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Tirant son patronyme d'un morceau de Public Enemy (en l'occurrence "She watched Channel Zero"), Channel Zero se forme en 1990 du côté de Bruxelles (en Belgique pour les nazes en géo') et va connaître une trajectoire quasiment météoritique jusqu'à son split en 1997. Une première démo dès 90', une signature un an plus tard avec un label allemand répondant au doux nom de Shark Records puis deux albums sortis entre 1992 et 1993 entrecoupés de belles tournées en première partie d'Pro-Pain, Life of Agony ou Napalm Death, le groupe fait rapidement son trou.
En 1994, il signe chez PIAS et sort son troisième album long-format (Unsafe) qui lui permet de faire la tournée des grands festivals européens et d'être distribué outre-Atlantique pour la première fois. Les dates s'enchaînent et le groupe essaie de percer à l'international en travaillant notamment avec Bob Ludwig (Nine Inch Nails, Tool). Quatrième album sorti par le groupe depuis ses débuts, Black fuel sort en 1997 mais pour diverses raisons scelle finalement la fin du groupe... lequel se reforme treize ans plus tard pour vivre une seconde carrière.

Channel Zero / Chronique LP > Feed'em with a brick

Channel Zero - Feed'm with a brick C'est la mode, on l'a dit et redit cent fois, presque une nouvelle règle fondamentale dans le petit milieu de la musique rock ou metal (et leurs sous-genres affiliés) : tout groupe ayant connu à un moment ou l'autre de sa "première" vie un quelconque début (ou vrai) succès avéré doit se reformer dix, quinze ou vingt ans plus tard. Channel Zero est de ceux-là. Pas le plus connu d'entre tous, ça faut bien l'admettre, mais certainement pas le moins crédible, tant du point de vue de la manière qu'il a eu de faire son retour que du résultat concret. Balèze.

Pour l'anecdote, le groupe belge, qui avait connu un certains succès dans les années 90, s'est reformé début 2010 avec un line-up un peu modifié par rapport à la formation originelle et s'est offert sept concerts consécutifs à l'Ancienne Belgique de Bruxelles pour marquer son comeback et prendre un peu la température de sa notoriété. Un succès rare pour un groupe qui n'était pas non plus un poids lourd de la scène power-metal européenne mais qui a donc fait mieux que légitimer son retour. Fatalement, on se doutait bien qu'un album ne pouvait donc que suivre et après quelques péripéties au sein de cet univers impitoyable qu'est l'industrie du disque, celui-ci, après avoir eu droit à une première levée fin 2011, ressort au printemps 2012 par l'intermédiaire du label Graviton, fondé par d'ex-employés de Roadrunner.

Rayon line-up, exit Xavier Carrion, membre fondateur qui a malheureusement du déclarer forfait pour cause de soucis auditifs [note de l'auteur : on ne conseillera jamais trop à nos lecteurs de se protéger d'ailleurs], c'est Mikey Doling (ex-Snot, ex-Soulfly) qui s'y colle histoire de ne pas y perdre au change en termes de qualité. Et comme avec un potentiel pareil il était préférable de faire les choses bien jusqu'au bout, les Channel Zero ont confié la prod' de leur nouveau bébé à Logan Mader (Machine Head, Soulfly, Medication). Résultat des courses, "Hot summer" fait d'entrée de jeu péter les watts et la formation belge s'offre une mise en bouche cinq étoiles. Un power metal rugueux mais d'une efficacité 90's imparable, de gros riffs bien charpentés, une section rythmique au poil et un savoir faire irréprochable doublé d'un vrai talent pour écrire des morceaux qui pulsent dans les éprouvettes, rien à redire, on n'en est qu'au premier titre et c'est pourtant déjà bien carton.

Et quand il s'agit de confirmer les bonnes dispositions dans lesquelles a été mis l'album, le groupe ne perd pas de temps et balance un "Guns of Navarone" superlatif et tranchant. Là, on commence à comprendre que les Channel Zero remettent le couvert près de quinze ans après leur dernier album (en l'occurrence Black fuel) et qu'ils ont profité de cette absence pour re-régler les compteurs à zéro. "Electric showdown", "Freedom", "In the city" mettent alors l'auditeur sous le feu d'un véritable déluge de mitraille, entre thrash 90's carrossé à l'ancienne et un power-metal qui sonne régulièrement plus moderne malgré cette influence old-school constamment omniprésente. Pour un mélange parfaitement équilibré qui fait bien plus qu'assurer le minimum syndical requis. D'autant que rayon batterie, la frappe est tonitruante, que les guitares arrosent consciencieusement les enceintes et que le chant se fait particulièrement charismatique lors des envolées mélodiques taillées pour le live.

Une réussite quasi intégrale donc sauf quand le groupe se laisse un peu aller sur un "Side lines" un peu trop facile ou que "Capitol pigs" oublie qu'il ne suffit pas d'avoir un son parfaitement énorme pour vraiment marquer les esprits. A l'inverse (et pour rétablir l'équilibre), le terrible "Ammunition" co-écrit par monsieur Tommy Prong Victor (avec en sus Marcello Dias de Soulfly en guest) vient retourner les amplis avant que "War is Hell" et son ambiance de fin des temps ne vienne définitivement atomiser l'auditeur ou que la ballade heavy-rock grungy "Ocean" parachève avec classe un album pas forcément attendu à ce niveau, mais en tous points bluffant.

Jubilatoire.