metal Métal > The Carrier

Biographie > Boston hardcore

Originaire de Boston (USA), The Carrier pratique depuis 2006 un hardcore mélodique aux relents stoner lourd qui se pose dans la lignée des Defeater, Ruiner et autres Killing the Dream. Une première démo autoproduite, un 7'' éponyme et un premier album plus tard (One year later (2007), le groupe se fait remarquer et signe chez l'une des futures références en matière de hardcore/punk/metal outre-Atlantique : Deathwish Inc. (Blacklisted, Converge, Narrows, Starkweather...). La collaboration de The Carrier avec son nouveau label est inauguré par la sortie d'un 7'' (No love can save me avant qu'une réédition de One year later ne voit le jour, préfigurant la sortie du deuxième album du groupe : Blind to what is right, toujours via Deathwish Inc..

The Carrier / Chronique LP > Blind to what is right

The Carrier - Blind to what is right Carpatian, Defeater, Killing the Dream, Ruiner..., la liste des excellents groupes ferraillant dans un registre très proche de The Carrier est assez longue si on creuse un peu le sujet en profondeur. Pourtant ces Bostoniens font avec leur Blind to what is right beaucoup mieux que simplement rejouer des parties déjà mille fois vues et revues sur les terrains du hardcore mélodique qui kärcherisent les enceintes. "Blind to what is right", "Everyone who I knew and loved Is", "Wash away my sins"..., la première rafale retentit et l'auditeur n'a pas même le temps d'entendre les douilles toucher le sol que déjà The Carrier fait couler le sang. Juste le temps de recharger, faire jouer le barrillet et les ricains repartent déjà au turbin envoyer du lourd butiner les conduits auditifs des courageux.

"Hollow Pain" surgit et après quelques exercices de vélocité rythmique, le groupe fait parler la poudre en pilonnant les enceintes encore et encore à coups de "vocals" hargneux portés par une mélodie simplissime certes, mais d'une efficacité diabolique. Des coups de boutoirs hardcore-punk balancés à grande vitesse puis un ralentissement avec les motifs stoner-HxC de "A stranger to myself", les Bostoniens changent parfois de braquet mais le tempo est toujours soutenu et l'intensité, particulièrement prégnante. De là à faire naître une forme d'opression métallique que vient combler "In silence together" avec une maestria de tous les instants. Les morceaux composant ce Blind to what is right ont beau être courts, ravageurs et étriqués, ils confèrent à l'ensemble un sentiment d'urgence et de maîtrise imparable qui contamine l'auditoir en même temps qu'il démontrent que dans le genre, on ne fait pas souvent beaucoup mieux que The Carrier.

Hardcore/punk/stoner, le trident royal des américains est encore de mise sur un "Downstream" qui en met plein partout, sauf à côté. Une petite louche de groove rock'n'roll en guise de napage et voici que le groupe plie encore une fois l'affaire avec une aisance confondante et un talent évident pour se sortir du carcan un peu trop exigu du format hardcore frondeur de base mais un tantinêt répétitif sur la durée. Là, The Carrier fait à peu près ce qu'il veut, quand il le veut, même s'enfoncer dans des abîmes de noirceur avec le final de l'album : "Into Darkness" + "All That's Left To See". Ces deux derniers morceaux transpirent une haine féroce qui dégouline sur les enceintes pendant que la batterie rentre toujours autant dans le lard de l'auditeur. Le groupe jette alors ses dernières forces sur le ring et livre un combat à mort. Une épreuve de force sur laquelle les explosions de rage brute se succèdent jusqu'à son terme, les dernières lueurs de sauvagerie s'éteignant les unes après les autres avant l'extinction finale ; et le retour au silence après une sérieuse empoignade hardcore made in Deathwish Inc., définitivement LE label qui compte pour ce genre de baston.