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Biographie > la fratrie Cavalera

Massimilio Antonio et Igor ont fondé un des plus grands groupes de métal : Sepultura, Max chante et joue de la gratte, Iggor fracasse la batterie et alors qu'ils sont au sommet, l'été 1996 marque donc un tournant, si les deux frères ne se parlent plus pendant un an, ils vont continuer de faire de la musique, l'un tentant de faire survivre Sepultura (jusque 2006), l'autre fondant son groupe (Soulfly). Leur relation fraternelle repasse au beau fixe et leur retour aux affaires ensemble est souvent mentionné... En 2007, il est effectif, Cavalera Conspiracy enregistre un album avec à l'autre gratte le bras droit de Max : Marc Rizzo (Soulfly, ex-Ill Niño) et à la basse un guitariste frenchie : Joe de Gojira ! A la mi-mars 2008, Inflikted (premier nom du combo qui en a rapidement changé car c'était déjà pris) sort sous forme digitale puis le 25 mars RoadRunner le met dans les bacs.

Review Festival : Cavalera Conspiracy, Eurocks 2008

Cavalera Conspiracy / Chronique LP > Pandemonium

Cavalera Conspiracy - Pandemonium En rouge et noir pour Inflikted, en noir et blanc pour Blunt force trauma, on pouvait penser que Max déclinerait à l'infini les couleurs de sa palette avec son sympatoche logo pour la suite des aventures de Cavalera Conspiracy... C'est bien mal connaître le leader de Soulfly qui a maintes fois montré son mauvais goût et qui nous offre ici un artwork immonde (signé Stephan Doitschnoff qui fait pourtant de très beaux trucs sur les murs de Sao Paulo) pour une pochette assez peu lisible en plus... Car si "Babylonian pandemonium" s'affiche autour de ce char d'assaut, le titre de l'opus se résume à Pandemonium, le côté "Babylonian" restant en tête de track-list. Idem pour "Deus ex machina" qu'on lit en haut de la cover et en bas de la liste des titres. On te laisse disséquer le bouzin lors d'une prochaine soirée arrosée, on passe à ce qu'on retiendra : une nouvelle bonne fournée de morceaux thrashy !

Nouvel album, nouveau bassiste, après notre fierté nationale Joe Gojira Duplantier et Johny Chow, place (encore) à un poids lourd en la personne de Nate Newton (bassiste chez Converge mais aussi guitariste/chanteur chez Old Man Gloom ou Doomriders) histoire de passer du bon temps en studio parce que sur scène, c'est Tony Campos (Asesino, Static-X, Soulfly mais aussi pigiste chez Ministry ou Prong !) qui gère le matraquage des grosses cordes. Et quand il s'agit de faire mal (ou mâle), la fratrie Cavalera répond toujours présent ! Si tu as aimé les deux précédents épisodes, tu peux te jeter sur celui-ci : ce sont les mêmes recettes pour la même efficacité. Alors certes, rien de nouveau sous le soleil do Brazil avec un goût prononcé pour les enchaînements de riffs à haute vitesse ("Banzai kamakazi", "I, Barbarian"), beaucoup de gras saturé ("Scum"), des solos plus ou moins speed ("Insurrection", "Deus ex machina"), des ornements venus d'ailleurs (d'Orient pour "Not losing the edge" ou du flamenco pour le péché mignon de Marc Rizzo et un son clair assez classe sur "Porra"). Pas de surprise mais toujours autant de plaisir à headbanger et beugler des trucs en yaourt ("Cramunhao") avec Max ou même avec Nate qui chante sur "The crucible" (en plus d'y faire sacrément swinguer sa basse).

Grande récréation défouloir sans prétention (enfin, on espère), Cavalera Conspiracy continue d'être un beau terrain de jeux pour Igor, Max et leurs potes qui, s'ils ne révolutionnent plus rien depuis longtemps sont ici bien moins ennuyeux qu'avec Soulfly.

Cavalera Conspiracy / Chronique LP > Blunt force trauma

Cavalera Conspiracy - Blunt force trauma Inflikted, premier album de la tribe Cavalera Conspiracy l'avait clairement démontré : le nouveau projet des frangins n'est pas un Soulfly-bis. Blunt force trauma, deuxième plaque des américano-brésiliens est un condensé de ce que ces mecs-là savent faire de mieux. Soit du bon gros thrash metal bien viril qui dépouille, sorte de mix ultra-efficace entre un Sepultura, Slayer et The Haunted qui savate les enceintes comme attendu. Et dès "Warlord", on comprend que, même si les âmes chagrines peuvent baver sur le groupe, les Cavalera Bros pilotent l'engin avec un sens aigu du bon vieux riff qui fait mâl(e) aux cheveux, du pilonnage systématique qui écartèle les conduits auditifs et de la grosse production, signée Logan Mader (Machine Head), qui atomise les enceintes. En clair, ça joue vite, ça joue (très) fort et fatalement, ça fait du bien par où ça passe ("Torture").

Evidemment, dans ce registre, Blunt force trauma souffre d'un manque d'innovation certain : on sait ce qu'on va se prendre dans les tympans et c'est d'ailleurs pour ça qu'on y va. De ce point de vue, (cf : "Lynch mob" ou le morceau-titre de l'album), Cavalera Conspiracy est prévisible mais c'est quelque part aussi le point fort du groupe. Car pour être attendu au tournant comme cela, devoir oeuvrer dans un registre aussi balisé et pourtant cartonner les amplis à l'instar des bombes à fragmentations que sont le sauvage et vénéneux "Killing inside" ou le brutal "Thrasher", c'est certainement moins évident qu'il n'y paraît. D'autant que dans le genre, le groupe fait ça bien mieux que nombre de ses contemporains. Surtout que rayon efficacité, on l'a dit, on le redit, ça butine sévère, les frangins et leurs acolytes livrant entre autres petites friandises sonores un "Target" un peu plus rock'n'roll qu'attendu ou un "Burn waco" complètement étincelant de maîtrise formelle.

On l'aura compris sans effort, ce deuxième album de Cavalera Conspiracy, c'est du... Cavalera Conspiracy pur jus, soit ni plus ni moins que la séquelle logique du premier effort de la bande, un zeste de puissance/brutalité/vitesse d'exécution de plus histoire d'aller un peu plus loin et de frapper un peu plus fort. Mais pas que. Sur Blunt force trauma, le groupe semble bien mieux maîtriser son écriture, ne parlons pas de l'interprétation des titres qui, vu le passif des ouvriers, est forcément irréprochable, Max Cavalera étant au passage dans une forme olympique. Pour le reste, l'album est un condensé de férocité barbare et de décibels joyeusement éparpillés aux quatre coins du studio. Et puis, qu'attendre de titres comme "Genghis Khan" et ses riffs qui dévorent la partition ou "Rasputin", tout en furie métallique exacerbée, de la part d'un tel groupe sinon des baffes monumentales ? Frénétiques et corrosives, fracassant les instruments comme pas deux... Tueries logiques pour un groupe qui rempli ici allègrement son contrat. On n'en attendait pas moins vu le calibre des gaziers. Un blockbuster efficace en sommes.

Cavalera Conspiracy / Chronique LP > Inflikted

cavalera conspiracy : inflikted Ils l'ont fait ! Ils sont de retour... et pour le coup, alors qu'on pouvait craindre que Max et le style Soulfly ne bouffe un peu tout le monde, Cavalera Conspiracy a une vraie identité. Certes le quatuor ne reprend pas les choses où le Sepultura de Roots les avaient laissées (Andreas Kisser et Paulo Junior n'étant pas des pantins) mais dans l'esprit, le son, l'envie, on n'est pas si éloigné d'Arise ou Chaos A.D.. Inflikted a tout ce qu'il faut en terme de brutalité ("The doom of all fires", "Nevertrust"), de vitesse ("Inflikted", "Hex") et de rythmiques diaboliques ("Sanctuary", "Must kill") pour ravir les vieux (sic) fans de Sepultura déçus de certaines orientations du Sepultura post-Max ou de Soulfly (surtout le triptyque entre l'éponyme et Dark ages).
Cavalera Conspiracy a fait le choix d'un son massif et sous la direction de Logan Mader (ex-Machine Head, ex-Soulfly et désormais producteur) a mis en avant les graves et la consistance d'une certaine rondeur plutôt que d'aller chercher un son chirurgical. Inflikted ne fait donc pas dans le détail même si les guitares s'en donnent à coeur joie ("Sanctuary", le délicat passage acoustique de la fin de "Bloodbrawl"...) et que les rythmes sont efficaces. Fidèle à la tribe, Max laisse un peu de place à Ritchie Cavalera (sur "Black ark") et Joe laisse la basse à Rex Brown (Pantera, Down) sur "Ultra-violent" s'emparant alors d'une gratte et d'un deuxième micro pour donner une tonalité plus martiale à ce titre.
Cavalera Conspiracy me convainc et m'intéresse bien davantage que Soulfly et comme le groupe devrait prendre du plaisir à vivre ensemble en tournée, on peut espérer une suite... Ou en tout cas, la survie du projet en alternance avec Soulfly (et Gojira !) car si les "reprises" de Sepultura fonctionnaient bien lors des concerts de Soulfly, on peut penser qu'au milieu des morceaux d'Inflikted, ça passera encore mieux...