodique apparu en 2003 est oublié, les 10 titres de Chimaira font davantage dans le métal puissant, sorti de "Salvation" (et encore), ça joue donc plutôt avec la pédale d'accélérateur et de disto à fond ("Nothing remains", "Comatose"), les breaks (au frein à main) font mal et laissent souvent la place à des solis de guitare qui ne sont pas rappeler les plus belles de heures de Metallica, Slayer ou Pantera... Et oui, Chimaira s'invite dans la cour des grands et vient crânement étaler ses qualités ("Save ourselves", "Inside the horror", "Pray for all"...) à une époque où les "guitare heros" sont ceux qui font semblant d'en jouer... Et dans la même veine, les ricains n'hésitent plus à étirer leurs titres, la chasse au hit radio ou au clip mortel qui accrochera l'auditeur lambda est terminée, là, on a 10 titres en 1 heure, Chimaira décharge donc ses riffs et ses rythmes pour plomber une grosse ambiance, et cherche à être efficace dans la durée, pas seulement sur un ou deux tubes. Le temps d'impression des tempos et des accords est plus long, l'ensemble de l'album gagne donc en homogénéité et certaines coquetteries ("Everything you love") sont ainsi mises en relief.
Chimaira a certainement trouvé sa voix (lourde !) et sa voie, ils assument intrégralement leurs influences et devraient se garder leur belle place dans le monde du métal alors que leurs aînés s'embourbent et que les autres petits jeunes jouent sur d'autres registres... Et si Chimaira est certainement l'album de la maturité (sic), on les sent capables de faire encore mieux...

Chimaira / Chronique DVD > The dehumanizing process

chimaira : dvd Le DVD est devenu un produit de consommation courante et même les tout jeunes groupes (s'ils sont bien aidés par leur maison de disques) peuvent se permettre d'en sortir. Chimaira ne déroge pas à la régle avec ce The dehumanizing process qui est à réserver aux fans les plus inconditionnels du groupe. Le coeur de ce DVD est en effet un long reportage sur la vie du groupe qui prépare l'enregistrement puis enregistre son excellent album The impossibility of reason avant d'aller le présenter sur scène. Depuis leur hangar de répétition jusqu'au tourbus en passant par le studio, on suit le groupe durant plusieurs mois. Ici, les images live (où l'on voit le membre d'un Slipknot) et les images backstage prennent du relief avec ce que vit le groupe (à savoir les problèmes liés à leur batteur d'origine et ami trés proche puis ceux de son remplaçant), picoler avec Rob Flynn est une image moins rare que celle d'un batteur perdu dans ses pensées sur un parking sombre... Durant ce documentaire, on pourra voir quelques trés jolis plans d'usines, de routes et de hangars... Les sous-titres en français sont bel et bien présents (ouf car ça n'a pas toujours été le cas pour les "vieux" DVDs RoadRunner), la navigation assez simple et on arrive facilement aux clips du groupe (tous aussi peu intéressants les uns que les autres) et au concert, un show "moyen", les moyens techniques mis en place pour sa captation n'étant pas ceux alloués à Slipknot... Les fans apprécieront tout de même ! Tout autant que la réédition bonus de This present darkness, le premier EP de Chimaira, enrichi de 2 titres inédits. On y retrouve un groupe puissant et rageur capable d'adoucir les angles pour mieux nous approcher ("Lend a hand", "Gag") et installer le chaos au plus prés de nos oreilles... Le mastering donne un sacré coup de jeunes à ces titres dont la durée de vie dépasse celle du DVD...

Chimaira / Chronique LP > The impossibility of reason

chimaira : the impossibility of reason Montée de gratte larsénisée, roulement de batterie, premier riff, "Go", break avec riffs death, "Cleansation" met Chimaira sur de putains de bons rails, son lourd à la Machine Head (voire Coal Chamber sur certains passages), l'influence du combo de Robb Flynn se fait d'ailleurs sentir tout au long de l'album (le Machine Head première période), sur ces rails, on a donc la puissance d'une grosse loco alliée à la vitesse d'un TGV. Le tempo se ralentit sur le titre qui donne son nom à l'album, "The impossibility of reason" laisse de la place (et du temps) à un solo de guitare mais le rythme est généralement très élevé ("Power trip", "Stigmurder") et toujours bien tenu. On ne souffle que sur les intros ("Down again") ou les outros passées au "fade" ("Eyes of a criminal") et de toute façon, on n'est pas là pour souffler, Chimaira a décidé de tout casser durant l'heure qu'on lui offrait et sur la double pédale et des riffs ravageurs, Mark Hunter balance ses paroles avec pas mal de core et de coffre, il nous agresse mais sait aussi sortir de belles mélodies ("Down again", "Crawl"). Et quand il ne chante pas, c'est que les guitaristes attaquent et tranchent dans le vif avec des solos percutants... The impossibility of reason est très loin du médiocre Pass out of existence, seul "Pictures in the gold room" n'est pas trés réussi (on peut aussi déplorer la discrétion du sample), mais la dizaine d'autres titres (presque tous écrits par le duo Hunter/Arnold) valent vraiment le détour. Et plus qu'un détour, il faut forcément qu'on s'arrête sur "Implements of destruction". Ce dernier morceau est un instrumental de plus de 10 minutes qui commence calmement sur des gammes latines puis se rayent (effet réussi contrairement à la fin de "The dehumanizing process") pour enchaîner sur de gros riffs lancinants qui se superposent (avis aux headbangers), chacun se met en valeur tour à tour (sample, batterie, guitare...), les harmoniques artificielles appellent le retour de la gratte et tout ce beau monde s'en va mourrir dans un coin de la plage...
Finalement le sigle du chaos sur la pochette n'est pas si prétentieux que ça...