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Dans les années 90 à Los Angeles, des amis d'enfances décident de former un groupe : on retrouve Scott Menville à la basse, Louis Lenard à la guitare, Michel Ferrari à la batterie et Cregg Rondell au chant et à la guitare 12 cordes. 3 ans plus tard naît le groupe Boyhitscar, nom qu'ils ont choisi car il leur semblait à contre-courant, ce qu'ils aimeraient être au travers de leur musique. Le groupe signera d'abord un contrat avec un label indépendant et sortira son premier album My animal en 1998. Ils ont désormais une réputation bien installée à Los-Angeles et décide en 2000 de signer avec un autre label : le tout-puissant Wind-up (Creed, Evanescence et Seether). De cette collaboration, Boyhitscar produira un album éponyme (2001) qui rencontra un succès critique et leur permis notamment de tourner avec Fear Factory. Hélas, les ventes ne suivent pas, le label finit par les mettre à la porte. Le batteur laisse sa place à Johnny Ransom en 2003. En 2005, le groupe refait surface avec Passage via un petit label indépendant. L'album sera réédité en 2006 via Rock Ridge Music cette fois-ci. Cette même année, le groupe connaît de nouveau un changement de personnel mais plus important cette fois-ci : la basse revient à Billy Gower tandis que Dusty Hunt s'occupe de la guitare. Cregg, le chanteur, devient donc le seul et unique rescapé de la formation originale.

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boyhitscar Il était une fois aux environs des années 2000, un courant musical qui s'appelait le néo-métal, autant influencé par Faith No More que par Helmet et Rage Against The Machine. Les groupes d'alors, KoRn, Limp Bizkit et autres Coal Chamber cartonnaient dans les charts et remplissaient les salles de concerts à taille conséquente aussi facilement que notre président national enchaîne les bourdes. Les maisons de disques ont donc logiquement flairé une nouvelle manne financière et se sont empressées de signer tous ce qui ressemblait de près ou de loin à du néo-métal et ça variait sacrément en qualité : des infâmes Crazy Town et Kittie, aux très inégaux Sevendust et Spineshank mais également les plus surprenants Mudvayne et autres Snot.
Les Californiens de Boyhitscar font parti de cette dernière catégorie de groupes qu'il serait un tort de négliger tant ils ont su ajouter leur petite touche personnelle à un courant qui commençait déjà à se chercher un second souffle. Et ce petit grain d'originalité c'est Cregg, le frontman, qui en concentre les éléments les plus importants. Vocalement, celui-ci semble être un mix d'un Eddie Vedder (Pearl Jam) à la voix plus aigu lors des moments apaisés et un clone de Mike Patton (Faith No More, Fantomas, Mr Bungle, Peeping Tom) et Serj Tankian (System of a Down, Serart) lors des périodes furibardes. Certains seront enchantés par un micro si démonstratif, d'autres seront véritablement irrités par un chant aux intonations parfois agaçantes mais qui ne laisse clairement pas indifférent. Boyhitscar c'est aussi un groupe qui n'a pas du être totalement imperméable à cette scène musicale qui sévissait dans les 70's sur la côte ouest des Etats-Unis (Jefferson Airplane, Grateful dead entre autres) et qui se traduit au travers de cette guitare acoustique douze cordes qui intervient régulièrement tout au long de cet éponyme et donne une légère coloration "hippie flower-power" inédite à une musique pas dénuée de charme. Musicalement justement, cet album alterne les petites trouvailles musicales ("Going to India" et ses sonorités empruntés à Ravi Shankar, "Before We die" et sa flûte à la mélodie croisement de Jethro Tull et d'Ennio Morricone), le très bon (le tubesque "Rebirth", "Letter from prison") et le parfois redondant ("Benkei", "Turning Inward"). Boyhitscar se révèle être un album plus que sympathique sur la longueur mais qui nécessite quelques interventions de l'auditeur dans la sélection des morceaux afin de maintenir un plaisir constant d'écoute.
Si le néo-métal vous semble encore digne d'intérêt en 2008, ce groupe méconnu qu'est Boyhitscar pourrait peut-être vous donner l'occasion de revenir quelques années en arrière. A tester avant d'investir vos deniers.