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Originaire de Boise (en deux mots du coup même si le son fait le même effet), dans l'Idaho, aux USA, Bone Dance est un combo hardcore punk chaotique qui oeuvre donc dans le registre où les excellents représentants sont légions. On pense notamment à Botch ou Gaza pour ne citer qu'eux. Néanmoins, le groupe a su se faire sa place au gré de prestations live homériques et d'une poignée d'efforts remarqué au sein de l'underground HxC américain, notamment l'album (leur premier) I Have Lived Like An Animal, But I Will Die Like An Angel paru en 2009. Un an et demi plus tard, Bone Dance franchit l'océan Atlantique et débarque sur le vieux continent... en France pour être précis, d'abord chez Prototype Records via lequel sort l'EP Snacharmers, puis ensuite via Throatruiner Records qui, se charge de la participation des américains au 3-Way split réunissant d'autres américains, en l'occurrence Divider, et les frenchies de Plebeian Grandstand.

Bone Dance / Chronique Split > Bone Dance | Divider | Plebeian Grandstand

Bone Dance | Divider | Plebeian Grandstand Bone Dance, Divider, Plebeian Grandstand : 3 groupes, deux titres chacun et trois visions différentes du mouvement hardcore/punk poussé dans ses derniers retranchements. Deux continents, un océan d'écart mais une seule stratégie artistique : celle de la terre brûlée. On est prévenu, ça va envoyer du gros son qui tâche et bien comme il faut s'il vous plaît. Ou quand le "petit" label frenchy qu'est Throatruiner Records (As We Draw c'était eux, Birds in Row également... et Plebeian Grandstand déjà aussi...) se prend à jouer dans la cours des grands. Celle des Deathwish Inc., référence majeure en la matière et consorts.

Bone Dance est le premier à ouvrir le feu de ce "3-Way split" selon l'expression consacrée : "Conniver" + "West", deux belles grosses maraves hardcore/sludge du chaos qui charcutent dans les chairs ensanglantées ce que l'on peut trouver de mieux chez les référents du genre : les Botch, Cursed, Gaza et autres Ken Mode. Hardcore et punk. Pour le premier, oui, évidemment, en ce qui concerne le deuxième, c'est à la vitesse que cela se joue. Un tempo effroyablement élevé, rythmant les séquences d'exécution systématique des tympans made by Bone Dance, pressant les membranes auditves jusqu'à les compacter au maximum et laisser l'auditeur en réchapper... sourd oui mais comblé. Car Bone Dance tronçonne et démembre à tout va avant d'éparpiller les morceaux façon sport. Mais dans cet exercice, rare sont ceux à pouvoir faire ça mieux qu'eux.

Le premier groupe a avoir écrémé les rangs le faisait de manière extrêment disciplinée, presque martiale. Hardcore punk oui mais rangé, sauvage et parfaitement maîtrisé. Divider, c'est une manière différente de cogner. Plus bordélique dans l'urgence punk et la férocité hardcore. Un kärcher à l'acide que l'on expérimente et apprend à apprécier malgré la douleur infligée, "Gaïa" fait monter doucement la pression avant de lâcher les chevaux par l'intermédiaire de son vocaliste et hurleur. Le jeu des Divider se durcit progressivement, les articulations craquent, les muscles se tendent et le groupe laisse exploser cette rage brute qui semble l'avoir oppressé depuis bien trop longtemps. Un exutoire nécessaire qui se poursuit sur la deuxième piste qui est réservées aux natifs de Long Island : "Halios Geron". Moins massif mais plus fulgurant, celle-ci se vit comme une véritable pluie d'uppercuts sonores s'abattant sur des tympans déjà ébréchés par l'épreuve de force entamé avec Bone Dance. Du lourd, acide et ravageur.

Que vient parachever Plebeian Grandstand. Un choc titanesque que celui proposé par "Woe Is Me" d'abord, puis "Woe Is You" ensuite. Une fessée monumentale. L'éloge de la bestialité mélangeant hardcore extrême, sauvagerie punk ry relents black metal extrême, les patrons du genre dans l'hexagone frappent encore très fort avec... deux (oui c'est bien il y en a qui suivent quand même) compos de leur cru, qui marteau-pilonnent les tuyaux comme personne. Ce n'est plus du hard(core) mais du masochisme à ce niveau. Les toulousains montant de quelques crans, l'arrête de leur niveau de tolérance à la douleur émotionnelle, repoussant leurs propres limites de composition en exorcisant un peu plus leurs démons gorgés de hardcore viscéral (et haineux), ils nous emmènent avec eux dans un étrange périple vers les tréfonds de notre âme, les frontières de la démence. Ce n'est pas vraiment une surprise, Plebeian Grandstand se présente comme la secousse tellurique et malsaine ultime, le dernier étage d'un édifice hardcore punk subversif et totalement addictif, présenté ici le temps d'un 3-Way split de très grande classe. HARD.

PS : last but not least, le split est en libre téléchargement ci-dessous.

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