metal Métal > Benea Reach

Biographie > Bene is rich

Débutée en 2003, en Norvège, sous l'impulsion de Marco (batteur) et Ilkka (chant), l'aventure Benea Reach est celle de bon nombre de combo scandinaves évoluant dans des contrées postcore apocalyptiques. Après une première (et unique) démo en 2004, le groupe signe chez Tabu Recordings et passe à l'album long format (Monument Bineothan) en 2005 (sorti un peu partout en Europe l'année suivante). Deux guitares, un préposé aux hurlements dévastateurs et deux spécialistes des lights et son live incorporés aux groupe, Benea Reach trouve rapidement sa place, malgré une concurrence frontale relativement importante, tant en terme de qualité que de quantité. En 2008, le le sextet norvégiens a acquis de l'expérience, une matûrité évidente et sort alors son deuxième opus long format : Alleviat.

Benea Reach / Chronique LP > Alleviat

benea_reach_alleviat.jpg "Awakening" nous sort doucement de notre torpeur post-nocturne, le réveil matin encore enclenché en mode "repeat" et la tête à l'envers, Benea Reach nous offre un court réveil en toute quiétude, avant de nous lâcher en travers de la figure une première volée de riffs chaotiques qui nous remettent rapidement les idées en place. Hurlements stridents ou chant plus caverneux, growls qui enfoncent l'oreille interne, aboiements métalliques imprégnés de haine, on est ici dans l'agression permanente, la corrosion des émotions brutes, lesquelles jaillissent de notre âme pour venir s'écraser contre les murs capitonnés de notre cellule mentale ("New waters"). En Norvège, quand il fait froid et que l'on s'ennuie pendant les interminables nuits d'hiver, on descend dans sa cave avec quelques zikos et on envoie du bois, quitte à affaisser quelques soubassements et à défoncer les cloisons de la voisine (sic)... Dans le genre, Benea Reach sait assurément y faire, mais pas que... car, le groupe ne se contente évidemment pas de verser dans la séance d'équarrissage post-métallique aux efflorescence hardcore, il ouvre une véritable brèche mélodique qui, malgré l'apport de trois guitares (forcément, ça aide pour faire du bruit...), parvient à instiller ici quelques instants de douceur cotonneuse... rapidement ébranlés par un énième assaut auditif destructeur ("Lionize", "Sentiment"). La mécanique post-métallique est d'une redoutable efficacité. Les rouages émocore, parfaitement huilés évoquent l'oeuvre de The Ocean et le riffing, monumental, l'imparable puissance de feu de Meshuggah. De quoi nous faire perdre le sens des réalités sur le déchirant et troublant "Reason". Car, Benea Reach, ce n'est pas qu'un metal hardcore post-moderne compact concassant les tympans à la simple force du manche de gratte, c'est également un son qui se fait parfois plus apaisé et éthéré, comme pour mieux laisser venir l'accalmie, avant que les éléments ne se déchainent de nouveaux sous nos yeux ("Legacy", "Rejuvenate"...). Un embrasement musical quasi permanent, une arythmie qui se fond littéralement dans des atmosphères écrasantes, des breaks enflammés, les nordiques parviennent à éviter la comparaison avec la figure incontournable du genre, en l'occurence Cult of Luna, pour imposer sa griffe musicale qui, à défaut d'être transcendante, se révèle véritablement efficace...