metal Métal > Black Cobra

Biographie > Des serpents dans les riffs

Le cobra noir est une espèce de serpent plutôt du genre vénimeux et c'est donc assez naturellement que les deux fous furieux que sont l'ex-Cavity Jason Landrian (guitare/chant) et l'ex-Acid King Rafael Martinez (batterie) ont choisi cette "drôle" de bestiole pour imager ce que serait leur activité musicale en duo. Black Cobra, c'est donc cette entité sludgecore doom de l'enfer dont les sorties déferlent sur les tympans les plus éprouvés depuis 2004 date de l'éclosion du projet et la parution d'un premier EP éponyme. Celui-ci sera suivi en 2006 par l'album Bestial (via At a Loss Recordings) puis de Feather and stone l'année suivante, toujours chez la même crêmerie. Entre-temps, le duo a également le temps de publier un split avec Eternal Elysium avant de rejoindre les rangs de l'une des références du metal extrême européen et international qu'est Southern Lord. Un poids-lourd du genre (Boris, Earth, Khanate, Sunn O))), Wolves in the Throne Room...) par le biais duquel le groupe va accélerer son développement en sortant les très remarqués Chronomega en 2009 et Invernal en 2011.

Black Cobra / Chronique LP > Invernal

Black Cobra - Invernal C'était sympa cet été quand l'industrie du disque a décidé de lâcher un peu de venin (finalement sans grande toxicité) avec le Gold cobra de Limp Bizkit. Le genre de truc brillant en surface, finalement mou à l'intérieur, quand même sympa au final parce qu'on s'attendait à pire et que pour le goûter, ça se laisse croquer sans déplaisir. Bon, là c'est l'automne, l'hiver n'approche pas encore, n'en déplaise à George R. R. Martin (comprenne qui pourra), mais le duo Black Cobra a décidé de sortir de sa tannière pour kärcheriser quelques tympans. Bref, on avait eu du "gros" son pour les enfants, voici maintenant de la musique de grand garçons avec le mix animal de sludgecore et de doom metal bulldozer du duo infernal Jason Landrian / Rafael Martinez. Pas de réelle mue en perspective, ceux qui s'attendent à un joli moment de démembrement auditif vont être ravis. Sur cet Invernal, sorti comme son prédécesseur, Chronomega, chez Southern Lord, l'ex-Cavity et son acolyte échappé d'Acid King font le boulot.

Et plutôt bien comme il faut dès qu'il s'agit de balancer du riff mastodonte à très vive allure, qu'il faut brailler comme un bourrin dans le micro et tronçonner les tympans à la scie circulaire. Du sludge(core) charbonneux, du doom de l'Enfer aux relents punk hardcore (au tempo surtout), "Avalanche" s'abat violemment sur les quelques tympans un peu innocents qui trainaient là et sème le chaos. Tant pis pour les victimes. Dévastateur, le duo pose une première mine dans la cour de récré et annonce clairement qu'il s'agit maintenant de laisser la marmaille à la maison et de causer entre hommes. Entre gros durs qui vont défourailler et chercher à savoir qui a la plus grosse, les Black Cobra propulsent un "Somnae tenebrae" qui serpente insidieusement entre les vertèbres pour claquer de la cervicale un peu fragile, qui ponctionne à la va-vite dans les lombaires pour en extraire l'essence de sa musique. Salement violente, contaminatrice comme personne et foutrement jouissive. Sévèrement outillée, la paire envoie la sauce. Et si on pense avoir droit à un peu de répit sur la troisième piste, une fois passée l'intro, on comprend vit qu'on ne peut pas s'appeler Black Cobra et servir un "Corrosion fields" qui ne remplirait pas ses objectifs de dommages collatéraux. Hard.

Passés maîtres dans l'art pas du tout délicat du charcutage massif, du lychage abrasif, les deux bûcherons empilent les parpaings sludge, enfilent les séquences pachydermiques à une vitesse effarante et surtout ne relâchent jamais leur emprise. L'album débute et on sait dès lors que ça ne s'arrêtera que lorsque le groupe l'aura décidé. Pas avant. Invernal, ce sera donc ça à la virgule près, on ne peut pas aller contre les éléments, alors vaut mieux accepter et subir. Laisser passer la tempête en espérant un hypothétique retour au calme. Un jour ouais, si on est encore là pour revoir la lumière. Mais avant, faut encaisser encore et encore les coups de boutoirs des deux furieux qui ferraillent leurs instruments comme si leur vie en dépendait, pilonnant les enceintes jusqu'à épuisement. Sauf que ces mecs-là ont en plus la santé et que du coup, même si on n'en peu plus, la séance de démolition des cloisons auditives se poursuit et les gaziers s'en donnent à coeur joie. "Beyond", "Erebus dawn", "Obliteration", quand il n'y en a plus il y en a encore, le Black Cobra cuvée 2011 fait imploser l'éthylotest de l'intérieur et envoie le bois martyriser les amplis pour aboutir à l'album le plus implacable du moment. Une véritable démonstration de maîtrise, un coup de force à la bestialité affirmée, viscéral et sans concession. En clair, la grosse raclée métallique du moment. Là du coup, tu pourras pas dire qu'on t'a pas prévenu...