metal Métal > Bullshit Inc.

Biographie > une entreprise de démolition

Le truc qui aide le plus pour réussir en faisant du HardCore, c'est être né en Belgique où à New York. C'est stupide non ? Et bien, les Bullshit Inc. ont décidé de montrer qu'on pouvait aussi faire du HardCore à Perpignan et du gros Hard Core monsieur ! Là où le NYHC nous fait trop vite chier et où le HxC belge nécessite un tri énorme, le son délivrée par les Bullshit Inc. apporte de la fraîcheur dans le mouvement ! Euh, c'est la "french touch" peut-être...
Quand, en décembre 96, Laurent (batterie) et Lionel (basse) fondent le groupe, ils pensent surtout à faire du bruit à l'image de Vision of Disorder, pour bien faire, ils réunissent Fabien, Pan Pan (guitares) et Manu (chant) et comme de nombreux groupes à travers la France, ils s'éclatent à coups de gros riffs.
Et ça marche bien ! A l'été, ils enregistrent donc une démo CD 4 titres, qu'il sortent à 500 exemplaires en novembre. Avec la démo sous le bras, les concerts s'enchainent et leur route croise celles des Lofofora, Indecision, Nihil, Out for Blood..., ils participent aux soirées Onde de choc et s'écartant peu à peu du HardCore pour s'assagir et donner une nouvelle dimension à leurs compos, ils prennent Ghislain (aux machines) en renfort.
L'été suivant, en août 98, le groupe voit le départ de Manu, Lionel laisse alors sa basse à Julien et prend le micro, ils entrent au studio "Nuits Blanches" de Perpignan pour enregistrer leurs dernières compos sur un album. Le résultat de ses sessions sort en juin 99 Life under pressure démontre une nouvelle fois que la France peut produire du gros son et des enregistrements d'une très grosse qualité !
L'album est bien accueilli et le groupe a besoin d'une structure pour avancer encore, Mr Noise et Mr Sound production sort donc de terre pour promouvoir le groupe et la scène locale. Grace à cette structure, ils organisent des concerts et montent un festival où ils joueront avec Viridiana, Kabal et Mass Hysteria. L'année 99 se passe à faire des concerts et encore des concerts, 2000 continue dans les mêmes veines : scènes, concerts, live, festivals... Là, ils vont accompagner sur quelques dates Hysteresis, histoire que le plus grand nombre de gens puissent découvrir leur puissance en live !
2001 le groupe change de line-up, en 2002, ils débutent un nouvel enregistrement mais n'en sont pas forcément contents... Ils survivent tant bien que mal et réenregistrent en 2003, les labels ne se bousculent pas pour les aider à sortir le Replikant... et certainement désabusé le groupe annonce sa séparation durant l'été 2004. Mais ils reviennent plus motivés que jamais pour en finir avec cet album qu'ils portent à bout de bras depuis trop longtemps pour abandonner, le line-up est à nouveau modifié, Martial (ex-Troma) remplaçant Hugues à la guitare. Fin 2005, Schizophrenia Records les signe et prépare au mieux la sortie du bébé, annoncé en février, il sort le 19 avril 2006.

Bullshit Inc. / Chronique LP > Replikant...

Bullshit Inc. : Replikant... Quand on parle de la difficulté qu'ont les jeunes groupes de sortir un album, ce n'est pas une fable... Les labels sérieux et bien installés n'étant pas les plus aventureux, les groupes se tournent souvent vers des petites structures ou alors montent eux-mêmes une asso pour ne pas trop s'endetter personnellement... Emballé par le HardCore assez ouvert de Bullshit Inc. qui avait passé le cap, ô combien difficile, du premier album, on attendait de pied ferme Replikant... ... en 2002 ! 4 ans plus tard avec les problèmes que l'on connait et que nous avons suivi en spectateur (cf la bio Bullshit Inc.), ledit album fait enfin surface. Avant de parler plus avant de la bête, petit rappel pour ceux qui auraient raté un des romans/films majeurs de science-fiction / d'anticipation du siècle dernier : Blade runner. Le terme réplicant (avec un "k" dans la VO) est donné aux cyborgs qui se sont rebellés et que les blade runners sont chargés de "retirer" de la circulation, reste à savoir qui et où ils sont...
Les changements de line-up et le temps ont fait évoluer Bullshit Inc. et le moins que je puisse dire, c'est que je les trouve meilleurs aujourd'hui ! Leur style s'est davantage éloigné du hardcore pour se rapprocher d'une base métal sur laquelle vient se greffer tout un tas d'influences et de styles complètement digérés et assimilés. Les compos ont pu mûrir et être longuement remaniées par Bullshit Inc. qui n'a pas hésité à ajouter et ajouter encore des petites choses pour les rendre plus denses et plus efficaces. Toutes les parties instrus sont finement composées et pour avoir une petite idée de ce que peut être le bloc Replikant..., voilà un aperçu de 3 titres. Le premier, "Zoo", est lancé par un mixage de voix samplées où l'on reconnaît aussi bien José Bové que des JT alarmistes, se met alors en branle un métal chargé d'électronique avec chant en français pouvant rappeller Masnada de par le mélange entre verve et passages très mélodiques. On change complètement de genre avec "The whirl", titre fabuleux qui débute par un chant oriental avant que l'ombre des débuts de Nihil viennent planer doucement sur la compo, somptueux. Enfin, "Vie.com" aborde un autre aspect du combo, la référence à citer obligatoirement étant Lofofora que l'on aurait passé au filtre dub ! Et tu trouveras aussi du son massif ultra dynamique en anglais ("The eye"), du chant isolé sur sur un rythme de batterie assez entraînant ("Chrysalide"), des beats electro mettant au repos la rythmique infernale ("Babylon overload").
Replikant... a bien failli ne jamais voir le jour et ça aurait été fort dommage pour le métal français, tant il apporte la preuve que l'on peut mixer tout un tas d'influences en restant soi-même. A tester dans son intégralité !

Bullshit Inc. / Chronique LP > Life under pressure

bullshit : life under pressure L'album fusion hard core des Bullshit Inc. regroupe à la fois tous les stéréotypes du Hard Core made in New York et un tas de trucs auxquels on ne s'attend pas quand on écoute un album de Hard Core d'où "Fusion". Côté gros clichés, on retrouve les passages de film (sur "Inc.tro" mais aussi sur "Scarecrow"), les choeurs pour foutre le feu en live mais qui sont plus que limites en studio ("Do what you say"), on croirait alors entendre Biohazard... Une influence qu'on retrouve aussi sur le morceau "Snapcase" dont le titre n'est pas innocent... Ca, c'est pour les clichés du Hard Core, mais y'a aussi des morceaux tout simplement Hard Core de chez Hard Core que je te rentre dedans ! "Think or fight", "You are your future" ne font pas trop dans la haute couture, c'est plutôt du vite fait bien fait. Sans pour autant atteindre la dose d'agressivité délivrée par "Backtrack", un titre méchant, très méchant... Et pour la route et parce qu'est de là qu'ils viennent, on a le droit à un peu plus de bourrinage dans un mroceau caché enregistré en répète avec clin d'oeil à Benoît Poelvoorde (le cousin de l'autre ?) et à C'est arrivé prés de chez vous. C'est thrash et on aime ça alors pourquoi se priver ? Là, où les Bullshit Inc. sont pour moi les plus forts c'est quand ils mélangent leur HxC à leurs sauces "breaks calmes qui flinguent tout quand ça repart" comme sur "I don't know" ou "Daylight", des titres qui doivent avoir une sacrée envergure sur scène. Ils sont également loin d'être mauvais quand ils laissent trainer leurs riffs (range tes affaires !) du côté d'un métal bien sombre, où le chant planne pour mieux nous tomber dessus tel un rapace, un chant en français sur "Infected" qu'il fallait oser mais qui passe très bien. Et quand c'est en anglais "Scarecrow", ça nous ramène à Nihil tout en restant en France... Dans l'ensemble, ça nous donne un bon album de Hard Core puisque justement il n'est pas fait que de Hard Core.