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Biographie > de solides fondations

Aprés plus de 10 ans d'existence (la naissance du combo remonte à 1996), Basement sort son premier album Everything get distorted en octobre 2006... Mais une telle attente s'explique par le repos que s'est accordé le groupe durant de longues années depuis ses premiers pas. Au milieu des années 90 et sous l'influence des Unsane et autres Fugazi, Basement enregistre un premier EP, Head on avec Fred Norguet (déjà dans la partie), il sort en 97 et permet au groupe de tourner et de préparer au mieux un autre mini-album avec la même équipe : Underneath, on est alors en 1998 et à la fin de leurs séries de concerts (prés de 200), le trio s'éteint... Chris (chant, guitare), David (batterie) et Sabine (basse) reprennent du service avec l'arrivée de Jérémie à la deuxième guitare. Ils se retrouvent donc dans le sillage des Sleeppers avec un Everything get distorted de très haute tenue...

Basement / Chronique LP > Everything get distorted

Basement : Everything get distorted Si tu aimes les Sleeppers, jette toi sur cet album de Basement, car les Libournais ne sont pas que géographiquement voisins des Bordelais, ils ont aussi la même conception de ce qu'est le son noise, la même notion de l'importance d'une rythmique, la même idée du travail sur le chant et la même capacité à retourner un auditeur par des compositions dynamiques et abrasives. Ceci dit, Basement n'est pas non plus un clone de Sleeppers, si les deux groupes (ainsi que d'autres dans ce genre-là comme Membrane par exemple) sonnent de la même manière, c'est qu'ils ont des influences communes (au hasard ... Unsane ?) et savent bien s'entourer... Ici, on retrouve Nicolas Dick (Kill the Thrill pour le son et Jean-Michel Gimenez (Tantrum) pour le superbe artwork.
Everything get distorted, "Release me", dés les premiers titres, celui de l'album puis celui de la première piste, on sait qu'on a affaire à du lourd, à du gros, à du grain et qu'on va être scotché, les prisonniers ne seront pas relachés, les temps morts entre les titres n'existent pas, la meilleure arme des Aquitains est l'étouffement sonore. Tous les instruments ont un son absolument terrifiants de justesse, les distorsons sont énormes et font bien resortir les quelques éclaircies entrevues au coeur du "Maelstrom". L'album est un bloc massif d'où il est très difficile d'extraire des titres mais "Sonar" m'a particulièrement accroché, peut-être grâce à la ligne de basse (encore qu'elle soit toujours excellentissime cette basse...), certainement du fait d'un chant très percutant et d'un break ultra efficace. L'autre morceau qui se démarque est "In the backroom" avec son gimmick de guitare qui nous emporte en tourbillonnant jusque l'oeil du cyclone, là où il ne se passe plus rien, c'est la fin de l'album, déjà.
Au final, on peut faire deux reproches aux Basement : d'abord d'avoir dormi aussi longtemps, ensuite de n'avoir enregistré que 30 minutes de musique... Bref, Everything get distorted, oui, tout peut être distordu, sauf ce CD, ce serait un crime de l'abîmer !