Caliban - Say hello to tragedy "24 years", titre brutal et corrosif, première incursion dans ce Say hello to tragedy au titre à l'ironie cruelle, fait directement référence à l'affaire Elizabeth Fritzl qui mis en émoi toute l'Autriche en 2008, renvoyant le pays aux heures les plus sombres de son histoire. Une violence sale et ouvertement frontale, un côté subversif afférent, des accents death très prégnants dans ce metalcore bourrin qui a fait la renommée des Caliban depuis plusieurs albums maintenant. La marque d'un groupe qui veut repousser ses propres limites...
La suite sera du même tonneau. "Love song" et sa frénésie hardcore haranguée jusqu'à ce qu'elle déborde des enceintes, "Caliban's revenge", qui démontre que les teutons ont les crocs bien aiguisé avec un album qui n'oublie pas pour autant les petits passages mélodiques histoire de laisser respirer l'auditeur ("walk like the dead"). Pour mieux lui replonger la tête sous l'eau avec "End this sickness". Vociférations hardcore, grosse puissance de feu et rythmiques martiales, le cocktail métallique distillé par les bûcherons germaniques est empreint d'un cynisme flirtant avec la misanthropie ("No one is safe", "The denegation of humanity"...), et l'on comprend alors qu'avec cet album, Caliban répand sa haine profonde de tout ce que le groupe abhorre.
Mohsparts aggressifs, riffs de tueurs par douzaines ("Unleash your voice"), quelques accélérations thrash metal qui font mâl(e) ("Liar"), Say hello to tragedy est à l'image de son artwork, un pur condensé de rage brute dont les éclairs déferlent sur la platine façon sulfateuse. Un peu de douceur (relative) au milieu du chaos avec l'excellent "All I gave", puis les allemands repartent au turbin ("In the name of progression"), la fleur au fusil, histoire d'en rajouter une dernière couche et de ne pas faire de survivants (un "Coma" fulgurant et passionné). Lourd, puissant et salvateur.