metal Métal > Black Breath

Biographie > Il faut que tu respires...

Black Breath voit le jour courant 2005 dans un bar de Seattle. De nombreuses heures passées à jammer, quelques démos et autres répétitions plus tard et voici que le groupe enregistre son premier EP courant 2007. Intitulé Razor to Oblivion, celui-ci sort en 2008 via le propre label du groupe Hot Mass Records. Ce qui lui vaut de tourner avec Trap Them, Victims ou Rise and Fall, puis d'être repéré par les gens de Southern Lord Records (Black Cobra, Burnin Witch, Goatsnake, Sunn O)))...) qui réédite quelques mois plus tard. Une première (re)sortie, prélude d'une collaboration prévue pour durer puisque c'est sur ce même label que sort début 2010 le premier album du groupe : Heavy breathing.

Black Breath / Chronique LP > Sentenced to life

Black Breath - Sentenced to life Heavy breathing avait été une belle rouste voici quasi deux ans jour pour jour, alors Black Breath a rechargé sa sulfateuse métallique pour de nouveau arroser gentiment les enceintes façon Spetsnaz bien énervés. De fait, le nouveau méfait des américains qui dégainent les AK47 et blindent les poches de chargeurs annonce la couleur rien qu'avec le titre de l'album : Sentenced to life. Plus qu'un nom accrocheur : une punchline que les natifs de Seattle vont se charger d'expliquer pour les plus durs de la feuille.

"Feast of the damned" sonne l'heure du repas, ça va trancher dans le lard et pas lésiner sur la barbaque : Black Breath y va gaiement et délivre une entrée en matière bien carnassière qui prend la forme d'un beau gros "boeuf" death-metal harcore punkisant qui sonne à la suédoise, même si les gaziers sont tout ce qu'il y a de plus ricains. Par contre, si l'appétit vient en mangeant, les membres du groupe attaquent le menu par le début certes mais n'en font déjà qu'une bouchée. Vorace et carnassier donc, en plus c'est gras, ouvertement power-burné et lorsque l'éponyme "Sentenced to life" déboule pour mettre tout le monde à table, même ceux qui trainaillaient à l'apéro rentrent dans le rang, bref on s'asseoit et on écoute.

Le plat de résistance arrive et le groupe ne baisse pas de... régime. Va falloir tenir la cadence parce que là ça va être copieux et qu'on n'aura pas le temps de digérer le premier plat de viande qu'il va falloir enchaîner avec les volailles, le poisson et tout le bordel. "Forced into position" semble accélérer encore le rythme, sans verser dans le grindcore des familles certes, mais avec une batterie qui blaste quand même à tout va. Et si "Home of the grave" ralenti un peu le tempo, ce n'est pas pour autant nous épargner la désormais traditionnelle séance de démolition de carcasses à laquelle les Black Breath nous ont habitué, en seulement quelques titres, depuis leur premier album. Tout ça pour enfoncer un peu plus le clou avec des morceaux du calibre d'un "Endless corpse" ou "Mother abyss".

La bête est lâchée et semble insatiable : alignant les morceaux de choix comme d'autres enfilent les perles, les américains mettent le paquet et n'en laissent pas une miette, dévorant goulument ce qu'il y a dans l'assiette (pourtant déjà joliment bien garnie) sans jamais sembler pouvoir être rassasiés ("Of flesh", "Doomed"). Furibards, légèrement old-school et foncièrement scandinaves dans l'esprit métallique, les Black Breath sont les l'adaptation US du garçon boucher viking qui a envie de s'en mettre musicalement plein la panse... et les esgourdes aussi au passage ("The flame", "Obey"). Tout ça en même pas trente-deux minutes d'une démonstration de force aussi speedée que bourrine, ravageuse mais surtout foutrement efficace. Hard(os)

Black Breath / Chronique LP > Heavy breathing

Black Breath - Heavy Breathing Heavy breathing... déjà le titre annonciateur d'une sacrée tartine métallique bien goutue. Ensuite l'artwork franchement laid, branché black metal dépressif et poussiéreux qui ne présage rien de bon (et pourtant). Enfin une signature, chez Southern Lord (Black Cobra, Eagle Twin, Goatesnake, Om, Khanate, Pelican, bref que du lourd...), là normalement ça calme. Logiquement, le premier album de Black Breath ne peut décemment pas être mauvais, très certainement bien bruyant, au moins aussi efficace qu'un double Aspro 500 un lendemain de biture. Hell Yeah !

"Black sin (Spit on the cross)", "Eat the witch" puis "Escape from death" déboulent comme des furieux sur la platine et le groupe en met joyeusement plein partout sur les enceintes. Là, après trois titres, on comprend que le double Aspro 500, ça va être pour se remettre de la raclée que va nous infliger le gang de Seattle. Une musique apparemment biberonnée à la testostérone et au sludge/punk/hardcore qui castagne qui sied parfaitement à ces nouveaux spécialiste ès pilonnage auditif. On l'a compris, Black Breath, ça gueule. En fait, Black Breath, ça gueule même beaucoup. Ou plutôt ça ne fait "que" gueuler. Mais c'est efficace. Oui aussi. Surtout quand les hurlements rageurs du préposés au micro viennent brutalement s'accoupler à quelques wagons de riffs massifs et une section rythmique qui nettoie tout sur son passage. Forcément, le rejeton ne peut être que coriace à tanner.

Faut dire dans le genre, Heavy breathing est un album plus que costaud. Mention spéciale au monstrueux "I am beyond", climax bestial sur lequel les enragés de la côte Est affirment un peu plus leur propension à fracasser tout ce qui leur passe entre les riffs. Car quand il s'agit d'aller vite, droit dans leurs bottes et d'être expéditif, les gaziers ne font pas dans la dentelle, expédiant des parpaings punk metal à la face de l'auditeur en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire ("Virus", "Children of the horn"), avec un petit côté "Converge meets Entombed" plutôt cool. Des torrents de riffs barbares en cascade(s), des accélérations fulgurantes sublimées par la production cinglante de Kurt Ballou (tiens Converge, oh bah tiens aussi Blacklisted, Torche ou Buried Inside, bref le boss quoi...), les Américains font le métier et ferraillent leurs instruments comme personne. En quand il n'y en a plus, il y en a encore ("Fallen", "Wewhocannotbenamed") avec un aboyeur en chef qui n'y va pas de main morte quand il s'agit de corriger son auditoire. Mais jouer vite c'est bien, ralentir le tempo pour exécuter encore mieux sa sentence, c'est pas mal aussi. Coup de bol, Black Breath sait faire les deux et le prouve avec des titres du (très gros) calibre de "Unholy virgin" ou de l'éponyme "Heavy breathing". Enorme donc... Bienvenue en enfer.