metal Métal > Backstab

Biographie > coup de couteau dans le dos

Métal Cyber Oriental.
C'est ainsi que se définissent les Backstab et ce n'est pas la peine de chercher à les définir autrement, tant cette définition leur va bien.
Métal parce que les guitares sont lourdes et tranchantes et que c'est à cette scène qu'appartient Backstab plus qu'à une autre.
Cyber parce que les machines sont omniprésentes et que le groupe ne rechigne pas à balancer quelques rythmiques indus.
Oriental pour l'essence de leur musique. Le parfum ennivrant qu'elle distille à tours de bras pénètre partout, chaque riff, chaque parole, chaque note est teinté par un Orient plus Moyen qu'Extrême.
On pourrait rajouter un hip ou un hop quelque part, les lignes de chant flirtant avec le phrasé rap. Mais c'est un détail, de Backstab ressort une ambiance plus qu'un chant. Ainsi Backstab est un banquet où Byzance passe le sel à Paname, un hammam où chaleur et sueur se collent aux vapeurs, la communion des traditions et du futur en action. Et plus qu'un coup de couteau dans le dos, Backstab est un grand coup de pied au cul de ceux qui pensent qu'une telle union ne peut se faire aujourd'hui.
L'histoire des Franciliens débute en 1995, ils sont alors 5 à jouer leur métal pour eux et leurs amis et puis à force de concerts et d'encouragements, ils autoproduisent un CD 7 titres en 97 : Shake the bones. Et si les os de leur batteur sont secoués, leur line-up se stabilise, Laurent tient la batterie et les samples, Lubin s'érode les phalanges sur sa basse, Ludo dépose ses riffs de gratte, Alex lui dompte les machines (guitare midi et sampler), enfin Frank apporte sa voix chaude et envoutante.
Le CD leur permet de décrocher de nombreuses premières parties (Urban Dance Squad, Nothing, Artsonic), de se faire entendre en province et de faire la fête au Printemps de Bourges et aux Eurockéennes de Belfort sur les scènes "off"...
Tout cela demande une structuration et un management, une équipe se forme alors pour que le groupe puisse pleinement s'exprimer. Une équipe qui fonctionne bien si l'on regarde les concerts que donnent le groupe et les projets auxquels il est associé.
1999 a livré un nouveau CD, 4 titres cette fois : L'oeil du clône, qui préfigure de ce que sera l'album Aïki Taïso qui sort de façon indépendante mi 2001 avant de resortir chez XIII bis records / BMG en mai 2002.
En 2002, le groupe se sépare de son batteur, remplacé par Stéph, et de son deuxième guitariste qui lui, n'est pas remplacé. Ils bossent sur de nouvelles compos, apparaissent sur les compils FrenchCore 2 et NuKo (puis Metal Zone), et démarchent de nouveaux labels pour un deuxième album, Futura, qui verra le jour en mars 2005 chez Bad Reputation.

Interview : Backstab, interview de Backstab à Dunkerque (mars 2003)

Backstab / Chronique LP > Futura

backstab : futura Backstab est un groupe qui prend son temps, mais Futura est enfin du présent et les titres très prometteurs écoutés sur les compils ("Dragon vs Phoenix" sur French Core 2, "Le choix décisif" sur Metal Zone) et testés en live ("Manifeste") sont enfin dispos sur un album aux côtés d'autres pour une cinquantaine de minutes de bonheur... Le groupe a recentré ses activités vers un rock-métal-indus et s'il a conservé de multiples influences, ce Futura est très homogène. De bons rythmes, de bons riffs, d'excellentes mélodies et de l'énergie à revendre, que demander de plus ? Rien, et pourtant Backstab offre encore plus avec un titre orienté hiphop ("Mytho") ultra entraînant et délirant, les paroles font le tour de la sphère métal et musical avec un humour ravageur... Ils nous donnent aussi un titre bonus "A question of time", cette reprise de Depeche Mode n'est pas vraiment raccord avec le reste de Futura mais on leur pardonne ce péché de jeunesse... A noter que le groupe fait d'autres oeillades au passé avec par exemple une basse ultra disco sur "Tous les systèmes".
Chant français (avec quelques pointes d'anglais), paroles qu'on retient, grosse dynamique, utilisation judicieuse des samples, on pense forcément à Mass Hysteria notamment quand les compos se durcissent et invitent au jump frénétique ("Shaman", "Manifeste") mais ce serait trop simple et les Parisiens brouillent les pistes en modérant les tempos et en laissant s'installer les atmosphères ("Laisse moi là", "Du jour au lendemain").
Aïki Taïso charmait par le bouillonnement fusionnel de ses origines, Futura charme par sa cohérence et son efficacité, Backstab a toujours autant de sources d'inspiration mais sait désormais les dominer et faire en sorte qu'elles ne prennent pas le pas sur le titre qu'elles servent. Vive le futur.

Backstab / Chronique LP > Aïki Taïso

backstab : aiki taiso Les influences perceptibles sur l'album sont légions, étrangères, passagères, déstabilisantes mais surtout terriblement bien mariées à celles qui les entourent.
La musique proposée par Backstab est un "Melting pot" qui ne ressemble en rien à quelque chose d'existant.
Le son métal "classique" d'ensemble, très bien produit, est enturbané de ryhtmiques variées, de loops venus du bout du monde et d'une voix ensoleillée et multilingue au discours cohérent. Un style dont on peut extraire quelques instants qui par moment (sur "Bruises") nous ramène au No one is innocent des débuts, qui sur "Démons" emprunte pas mal à Therapy? (l'intro étant proche de celle de "Meat abstract"), qui se laisse dominer par l'Orient sur "L'oeil du clône", qui lorgne sur le métal-indus durant "El tiempo", s'endiable pour "This is what we get" ou met en avant le flow et le discours sur "Opaque". Mais ce ne sont que des instantanés, il faut l'écouter pour pouvoir quantifier l'alchimie à sa juste valeur et surtout la saisir...
Toutes ces influences ne tiennent que dans le détail, tant l'ensemble ressemble à Backstab.