metal Métal > Brume Retina

Biographie > pour y voir clair

Né en 2006, Brume Retina sort déjà un premier album mortel ! Comment est-ce possible ? Tout simplement parce que derrière Brume Retina se "cachent" 3 ex-Gameness : Jérôme (chant, guitare), Thomas (guitare) et Vincent (basse) qui ont convaincu Tom, batteur de Lab° de les rejoindre pour une nouvelle aventure... qui les a déjà emmené sur pas mal de scènes aux côtés de Gantz, Parween ou Amanda Woodward... L'album Linéaire des libres est dispo pour pas cher en VPC et on te le conseille !

Brume Retina / Chronique LP > Agresse gueule

brume retina : agresse gueule Avec Brume Retina on n'est pas trompé sur la marchandise ! Rien qu'avec le titre, les choses sont claires : Agresse gueule, sans virgule, on sait donc où vont attaquer les ex-Gameness : ils visent la tête ! Et même peut-être les yeux, un des rares trucs aisément identifiables d'une pochette chaotique en noir et blanc où se mêlent photos et dessins étant un oeil inquiétant, une fois l'artwork principal passé, le groupe laisse un dernier indice : des traces de sang dégoulinant dans un bac de douche... Si après tout ça, tu viens pleurer parce que t'as pris une ribambelle de torgnoles dans la tronche (14 exactement), il faut te poser des questions sur ton sens de la déduction !
"Un temps de merde", titre évocateur et assez pertinent car oui, il pleut alors qu'on est à quelques jours de l'été... Un riff qui tourne dans la cave et montre l'ennui, une boucle de 2 notes qui encerclent un déluge de texte et de matraquage de futs, un exercice de style qui place la tension au plus haut en moins de 2 minutes et lance Agresse gueule sur les meilleurs rails possibles, la suite étant une succession ininterrompue de brûlots screamo hardcore où les temps morts se comptent sur les doigts de la main (merci pour le couple "On est arrivé si loin..."/"Karabines d'indiens" et les quelques passages de "L'écorce des os"). Ici, la brume, c'est le son écorché des grattes sourdes et notre rétine a bien du mal à discerner les textes et les constructions tant tout est envoyé avec une pression hallucinante... Dés qu'un instrument différent (et plus aigü) apparaît, notre pupille auditive se délecte et s'ouvre en grand pour profiter de ces petits instants (l'harmonica de "L'apprêt et l'après"), idem quand le chant s'efface et que le son clair d'une guitare vient nous cajoler ("On est arrivé si loin...") alors que l'instant d'avant, ces mêmes cordes venaient nous taillader et qu'en un coup de pédale, la douce plume redevient un bistouri effilé et le chant reprend son rôle de hachoir électrique ("Acquisitions de moulins à vent", "Arrondir les angles" -c'est cela oui-).
A réserver aux amateurs de sensations fortes, la nouvelle galette de Brume Retina vaut son pesant de cacahuètes et de pralines, si t'es un petit peu masochiste, fais-toi plaisir...

Brume Retina / Chronique Split > Brume Retina | Hiro

brume retina / hiro Un split entre Brume Retina et un autre groupe dénommé Hiro, ça sent l'émo-screamo qui envoie du gros et à l'écoute des 6 titres, on se rend compte qu'on ne s'est pas trompé ! Brume Retina (avec 3 ex-Gameness pour ceux qui ne suivent pas) occupe les quatre premières pistes mais ses morceaux sont expulsés en un peu moins de temps que les deux proposés par Hiro, les deux entités sont donc à armes égales sur ce split. Split où il n'est pas question de combat, ou alors juste celui de l'auditeur qui lutte pour ne pas succomber sous les assauts des guitares, des rythmes et du chant (en français pour ceux qui arrivent à le comprendre). La voix de Brume Retina est un instrument (plutôt à ranger avec les percussions) et les Parisiens n'en sont pas dépendants, en témoigne un premier titre instrumental où le décor se construit peu à peu avant d'être déchiré ("Avale" / "Recrache"), naturellement liés entre eux, ces deux titres servent aussi de mèche à l'explosif "La raison a cédé" qui amène le chaos, la vitesse, la confusion, l'excitation et "Hymne à la loi". On peut reprendre notre souffle avec l'intro de "Lis", nous écoutons alors Hiro.
Qui sont ces Hiro pour avoir autant de classe dés leurs débuts (le groupe n'est monté que depuis septembre 2006) ? Si je te dis Besançon, ça donne déjà une petite idée... Le quatuor vient en effet de cette place forte du rock chargé d'émotions, Xav (chant), Mike (basse) Joss (guitare) sont tous trois passés dans les rangs de Gantz, avec Céd (batterie), ils sont désormais Hiro (Nakamura ?) et livrent un screamo éclatant. Sample presque classique, atmosphère tranchante, sons à fleur de peau, voix posée sur le rebord de la falaise, on se retrouve au coeur du titre avec les guitares sans s'en rendre compte, complètement saturé, l'air devient irrespirable et magique. Riffs dévastateurs, rythmiques destructrices, Hiro fait autant dans la dentelle que dans la démolition atomique. L'autre titre, "La manipulation des corps", est moins surprenant, c'est un concentré d'émo-core qui taille dans le vif sans anesthésie. En deux titres, Hiro s'est imposé.
Aprés un split à quatre regroupant Gameness, Gantz mais aussi Amen Ra et Vuur, on retrouve avec bonheur les évolutions des deux combos frenchies sur une même galette ébouriffante qui a déjà tout l'air d'un must have, cette première sortie d'Hiro pourrait en effet vite devenir collector...

[ [fr] hiro.fr: site officiel (36 hits)External / [fr] Hiromuzik: Myspace (34 hits)External ]

Brume Retina / Chronique LP > Linéaire des libres

Brume Retina : Linéaire des libres Prolongation naturelle de Gameness, Brume Retina fait également dans l'émo/screamo mais cela sonne par moment plus rock que "core", les guitares ne sont pas toujours agressives et les deux groupes sont donc différents. A la violence sans retenue du titre éponyme, "Linéaire des libres" on peut opposer "Poison" au riff introductif Toolien et "clair" qui comme "Tout le monde n'entre pas" ne fera parler la poudre que sur la deuxième partie de la composition. Brume Retina manie les oxymores musicales : clair/obscur, doux/violent, mélodique/parlé/hurlé, limpidité/turbidité... On peut comparer Brume Retina à un cyclone : les guitares tourbillonent, le rythme tonne puis vient l'oeil et le calme absolu, la quiétude avant de prendre l'autre moitié de l'ouragan ("Retouche").
Si les titres sont en français, il est à noter que les traductions des textes sont disponibles en anglais dans le livret, histoire de se faire comprendre à l'étranger (le disque est trouvable dans les pays de l'Est via Unbeliever Records), ce qui n'est pas aussi simple que ça en a l'air tant les écrits ressemblent à une prose urbaine désenchantée (qui a dit Amanda Woodward ?) autant déstabilisée que déstabilisante, voici un extrait de "Linéaire des libres" : Cervellant les coupables et montre du doigt, le mouvement robuste de l'asservissement. Alors on se pousse dans le vide, l'os grinçant vers les images radios, vers l'âme noire du messager qui récolte l'info. Liberté perdue par jets successifs dans le néant. (tous les textes sont dispos sur BrumeRetina.c.la).
Aprés le Another thousand days, out of this world de Tang, Brume Retina enfonce le clou d'un émo français qui non seulement s'affranchit de ses aînés mais en plus montre sa diversité et sa capacité à frapper fort et à certainement devenir une référence sur le continent, car derrière ceux qui sont en première ligne (Tang, Amanda Woodward, Gantz), de nombreux autres montrent les dents et tâchent eux aussi d'êtres bons et différents.