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Né début 2010 du côté d'Antwerp, dans sa Belgique natale, Bear est un quartet hardcore prog metal qui fait ses premières armes dès sa première année d'existence par le biais d'un EP autoproduit intitulé Abstractions. Remarqué par la pression hardcore metal européenne spécialisée, le groupe tourne au-delà de ses frontières natale et se fait remarquer par le label allemand Let it Burn Records (Poison My Blood, Samsara, To Kill...) et qui le signe et réédite son effort inaugural au printemps 2011 dans une version totalement remixée et remasterisée. Au même moment, le groupe met en boîte son premier album long-format intitulé Doradus.

Bear / Chronique LP > Noumenon

Bear - Noumenon Après avoir fait ses débuts en autoproduction au travers d'un EP suffisamment remarquable pour être remarqué par le label Let it Burn Records (qui s'est occupé de rééditer ledit effort inaugural avant de produire le premier album long-format du groupe, Doradus quelques mois plus tard), Bear change de catégorie en débarquant sur l'une des structures qui monte sur la scène metal continentale : Basick Records. La petite maison de disques londonienne est notamment derrière Aliases, Circles, Misery Signals ou Uneven Structure et sa réputation n'est plus vraiment à faire alors que ses sorties se diffusent à une ampleur grandissante. Pas de doute possible : avec Noumenon, les oursons belges ont décidé de s'installer durablement sur cette scène metal qu'ils s'amusent à rudoyer comme rarement tout au long de ce nouvel effort.

Et ils y ont mis les moyens : techniques d'abord, la production de l'album étant assez irréprochable ; artistiques ensuite, tant les premiers titres respirent la maîtrise absolue de leur sujet. Les suivants ne resteront pas à jouer les spectateurs. Mais dès son attaque, Noumenon concasse joyeusement les conduits auditifs avec ce "Boxer" inaugural qui explique en un seul mot et par le menu ce que va être le nouvel album de Bear. Soit une grosse marave hardcore/prog/metal qui en fout partout et n'y va pas avec le frein à main lorsqu'il faut propulser des plans joyeusement alambiqués mais fulgurants dans les enceintes : à tel point qu'on en vient à évoquer par moments la furie d'un Dillinger Escape Plan sur un "Mirrors" aussi incontrôlable que pénétrant. Complètement décomplexé, le groupe met ensuite le paquet en alignant les parpaings métalliques et ultra-techniques (le single "Rain" taillé pour le live, l'impitoyable "The falling line" malgré quelques effets électro un peu douteux). On valide.

Une petite louche de djent à la technicité éprouvée, une grosse rasade de hardcore/prog' surpuissant et une sérieuse envie d'en découdre ("Mantis"), le tout à un rythme soutenu et avec une intensité qui ne se dément jamais ("Aconite", "Centrefold"), les belges jouent la carte du "bourrinage" intelligent, sortant un arsenal aussi sévèrement burné que parfaitement usiné ("The human thing") et nous mettent continuellement à l'épreuve leur efficacité très personnelle. Pour un résultat résolument imparable. Mission accomplie.

Bear / Chronique LP > Doradus

Bear - Doradus Six mois après la réédition de son EP inaugural en béton armé, très logiquement baptisée Abstractions 2.0, Bear revient sous le(s) feu(x) de la rampe (et de son artillerie métallique) avec son premier véritable album, sorti comme son prédécesseur au format court, chez l'éminent Let it Burn Records (Anchor, Poison My Blood, SHOWYOURTEETH, The Haverbrook Disaster, To Kill...), véritable référence du genre en matière de hardcore punk/metal/rock sur le vieux continent. Et dès les premiers tirs de semonce de la formation belge, on comprend que ce n'est certainement pas avec cet album que la réputation du label allemand va être piétinée.

Rien de bien révolutionnaire à l'horizon certes, mais du très efficace, ça les oursons belges ont balancent par palette. Premier shoot hardcore avec "Equantity" et déjà, la mécanique, bien qu'encore en rodage, fait vibrer les murs. On sent que les belges ferraillent leurs instruments en ajustant les réglages pour cracher le feu sur la suite. "The flood" vient confirmer cette impression... sous un véritable déluge de mitraille et de cette frénésie HxC metal aux tentations punk sauvage qui caractérisent régulièrement les productions made in Let it Burn Records. Ici le petit zeste de technicité drôlement foudroyante en plus. Une puissance de feu redoutable, mise en exergue par une production assez énorme en son genre et voici que Bear alignent les ogives métalliques comme d'autres enfilent les perles ; et si cela ne suffit pas délogent les derniers réfractaires à la roquette (cf: "Wreckthings").

On pourra reprocher ce que l'on voudra au groupe, s'il y a un truc sur lequel il reste irréprochable, c'est dans l'absence de suffisance dont il fait preuve. Pas une once de laisser-aller, de fainéantise ou de baisse de tension à l'horizon : de la hargne par palettes, de la maîtrise qui tourne au math-core prog extrêmement fuselé et compact ("Chariots", "White"), c'est ce qui caractérise un Bear qui enfonce le clou en livrant des titres véritablement fiévreux et dominés par un riffing aussi massif que virulent, ainsi que par quelques saccades hardcore dopées par une double pédale qui s'enflamme sur un final complètement furibard ("The nightwolves", "Doradus"). Pas une seule faute de goût : sur un segment d'une simplicité effarante, Bear livre ici un album gorgé de testostérone et de morceaux d'une fulgurante efficacité métallique ("Safety, trigger, breach", "98,6"). Costaud.

Bear / Chronique EP > Abstractions 2.0

Bear - Abstractions 2.0 Nouveau venu au sein de l'écurie hardcore Let it Burn Records, référence du genre sur la scène européenne au même titre qu'un Customcore Records (Primal Age, The Arrs) si on veut être chauvin ou qu'un I for Us Records (Birds in Row, Reno, Nine Eleven) pour être équitable avec nos amis belges, Bear est également un nouveau venu tout court (il ne s'est formé "que" l'an dernier) en matière de hardcore metal prog qui déboîte une épaule. Son Abstractions 2.0 n'en est pas moins une sacrée correction métallique, gueularde et bien féroce, mais avant tout assenée par un gang originaire d'Outre-Quiévrain qui marteau-pilonne les conduits auditives tout en sachant déjà parfaitement ce qu'il fait.

Pour cette réédition de l'EP, sortie chez le label allemand, les cinq morceaux le composant ont été remixés et remasterisés avec pour conséquence immédiate, un son qui se révèle assez énorme, surtout pour un premier effort. Logique en même temps, chez Let It Burn, on ne fait pas vraiment les choses à moitié (cf : Poison My Blood, To Kill). "Decades" ouvre le feu et mitraille à tout va. Techniquement c'est parfait, artistiquement, c'est pas mal aussi. Un hardcore tout en ruptures, breaks sulfuriques et changement de cadence impromptus drivés par un préposé aux hurlements qui assure le show sans ciller. Bear évite les balles et ripostent en sortant l'artillerie lourde ("Injuries 2.0", "To sleep on rails 2.0"). Quasiment quinze minutes de musiques et cinq titres dans le barillet. C'est court mais c'est implacable. C'est rageur et bigrement bien troussé. Animal juste comme il faut.

Riffing de tueur, section rythmique qui laboure les enceintes bien comme il faut, Bear donne dans le metal hardcore subversif agrémenté de quelques passages prog bourrins exécutés tantôt en mode allegro/mezzo-forte, tantôt en jouant les bulldozers métalliques qui déboisent tout ce qui trouve sur sa route, toujours le couteau entre les dents. "Speaking in red" est du reste un modèle du genre au rayon "destruction, annihilation et autres petites douceurs". Des friandises HxC que les oursons belges se plaisent à rendre toujours plus savoureuses notamment avec notamment le très délicat "Manicure for the masses 2.0" chargé de conclure les débats, une véritablement correction métallique infligée par un groupe qui ne rigole pas avec la manière. Et si l'ensemble ici proposé manque singulièrement d'originalité, surtout après les deux premiers titres, délaissant peu à peu le léger côté prog qui rendait sa musique inventive pour basculer dans un nu-hardcore, certes bien troussé, mais un peu convenu. Pour le reste, c'est quand même béton. Concis, hargneux, efficace.