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Biographie > Après le bat-signal, la bat-cave, le bat-costume... le bat-cancer ?

C'est également sous le nom de Bat Sabbath que certains ont pu croiser la route de ceux que l'on appelle plus communément Cancer Bats, soit une bande de bûcherons canadiens bien furieux, qui depuis 2004, enchaîne les sorties à un rythme plutôt soutenu. Un EP éponyme en 2005 puis 4 albums qui sortent entre 2006 et 2012 à raison d'un tous les deux ans (Birthing the giant, Hail destroyer, Bears, mayors, scraps & bones et Dead set on living, auxquels on ajoute une poignée de split vinyles (avec au choix Black Lung, This Is Hell ou Rolo Tomassi) et Cancer Bats a eu le temps de s'installer comme l'une des références en matière de hardcore (qui ne fait pas que du hardcore) en provenance d'outre-Atlantique. Egalement machine à tourner, le groupe a enchaîné les tournées avec des groupes du calibre de Against Me!, Bullet for My Valentine, Bring Me The Horizon, n'en finissant plus d'enchaîner les dates et les périodes de studio.

Review Concert : Cancer Bats, Cancer à Vera Cruz pour l'Amiral Boucher (avril 2011)

Review Concert : Cancer Bats, The Dillinger Escape Show @ Trabendo (sept. 2010)

Cancer Bats / Chronique LP > Searching for zero

Cancer Bats - Searching for zero Le titre de ce nouvel album est peut être finalement plus métaphorique qu'il n'y paraît. Attendu depuis trois ans, les Canadiens de Cancer Bats ravissent toujours leurs fans par des albums survitaminés capables de rendre fou n'importe quel mosheur, y compris celui qui est peu adepte du chant hardcore moderne pratiqué par le groupe...

De ce point de vue là, pas de déception à l'horizon comme l'annonce "Satellites", le titre d'ouverture et son intro faite de chœurs insurrectionnels et de percussions martiales qui déboulent rapidement sur une barbarie tout aussi virile que fraternelle. Une ambiance qui se confirme par la suite sans trop de dommages si ce n'est ceux causés à votre nuque.
Non, ce qui étonne c'est cette tentative timide d'explorer des horizons un peu plus « mélodiques » sur quelques titres. Si tous les groupes adepte du bourrinisme passent par cette phase, il est important de remarquer que Cancer Bats se plante bien moins violemment que les autres. Si le refrain de "Cursed with a conscience" gâche effectivement tout un morceau qui aurait put s'avérer bon, il faut reconnaître que "Beelzebub" réussit plutôt bien son coup avec un tempo pachydermique et un refrain ultra guerrier, même constat pour "Dusted" où le chanteur négocie plutôt bien son nouveau registre de voix. C'est peut être ça finalement, cette recherche du zéro : une recherche de tempérance et de juste milieu, d'équilibre en quelque sorte.

Or Searching for zero est un album qui s'écoute tout seul et qui ne souffre que de très peu de faiblesses. Variés tant au niveau tempo qu'au niveau riff, les dix morceaux s'enchaînent comme des shots à l'happy hour sans que l'ennui ou la routine ne pointe son nez. La seule vraie chose qui pourrait pâtir à cet album, c'est surtout la prod absolument dégueulasse et déséquilibrée que leur a pondu Ross Robinson. A moins d'avoir un système son hors-pair qui vous donnera probablement une écoute sur-puissante, il faudra se satisfaire d'un son dominé et écrasé par les basses au détriment de tout le reste. Une bonne excuse pour aller plutôt voir ce que ça donnera en live, sans oublier d'amener ses protèges-tibias !

Cancer Bats / Chronique LP > Dead set on living

Cancer Bats - Dead set on living BIM : premières secondes et rouste intégrale. Pas le temps de se poser au calme, confortablement avachi dans son fauteuil que "R.A.T.S" accroche la cible et déjà on sent que Cancer Bats va envoyer du lourd. Le grand barnum métallique des canadiens se met en place et le cocktail hautement éthylique (donc foutrement addictif) de southern hardcore punk metal des gaziers fait autant dégâts dans la structure osseuse du patient que de bien dans le gosier. Le groupe ne cogne pas, il défonce, envoie du lourd et ponctionne les tympans en frappant chirurgicalement là où ça fait le plus mal...

La suite est sensiblement du même acabit : c'est certes parfois un peu linéaire ("Bricks and mortar", "The void") mais solidement outillé, méchamment groovy et surtout d'une efficacité rock'n'roll power-burnée redoutable ("Road sick"). On ne dit pas souvent que Cancer Bats, c'est du rock pur et dur étant donné la puissance de feu southern metal/hardcore des gaziers mais dans l'esprit, c'est tout à fait ça. Bon par contre, quand il s'agit de se retrousser les manches et de mettre les mains dans le cambouis, Cancer Bats cuvée 2012, c'est quand même bien carton ("Breath Armageddon"), surtout dans un registre "harangue hardcore qui doit bien tataner en live". Le rendez-vous est donc pris pour la séance de désossage en festival(s), dans l'immédiat, les bûcherons canadiens ont un album à faire passer et ne se privent pas d'y mettre les formes. Ou presque.

Eponyme : "Dead set on living", balance du charisme par pack de 12 et envoie sur orbite un album que l'on n'attendait pas forcément à ce niveau de qualité. Jusque là, tout va bien. Le petit voire gros bémol, c'est toujours cette incapacité chez les gros groupes de la catégorie à savoir surprendre, prendre des risques voire même oser des trucs complètement casse-gueule histoire de rompre avec la monotonie d'un ensemble qui, s'il dégomme tout ce qui bouge sur les 5/6 premiers titres, peine à conserver notre pleine attention sur la durée d'un album complet ("Old blood", "Drunken physics"), ce même s'il s'offre quelques accélérations bien senties sur le frénétique "Rally the wicked". Et comme "New world alliance" n'est clairement pas du même calibre que la mise à feu de l'album, on ressort de ce Dead set on living quelque peu frustré, même si plutôt emballé par les premiers titre. Un peu dommage que le groupe ait quand même tout mis sur les premiers titres pour tirer un peu à blanc ensuite.

Cancer Bats / Chronique LP > Birthing the giant

cancer_bats_birthing_the_giant.jpg Quartet de bûcherons canadiens élevés au riff bulldozer et à la section rythmique qui tronçonne sec, Cancer Bats débarque sur le W-Fenec avec un album qui tranche dans le vif. Pour faire court, Birthing the giant, c'est du condensé d'hormones, de southern rock massif, de metal et de hardcore haineux. Dans le genre qui ne va pas plaire à tes voisins.... Ces quatre gusses natifs de Toronto n'y vont pas de main morte. Les mecs ne sont pas là pour plaisanter et ça se sent dès les premières secondes de "Golden tanks". Une petite mise en jambes, avec un titre primaire, brut de décoffrage et sauvagement burné. Quelques relents thrash, un ensemble solidement huilé et un chant éraillé lorgnant du côté d'un hardcore des familles... Pas décidé à donner dans le stoner-doom graisseux, les Cancer Bats vont parler la puissance. Murs de grattes, rythmiques diaboliques, la suite élève le niveau et les nords-américains en mettent des tonnes... et le pire, c'est qu'on aime ça (le brûlant "French immersion").
Dans le genre, rares sont les groupes à faire dans la dentelle... les canadiens ne dérongeront pas à la règle, leur mélange de southern rock éthylique et de metal hardcore bourrin fait des ravages et reste d'une belle efficacité, à défaut de renouveller un genre. On sent que le groupe à de l'énergie à revendre et ne se prive donc pas de se défouler sur l'album... ce qui peut donner au passage une petite idée des dégâts que Cancer Bats peut occasionner sur scène. Le combo canadien dégoupille ('Grenades"), et déballe en l'espace d'une grosse dizaine de titres tout son arsenal musical. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que ça gueule à tout va, ça balance ses riffs par pack de douze et au final, ça déboite une épaule. De "Butterscotch" à "Ghost bust that" en passant par "Firecrack this", ça envoie du bois sans jamais une seconde de répit, ça cogne encore et encore jusqu'à plus soif et surtout ça ne semble jamais pouvoir baisser de rythme. Inépuisables, dopés aux hormones de croissance et au whisky pur mal, les quatre de Cancer Bats livrent avec Birthing the giant, un véritable manifeste southern metal aux tendances hardcore et à la maîtrise démentielle... A défaut d'une originalité folle, le groupe nous atomise les tympans avec un cocktail hautement alcoolisé et furieusement bétonné pour faire headbanguer les foules. Brutal et jouissif.