Boysetsfire - Tomorrow come today On connaissait les Boysetsfire comme ce groupe de hardcore pur et dur qui mettait le feu à toutes les scènes où leur musique abrasive prenait littéralement possession des lieux et de ses occupants pour les entraîner dans les flammes de l'enfer. Aujourd'hui la bête a mûrie (vieillie?) et si elle est encore capable de se réveiller en grognant dans un soubressaut électrique ("Release the dogs", "Eviction article" et son entrée en matière fracassante), elle préfère désormais se rouler dans la chaleur rock de sa tanière qu'elle emplit de feulements lyriques beaucoup moins ardents. Mais Boysetsfire en a profité pour explorer un peu plus les moindres recoins de sa caverne, élargissant du même coup la palette des émotions partagées avec le public. Une ouverture d'esprit particulièrement présente sur ce Tomorrow comes today entre la power-pop musclée à la Good Charlotte du métal ("Full color guilt", "Foundations to burn"), post-hardcore tourmentée lorgnant vers Hundred Reasons ("Last year's nest") ou même carrément néo-metal stylée Papa Roach ("Bathory's sainthood"). L'ensemble baigne dans une ambiance très lyrique, et le quintet frôle parfois le mauvais gout de l'héroïc rock sans y tomber grâce aux mues soudaines de Nathan Gray qui tient cet album à bout de bras en s'appuyant sur les riffs toujours efficaces (trop pour être honnêtes ?) du sieur Latshaw. Les fans regretteront les jours anciens, les jeunes sortiront les extincteurs.