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Né en aout 2005 du côté de Lyon, Celeste est un groupe comprenant en son sein des membres de Forge, feu-Mihai Edrisch, Flashfalcon et Hijackers. Dixit le groupe, leur musique s'apparenterait à "du Shora dans sa période poilue qui rencontrerait Daturah sous coke", dans les faits, il s'agit ici d'un post-HxC aux relents screamo et à l'agressivité sans limite, évoquant autant Breach que Neurosis, en passant par Amen Ra, Meshuggah, Pelican et Time to Burn). Après un EP, Pessimiste(s), sorti en 2006, le groupe signe chez le label Denovali Records (Aussitôt mort, Daturah, Kidcrash, Les Fragments de la Nuit...), via lequel sort en janvier 2008 un premier album long-format : Nihiliste(s). Un an et demi plus tard, les Lyonnais récidive avec Nihiliste(s) (sorti conjointement chez Denovali Records et Trendkill Recordings).

Review Concert : Celeste, Des Kehlvin Celeste(s) au Korigan (nov. 2008)

Interview : Celeste, L'interview (de) Celeste (nov.2008)

Celeste / Chronique LP > Animale(s)

Celeste - Animale(s) Animale(s)... rarement un album aura aussi bien porté son nom que le nouveau méfait signé Celeste aka les terreurs lyonnaises d'un mouvement hardcore/noise/black sulfurique de l'enfer dont ils sont définitivement les grands mamamushis. Et pour le prouver une fois pour toutes, ils ont sorti la grosse artillerie en livrant ce double album plus de trois ans après le macabre Morte(s) née(s). Deux fois plus de Celeste donc et surtout deux fois plus de ce cocktail sonore à ne définitivement pas mettre entre n'importe quelles mains. Lequel nous parvient, avec toute la théâtralité dont le groupe nous a habitué depuis ses débuts, encore une fois par le biais de l'indispensable label Denovali Records.

Bestial et dévastateur, la corrosion des sentiments doublée d'une carnassière éviscération des sens, une poésie décharnée mise au service d'une dramaturgie noisy, sevrée de lumière et de positivisme forcené. Le résultat tient en deux fournées de titres sur lesquels le groupe est en mission suicide. Une expédition punitive dont on ne revient pas (indemne) et qui érige le concept de subversion sonore au rang d'art. Quitte à laisser l'auditeur émotionnellement cannibalisé, sensoriellement dévasté après son passage (en force). Parce qu'en plus d'une noirceur méphistophélique, Celeste exhale ici une puissance rare ("Laissé pour compte comme un bâtard", "Au pied d'une bicoque peu séduisante"). Qui se retrouve mise au service (ou sévices aussi) d'une sauvagerie rarement égalée, d'une brutalité qui gicle sur le visage de l'auditeur pour lui lacérer les chairs jusqu'à ce que celui-ci laisse, contraint parce qu'épuisé, ses dernières défenses l'abandonner ("Sans crainte de s'avouer un jour naufragée").

Inépuisable, le groupe aligne les brûlots hardcore/black empreints d'une frénésie barbare, enchaîne les coups de boutoir noisecore subversifs les uns après les autres, encore et encore, jusqu'à ce que l'enfer se déchaîne sous les yeux du supplicié ("X", "Tes âmes sœurs immaculées"). Hard. Et lorsqu'ils lâchent tout, se libérant de leurs dernières chaînes invisibles pour délivrer un monumental substrat de postcore lourd et de démence sonore littérale ("Dans ta salive, sur sa peau"), les Celeste provoquent une véritable exsanguination auditive en même temps que la contagion d'un nihilisme forcené parce que viscéral ("D'errances en inimitiés", "Cette silhouette paumée et délabrée qui sanglote et meurt"). Et le pire dans tout cela, c'est que si la formule est connue depuis pas mal d'albums maintenant, à chaque fois ses auteurs en repoussent les frontières, en ébrèchent un peu plus le concept pour le remodeler à l'envie et à l'aune d'une mécanique artistique dont la précision se révèle toujours aussi redoutable ("Empreinte d'érotisme"). Double pédale possédée par le malin, riffing dont la fracassante inventivité en laissera plus d'un sur le carreau et présence vocale à l'animalité qui n'est plus à démontrer : Celeste fait du Celeste dans les règles de l'art. Soit comme d'habitude oui, mais en mieux ("Y", "Serrés comme son coeur lacéré").

Monumental.

Celeste / Chronique LP > Pessimiste(s) [Réédition]

Celeste - Pessimiste(s) Il y a des fois où, parce qu'on ne peut pas être sur tous les fronts, il se peut que l'on rate lamentablement la naissance d'un groupe pourtant doté d'un potentiel artistique très au-dessus de la norme. Découverts à l'époque du phénoménal Nihiliste(s (soit en 2008), les Celeste puisque c'est d'eux dont il s'agit, n'en étaient pas pour autant à leurs premiers méfaits, un précédent fait d'armes, déjà savoureusement baptisé Pessimiste(s) et déjà très remarqué, ayant vu le jour deux années plutôt alors que le quintet lyonnais sortait tout juste de l'ombre. Un oubli qu'il s'agissait donc de réparer et c'est chose faite aujourd'hui... merci au label Denovali Records, qui toujours à l'affût d'un excellent choix de plus à faire, offre une séance de rattrapage grandeur nature en rééditant cet EP inaugural dans une édition limitée et remasterisée disponible en CD et LP de grande classe. Et dans ce cas, le W-Fenec n'est jamais bien loin.

"Afin de tromper l'ennui / Diluons nos souvenirs d'enfance / D'abysse en abysse / De notre aversion à notre perversion / Car quoi qu'il advienne, tout est à chier", plus qu'une suite de morceaux formant un tracklisting cannibale d'une redoutable efficacité, ces titres composant Pessimistes sont une véritable profession de foi pour un Celeste à la verve déjà acide et aux riffs acérés comme des lames de rasoir. Un haïku animal aux rares moments apaisés, poésie du chaos et de la désolation aux rimes décharnées s'enfonçant comme autant de coups de poignards dans les chairs ensanglantées, ce premier EP laisse déjà de profondes cicatrices dans l'esprit malade d'un auditeur fatalement contaminé par le virus sonique libéré par le groupe. Dès le départ, celui-ci pilonne les enceintes porté par une rage incandescente peu commune, cette fièvre (post)hardcore qui, frayant avec un esprit crust/punk sauvage piétine les membranes auditives à coups de riffs monumentaux et distille une musique à la violence implacable mais qui se ménage quelques moments de calme relatif, permettant à l'auditeur de sortir la tête de l'eau entre chaque décharge de haine liquéfiant les amplis. Viscéral. Les Lyonnais ne sont alors pas encore aussi "méchants" qu'ils le deviendront, d'un point de vue musical, sur les séquelles de Pessimiste(s) mais ce nihilisme exacerbé, cette misanthropie féroce déjà largement entrevue ici ne restera morte-née. La suite épousant ainsi peu à peu les contours d'un hardcore/black toujours plus noir, subversif et oppressant. Cela dit une très grosse partie de ce qui fait désormais la reconnaissance des lyonnais sur la scène européenne transpire déjà sur cet EP. Que l'on se rassure : ces cinq-là étaient déjà dangereux à leurs débuts... ça ne risque plus de changer.

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Celeste / Chronique LP > Morte(s) née(s)

Celeste - Morte(s) née(s) Celeste : de l'abîme vers le Chaos. Qu'on se le dise, chaque album des Lyonnais est un pas de plus fait vers l'indicible, la désolation métallique absolue, sublimée, magnifiée par ce corrosif cocktail post-black hardcore dont ils se sont faits, depuis plusieurs opus déjà, les incontestables apôtres. A l'occasion de Morte(s) née(s), disque au titre évocateur, le groupe fait ce qu'il sait faire de mieux en matière de démembrement auditif, sauf qu'il va loin, beaucoup plus loin encore qu'il n'était encore jamais allé.
"Ces belles de rêves aux verres embués", "Les mains brisées comme leurs souvenirs", deux titres qui suintent une haine féroce de l'humanité par tous les pores de ses riffs, une sauvagerie sans nom drapée d'un nihilisme sanguinaire que le groupe met à l'épreuve (de force) le temps d'un morceaux à l'efficacité diabolique, marqué par une rythmique cannibale qui cautérise tout sur son passage et une énergie punk hardcore incomparable. Celeste rêve de sauvagerie et avec lui nous entraîne dans ses cauchemars, véritables tortures sensorielles qui trouvent un premier climax dans "Il y a bien des porcs que ça ferait bander de t'étouffer". A la limite de l'insoutenable tant le groupe va loin dans l'extrême, emportant avec lui les stigmates d'un post-black metal arrosé d'acide hardcore.
Et quand il n'y en a plus, il y en a encore, en mode garçons bouchers, les Celeste empilent les parpaings en faisant passer des groupes comme Daughters, Plebeian Grandstand ou Time to Burn pour des petits joueurs en matière de concassage de conduits auditifs ("En troupeau des louves en trompe l'oeil des agneaux"). Car ici, plus encore qu'à l'ordinaire le Lyonnais ne cogne pas, il anesthésie. Le groupe matraque des corps sans vie, s'acharne sur les dépouilles éviscérées de ses victimes, sature l'atmosphère de toutes ses forces et se laisse emporter par sa barbarie sonore. Sans concession ("s", "Un miroir pur qui te rend misérable"), décadent comme jamais, il accouche ici dans une douleur innommable de son chef-d'oeuvre ("De sorte que plus jamais un instant ne soit magique "). Jusque-boutiste et implacable par sa bestialité. Fatalement, le verdict est lapidaire : Celeste, on sait quand ça commence, pas trop quand ça s'arrête. et de toutes les façons, à la fin, quand le silence revient, presque effrayant en soit, on ne sent plus rien tellement on en a pris plein la gueule. Avec Morte(s) née(s), le Hard hexagonal a sans doute trouvé son nouveau maître.

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Celeste / Chronique LP > Misanthrope(s)

Celeste - Misanthrope(s) Celeste et Misanthrope(s), deux noms qui nous infligent par avance quelques céphalées nécessitant forcément un traitement de choc. Alors autant soigner le mal par le mal. Car qui a pu avoir un avant-goût de ce dont était capable le combo Lyonnais en live peut déjà commencer à se faire du souci pour sa santé mentale. Les Celeste eux, ce sont de vrais malades, du genre nihilistes, qui piétinent les membranes auditives des âmes sensibles, ceux qui auraient été tentés de poser un demi-tympan sur leur travail sans être prévenu au préalable. Car Misanthrope(s) c'est la synthèse absolue de ce dont est capable le groupe, chantre d'une musique à la noirceur palpable, autarcique et aux ravages incompressibles. Cette nouvelle cuvée ressemble assez aux précédentes, les Celeste n'étant pas vraiment là pour révolutionner leur propos mais plutôt pour en repousser le concept, jusqu'aux limites de la déraison. Mais le groupe est comme ça, pas vraiment du genre à faire des concessions, plutôt excité par la probabilité d'administrer une véritable correction à ses auditeurs.
Des titres explicites, noirs et déviants, où l'abject se dispute avec le malsain. Compactés, saturés à l'extrême, ces morceaux composant l'album n'ont qu'une seule et unique finalité : éroder, écraser, annihiler. Un potentiel de destruction rare, mis au service d'une technique supérieure à la moyenne, des titres âpres, acerbes et foudroyants, déflagrations hardcore aux atmosphères oppressives flirtant avec le black metal, injections létales d'un substrat métallique liquide et hautement corrosif, les Celeste renvoient leurs contemporains dans les cordes. Et sans hésiter, ils vont plus loin... beaucoup plus loin que les Llorah, Time to Burn et autre Year of No Light. Sans se soucier des dommages collatéraux. Chez eux, le postcore se conjuge forcément avec des amplis qui implosent sous les coups de boutoir de guitaristes qui martyrisent leurs instruments, le noir absolu (dans lequel ils jouent en live d'ailleurs) et cette violence, brute, glauque et sauvage qui habite chaque demi-millimètre carré de leur musique... dont on ressort définitivement exsangue.

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Celeste / Chronique LP > Nihiliste(s)

Celeste - Nihiliste(s) Si le nom du groupe peut nous renvoyer des images idylliques, douces et cotonneuses, la musique de Celeste met rapidement les choses au clair. On s'attendait à quelque chose de délicat, d'atmosphérique, on oublie... Les lyonnais déballent le matos et tout rentre dans l'ordre : glauque, poisseux et brutal, Nihiliste(s) se pose comme le crossover idéal entre Unfold et Time to Burn. Autant dire que ça démonte sévèrement. De "On prendra les femmes et les enfants en premier" à "Comme s'il suffisait de lever le doigt pour refaire" en passant par l'éloquent "De sévices en amitié", Celeste met le doigt là où ça fait mal et, appréciant l'effet produit chez sa victime, l'enfonce dans la chair, un sourire sadique aux lèvres. Car les lyonnais sont passés maîtres dans l'art délicat de faire mal en faisant du bien et pour ça, il faut éviter la démonstration technique pour aller à l'essentiel. Abrupt mais subtil, puissant mais maîtrisé, sobre et tellurique, le groupe prend son temps, rythmique qui compresse les vertèbres, guitares qui font monter la pression en sursaturant le tout avant que les hurlements ne déchirent l'atmosphère, disloquant le tout à coups de hache. S'il y a des albums qui portent parfaitement leur titre, Nihiliste(s est de ceux-là et si le groupe n'aime ni rien, ni personne, ça ne l'empêche aucunement d'exhaler une haine sourde et brutale dans des accès de rage plombés par des riffs titanesques et un chant screamo à fleur de peau.
Dissonances qui prennent à la gorge, enclume métallique qui s'abat sur nos tympans pourtant habitués à de tels traitements de choc (Breach, Coalesce, Nostromo et Plebeian Grandstand en tête...), matraquage sauvage, Celeste a trempé ses compos dans des vasques d'acide sulfurique avant de nous les envoyer en plein visage ("Au feu le savoir"). Un propos, lucide, froid et glaçant ("Mais encore faut-il pouvoir renier tout un programme" aux résurgences politiques), cynique ("Comme s'il suffisait de lever le doigt pour refaire"), des textes crûs kärcherisant les enceintes au milieu du tumulte musical, ce typhon métallique qui rase tout sur son passage et ne laisse aucun espoir aux rescapés. L'horizon s'assombrit, le groupe enfonce son album dans les ténèbres, développant des atmosphères poisseuses, calcinant les enceintes un peu plus à chaque morceaux toujours plus enclins à une férocité qui tranche directement dans le gras... Suffocant. Une cohérence qui nous plonge dans les abîmes du chaos, des transitions aux abonnées absente et les titres qui s'enchaînent les uns aux autres, ne formant plus qu'un seul amas de gravas métalliques à nul autre pareil, un bloc monolithique que rien ne peut ébrécher. Oppressant, le groupe ne s'arrêtera plus avant d'avoir achever son oeuvre. Fossoyeur des dernières onces d'espoir qui pouvaient illuminer notre futur, catalyseur de violence pure, le groupe va parfois trop loin ("A jamais dénudée" est limite...), Celeste passe et l'herbe ne repoussera plus. Un screamo/post-HxC noisy implacable et sans concession. La terre vient de brûler, nos tympans avec...

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