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Between the Buried and Me Originaire de Raleigh en Caroline du Nord (USA), Between the Buried and Me voit le jour courant 2000 sous l'impulsion de cinq musiciens du cru, qui rapidement vont mettre en boîte une première démo. Laquelle sera réenregistrée à l'occasion de la sortie de l'album inaugural et éponyme du groupe qui paraît en 2002 via Lifeforce. Un premier effort long-play qui s'attire les faveurs de l'un des poids-lourds de la scène rock et metal outre-Atlantique, Victory Records (Boysetsfire, Comeback Kid, Darkest Hour, Funeral For a Friend, Madball, Taproot...) qui s'empresse alors d'entamer une collaboration avec les BTBAM qui s'avérera plus que fructueuse.
De cette "union" contractuelle naîtront pas moins de 4 albums (The silent circus, 2003, Alaska, 2005, Colors, 2007 et The great misdirect, 2009) ainsi qu'un album de reprises en 2006 (The Anatomy Of), un album live en 2008 et pour finir un best-of scellant la fin du contrat liant les deux parties depuis plus de huit ans. Entre-temps, malgré une productivité de tous les instants, Between the Buried and Me se révèlera également être une machine à tourner, le groupe enchaînant alors les dates aux côtés de formations de la trempe de Every Time I Die, Dillinger Escape Plan, Cynic, Mastodon ou encore Baroness.
En 2011, les américains quittent le label avec lequel ils auront parcouru la plus grande partie de leur carrière pour rejoindre l'écurie Metal Blade (Amon Amarth, Slayer, The Ocean...) chez qui sort cette même année l'EP The parallax : Hypersleep dialogues.

Between the Buried and Me / Chronique EP > The Parallax : Hypersleep dialogues

Between the Buried and Me - The Parallax : Hypersleep dialogues Comme pour faire patienter l'auditeur entre deux albums fatalement monumentaux (ou pas loin), les Between the Buried and Me inaugurent le deal signé avec le poids-lourd du genre qu'est Metal Blade, après avoir claqué la porte de chez Victory, avec un petit EP conceptuel composé de trois titres, produit par David Bottrill (King Crimson, Tool, rien que ça) et très simplement baptisé The parallax : Hypersleep dialogues. Le thème : deux personnages vivant dans des mondes séparés de plusieurs millions d'années lumières voient leurs actes et états d'âme avoir des répercussions sur le cours de l'histoire de l'univers. Autant dire qu'assaisonné à la sauce BTBAM, ça ne pouvait annoncer que du lourd, du bien barré aussi.
Et c'est le cas, "Specular reflect", mis sur orbite par des accords de clavier annonçant un grand délire, marteau-pilonne les esgourdes dans tous les sens quelques onze minutes durant. Metal prog algorythmique, la musique des américains est toujours plus insaisissable, vrillant en même temps tympans, ébréchés par l'épreuve de force imposée, et neurones déstabilisées par le fourmillement d'idées. Between the Buried and Me, c'est quinze trouvailles à la demi-seconde, ça part dans tous les sens, ferraille ses instruments dans un joyeux bordel azimuté et bien malin celui qui pourra tout décomposer au quart de soupirs près. En même temps, c'était un peu l'idée aussi... le groupe s'amusant à stimuler son inventivité en s'enfuyant dans espaces prog metal extrême et cosmiques avant de se mettre à pulvériser les enceintes à coups d'"Augment of rebirth" punitif, agrémenté de quelques petites bizarreries pour le moins... étranges.
On ne saura pas à quoi marchent ces gars-là mais on peut-être sûr qu'ils ne boivent pas que de l'eau, ne serait-ce qu'avec "Lunar wilderness", qui débute comme une ballade à tendance émo avant, de nouveau, de partir dans des élucubrations métalliques chargées en saturation. Le groupe sort la déchiqueteuse hardcore, envoie tout ce qu'il a dans les tuyaux et comme à son habitude, y va gaiment. Une écoute et on ne comprend rien. Quinze écoutes et on ne comprend pas vraiment mieux, Between the Buried and Me est fidèle à lui même : bourrin, hyper-technique, progressif et déjanté. Jouissif.

Between the Buried and Me / Chronique LP > The anatomy of...

Between The Buried And Me - The anatomy of Quelques mois après avoir mis une grosse claque aux inconditionnels de metal technique et inspiré avec le phénoménal Alaska, Between the Buried and Me s'offre une récréation en sortant un album de reprises... comme si après avoir fait étalage de sa maestria formelle sur ses propres compositions, le groupe avaient voulu se mesurer à la crème de la crème en matière de pointures rock et metal. Plus que tout autre groupe se lançant dans l'exercice avec de fausses certitudes, BTBAM a mis du très lourd dans son tracklisting, jugez plutôt : MetallicA, Pink Floyd, King Crimson, Queen, Pantera, Sepultura, Faith No More ou Depeche Mode et Soundgarden. Un tel casting, ça vous pose un album de reprises et les américains ne se cachent pas, envoyant d'entrée de jeu le "Blackened" des "four hoursemen" préchauffer les enceintes. Fatalement, c'est carré comme pas permis, exécuté à la perfection et le groupe a largement de quoi se dégourdir le manche avant de dégoupiller une cover de Motley Crüe avec "Kickstart my heart". Là euh... Motley Crüe quoi. Pourquoi pas.

Les choses très sérieuses commencent donc à partir de la très efficace relecture du "Day I tried to live" de Soundgarden avant d'enchaîner avec des covers de Queen (pour un résultat assez déroutant) et King Crimson (brillante) puis de s'attaquer à un morceau de choix : Pink Floyd. Comme c'est "Us and them" que les BTBAM ont choisi, il y avait deux possibilités : soit crier au scandale en cas de massacre, soit s'incliner devant une reprise soignée et respectueuse de l'oeuvre des intouchables. Par chance, ils ont opté pour la seconde solution, avant de réussir à rendre Smashing Pumpkins parfaitement audible, parce que forcément sans Billy Corgan au chant, ça passe toujours mieux. On l'a compris, The anatomy of... est à l'image de la musique du groupe, bouillonnante en même temps qu'elle varie les nuances, mélange les genres, les couleurs pour sublimer un espace d'expression qui n'appartient qu'à lui. Ici placer du Depeche Mode entre le "Malpractice" de Faith No More et le "Cementary gates" de Pantera, fallait oser, Between the Buried and Me l'a fait. Et puis il y a les trucs (un peu) moins connus (Counting Crows, Blind Melon) qui passent très bien et, fatalement, quelques petites séances de trépanation métallique comme on les aime ("Territory" de Sepultura, "Forced march" par Earth Crisis), parce que sans un peu de concassage de tympans, un disque de BTBAM n'est pas un vrai disque de BTBAM.

Between the Buried and Me / Chronique LP > Alaska

BTBAM - Alaska Il faut reconnaître au moins un mérite au label Victory Records (comme quoi tout arrive...), celui d'avoir signé, au beau milieu de toute une pile de combo bien miteux mais "bankables" (les A Day to Remember, Darkest Hour, Funeral For a Friend, Otep et autres Silverstein) Between the Buried and Me. Pour donner une idée du choc de les voir là, c'est comme si Jean-Luc Godard venait faire un caméo dans un film de Michael Bay, grand mammamushi du film kaboom hollywoodien, décérébré mais oh combien jouissif (Bad Boys I& II c'est lui, les Transformers aussi). Bref, tout ça pour dire qu'après une flopée de groupes sans âmes ni soupçon d'inventivité, voir un groupe tel que BTBAM débarquer au sein du roster, ça fait tout bizarre.
Ne serait-ce que lorsqu'on décide de se mettre dans les esgourdes Alaska, troisième album des américains, un véritable manifeste bien hard en faveur du mélange des genres. Metal(core) frontal hyper-technique, un soupçon de jazz qui fait classe, une bonne rasade de death pour alourdir le truc, quelques bizarreries "Pattoniennes" histoire de faire genre et une louche de prog pour accentuer le côté virtuose, bordélique mais incroyablement maîtrisé de l'ensemble. Car Between the Buried and Me, c'est sur "All bodies", une belle mandale ultra-carrée au riffing taille patron et aux décibels qui s'entrechoquent dans tous les sens puis sur l'éponyme "Alaska", juste une démonstration de maestria formelle doublée d'une vraie inventivité dans les structures lorsque le groupe ne décide pas de se vider les tripes dans les enceintes. Mais surtout, BTBAM, c'est un groupe capable d'enchaîner les morceaux les plus complexes, sans jamais ennuyer son auditoire, faisant parler la poudre en concassant les tympans avant d'éparpiller les miettes aux quatre coins du studio. Parce que ces mecs-là, ils font pas semblant.
Résultat des courses, ça beugle comme c'est pas permis (un "Croakies and boatshoes" thermonucléaire), ça pulvérise les tympans comme pas d'eux ("Backwards Marathon ") et surtout ça livre des brûlots métalliques encore incandescents sans jamais se fatiguer. Par contre l'auditeur lui de son côté, termine l'album rincé mais comblé, ravi de s'être pris des wagons entiers de riffs mastodontes et de plans rythmiques bien velus en travers de la figure. Sans parler des petites bizarreries que le groupe se plaît à insérer dans ses compos, électroniques et souvent anachroniques, ou ultra-mélodiques comme pour jouer un peu plus sur les ruptures de tempo comme les changements d'atmosphères ("Selkies : the Endless obsession") avant de se remettre à tartiner les amplis à la force du manche de gratte sur quelques titre bien cartons (monstrueux et bestial "Roboturner", corrosif "Autodidact"), tout en se ménageant quelques moments de calme apaisé (l'aérien "Medicine wheel"). On respire ? Difficilement. Et s'il s'oublie parfois sur quelques séquences voire un titre complet (qu'est-ce que vient foutre là "The primer" ?), Between the Buried and Me n'en livre pas moins ici l'un des disques les plus excitants de la scène nord-américaine des dernières années. Et le pire, c'est qu'en plus, rayon charts, ils vendent les bougres. BTBAM 1 - mainstream 0.