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Originaire de la Cité des Anges, Black Sheep Wall est une formation post-hardcore/sludge ayant émergé des limbes dans le courant de l'année 2007. Signé chez le discret mais pourtant très remarqué label Shels Music (Admiral Angry, *Shels, The Ascent of Everest...), le groupe livre rapidement un premier album avec I am God songs en 2008 avant de rester silencieux pendant quatre années d'un point de vue discographique. Ce qui ne l'empêchera pas d'enchaîner régulièrement les dates et de remettre le couvert en 2012 avec un deuxième album baptisé No matter where it ends.

Black Sheep Wall / Chronique LP > No matter where It ends

Black Sheep Wall - No matter where it ends Black Sheep Wall : lourd, noir, oppressant. La chronique pourrait s'arrêter là, elle aurait déjà évoqué les grandes lignes qui viennent à l'esprit de l'auditeur lorsqu'il se prend pour la première fois (les autres fois ça marche aussi cela dit) le parpaing post-hardcore/sludge qu'est No matter where it ends en travers de la figure. Parce que le groupe ne perd guère de temps pour mettre le premier coup de griffe sur le lecteur avec un "Agnostic demon" aussi rampant que musculeux, mais surtout parce que tout l'album est du même calibre. Le riff est carnassier, la harangue hardcore sludge, des plus habitées par le malin et l'ensemble déverse un premier litron de haine en dévorant la platine. Et là ce n'est que le début.

"Liminality" appuie là où ça fait bien mal, "Vitruvian God" enfonce un peu plus ces crocs dans la chair et les américains poursuivent leur entreprise visant à rallier de gré ou de force de nouveaux adeptes à sa cause. Une muraille postcore qui se dresse devant nous, une puissance de feu démoniaque à faire passer un Mastodon pour un petit groupe de collégiens pré-pubères. On cause ici gros sludge qui nous met les deux pieds dans le béton, le genre de truc qui enterre un mammouth à la main, un sourire carnassier aux lèvres. Du lourd on l'a compris. Du très lourd même, lorsque les Black Sheep Wall s'escriment à asséner chaque coup de boutoir un peu plus violemment que le précédent. Résister ne sert dès lors plus à rien, on a beau essayer, le déluge finit toujours par l'emporter sur notre "volonté" et le monolithe qu'est No matter where it ends d'imprimer durablement sa marque.

Une démonstration de force à la noirceur inconditionnelle, BSW englue un peu plus ses morceaux dans un magma métallique dont on ne peut s'extraire indemne. "Black church" : les tympans bourdonnent, les émotions s'entrechoquent à l'intérieur de la cage thoracique. Le hurleur préposé au micro vocifère et les gaziers derrière défouraillent autant qu'ils le peuvent. Viscéral sans l'ombre d'un doute, d'autant plus que la suite nous réserve un "Torrential" dont le simple titre suffit à la description. Le groupe joue la répétitivité et libère son kraken sludge/post-hardcore en mode poids lourd pour un voyage au bout de l'enfer métallique dont là encore, on ne ressort pas sans quelques séquelles ("Ambient amitions", "Personal prophet"). Et quand il s'agit de conclure les ébats sur un dernière coup de rein, une ultime secousse sismique de brontosaure en rut, c'est "Flesh tomb" qui enterre les dernières illusions et velléités de rébellion. Black Sheep Wall est venu. Black Sheep Wall a vu. Black Sheep Wall a vaincu.