metal Métal > Becoming the Archetype

Biographie > Comment devenir un bon métalleux chrétien...

Formé en 1999 du côté de Dacula (sans "R") en Georgie (l'état américain), Becoming the Archetype est un groupe de metal/death/progressif dit "chrétien" (c'est toujours mieux que mormon) signé depuis ses débuts sous ce patronyme chez LE spécialiste du genre outre-Atlantique, j'ai nommé Solid State Records (August Burns Red, Demon Hunter, The Showdown, Underoath...). Mais pendant ces premières années d'existence, le groupe s'appelle d'abord As Nonexistent Failure et sort même une démo en 2000, avant de changer pour The Remnants, un nom sous lequel, il sort même un album éponyme en 2003.
En 2005, devenu donc Becoming the Archetype, le quintet livre son premier album sous son nouvel label (Terminal damnation) avant d'enchaîner deux ans plus tard avec The physics of fire. Gros vendeur d'albums dans les charts US, le groupe enchaîne trois nouveaux albums entre 2008 et 2012, toujours via Solid State Records (Dichotomy, Celestial completion et I am).

Becoming the Archetype / Chronique LP > I am

Becoming the Archetype - I am Artwork qui annonce la couleur, un groupe qui ferraille depuis pas mal d'année sur ce registre et un label, Solid State Records, qui poursuit son exploration (et exploitation très lucrative) de la filière metal/death chrétienne avec des trucs en "core" dedans, Becoming the Archetype est dans la veine des groupes du cru. Et ne font pas semblant les gars dans ce registre-là dès qu'il s'agit d'envoyer des cartouches métalliques dans les tuyaux. Production maousse costaude, alternance chant chant clair/growls des profondeurs, du metalcore qui butine les tympans à tous les étages ("The ocean walker"), le groupe la joue façon blockbuster hollywoodien : tu sais ce pourquoi tu paies ton ticket et tu vas en avoir pour ton argent.

On enchaîne et les américains martyrisent leurs instruments jusqu'à plus soif. Le son est toujours aussi colossal et la recette, bien qu'éprouvée, parfaitement exécuté ("The time bender") parce que les mecs sont en plus loin d'être des manches ("The eyes of the storm"). Becoming the Archetype porte parfaitement son nom et récite sa leçon de bon métalcoreux à la virgule près, sauf quand il ose des trucs un peu old-school et carrément vintage... mais has been sur "The sky bearer" par exemple. On oublie ça avec les deux minutes et des poussières d'un "The machine killer" qui ironique propose l'exact inverse de ce que l'on attendait. A savoir une sorte d'interlude long-format plutôt inspiré, mélangeant piano et légère électro pour un résultat finalement bien troussé... ce avant de repartir à la baston avec un bien bestial "The war ender".

Là, on est clairement de retour derrière l'étal de boucherie auditive et le groupe dépèce des quartiers de viande à la scie sauteuse et balance la tripaille dans les enceintes ("The weapon breaker", "The planet maker"). Un peu lassant passée la première fournée de cinq/six titres (sur dix) mais ça, c'est quand même un peu inhérent au genre, surtout que le groupe ne semble pas très à l'aise avec le concept de renouvellement. Là encore, on sait où l'on met les moufles ("The sun eater", "I am"). Puis, Becoming Archetype fait ce qu'on lui demande, soit simple mais pas trop (quoique parfois...), bourrin jusque ce qu'il faut et d'une efficacité redoutable. Solid(e).