metal Métal > The Blood Brothers

Biographie > Frères de sang

Amusant de voir ce groupe nouvellement majorisé, enregistré par Ross Robinson et stické malencontreusement (les chefs de produits sont vraiment des branleurs) en conséquence "par le producteur de Korn et Slipknot". Enfin, pour l'instant, ça nous fait bien marrer, y'en a qui vont moins rigoler s'ils se pointent en tournée française devant un parterre de kids en baggy et avides de néo-métal, qui risquent de faire la gueule vite fait devant le son si spécifique des Blood Brothers. À la limite, on citerait Amen pour rapprocher le plus possible ceux-ci d'une hypothétique scène thrash-métal, mais c'est bien le hardcore qui coule dans le sang de ces petits jeunes de Seattle habitués aux squats moisis et à une fureur scénique sans effets pyrotechniques, tout dans les muscles et le pantalon. Car les Blood Brothers font partie de ces acharnés qui, avec Glassjaw ou The Used, ont tenté d'insuffler une certaine... poésie dans un hardcore technique aux confins de l'émo et du rock'n'roll. Après le très screamo This adultery is ripe et leur second LP March on, electric children ! en 2002, les frères de sang reviennent aux affaires pour brûler du piano. Attention, c'est chaud.

The Blood Brothers / Chronique LP > Burn, piano island, burn

blood brothers : burn, piano island, burn Finalement, le mot poésie m'a peut-être échappé un peu rapidement... À moins que ce ne soit ça, la vraie poésie : du brutal tout en souplesse, de l'incisif qui coule sans heurts, des morceaux courts mais jamais abrégés. Avec de telles armes, les américains ont effectivement tôt fait de faire couler le sang de leurs victimes, Burn, piano island, burn ne laisse aucune chance à l'auditoire en le comprimant du début à la fin dans une folie schizophrène de guitares cisaillantes et de vocaux tranchants qui prennent aux tripes le plus cartésien des hardcoreux old school. Voix doublée pour plus de sûreté, et une technique impeccable qui rappelle au passage la maîtrise d'un Dillinger Escape Plan moins déconstruit mais tout aussi efficace dans l'utilisation du spectre sonore tout entier. L'étonnant "The shame" qui clôture l'album en beauté n'arrivera pas à faire oublier la sobriété assez homogène de l'ensemble qui manquerait presque d'un poil de changements de rythme supplémentaire pour parachever l'oeuvre, forte agréable au demeurant (l'excellent "Ambulance vs ambulance" et sa basse vitriolante).
Mais quelle énergie brûlante ! Hey, fais gaffe au tapis, t'as mis du sang partout !