metal Métal > Azoth

Biographie > Azote

Une basse lourde, des guitares saturés, Azoth se donne à peine une étiquette métal, la vérité se situe plutôt quelque part dans la nébuleuse du rock, quelque part à côté du métal, pour ne pas trop s'avancer. Usant de machines, de samples, la musique d'Azoth est un maelström un peu expérimental, un peu à côté des courants principaux, un peu décalé parfois, et pas désagréable à écouter. Azoth vient de Belgique, près de Charleroi, et chante en français, un peu par défi, pour démontrer qu'il est possible de chanter en français sans passer pour tes intellos ringards (sic).

Azoth / Chronique LP > Ether

Azoth : Ether Alors que l'on s'attendait un peu à un Acte III, Azoth fait fort et propose cette fois ci un album complet composé de 13 titres. Une poignée de titres sont repris des précédentes démos Acte I et Acte II, pour une grosse moitié de nouveaux titres. Continuant dans son style original et tout à fait particulier, avec un son reconnaissable entre mille, cette fusion étrange d'un chant au grain personnel et surtout de cette saturation de guitare à la balance très creusée, Azoth offre un album homogène et équilibré.
Certains des titres ont subit un lifting, plus métallique pour "Deux êtres", très électro pour "L'automne", et se trouve mis à niveau avec des titres plus travaillés comme "Dis-le" et son synthé se baladant sur des arpèges de manière entêtante. "Demain peut-être" bénéficie d'une intro comme les apprécie Azoth, à l'image du titre "Le chemin", une ambiance qui s'estompe sur un refrain dôté d'une basse trépanée et d'une guitare qui ne se donne que sur le couplet, qui voit également un chant s'énervant plus qu'à l'habitude. Après une intro sonore indescriptible mais délectable, Azoth se laisse aller à une rythmique binaire sur "La terre brûlée", qui applique cette politique de manière sonore, mettre le feu et ne pas revenir en arrière.

Azoth / Chronique EP > Acte II

azoth : acte 2 Suite logique, à l'Acte I succède l'Acte II, très logique... Azoth poursuit donc son inquisition musicale, sa prose et sa magie, délivrant toujours cette même alchimie pas très évidente, moitié rock, moitié cette autre chose qui n'est pas très définissable. Plus sobre, plus épuré que le premier, ce nouvel acte continue d'intriguer sur l'univers étrange et lointain d'Azoth. Le son caractéristique d'Azoth est toujours au rendez-vous, ce grain légèrement étouffé dans les guitares, ces accentuations irisées du chant, mais des samples un peu en retrait, des ambiances différentes, peut-être moins audacieuses, plus tristes. L'écoute de "L'automne" suffit pour s'en convaincre, -J'ai voulu noyer le chagrin, l'assassiner, mais il m'a vite rattrapé pour m'étouffer-, une brume surgissant d'un synthétiseur, une voix qui se défend entre des branchages de guitares et de synthés bruissant lentement.
Balancement binaire entêté, un grincement lointain, inquiétant, oppressant, l'équilibre métastable est inquiétant, presque aggressif, appuyé dans son renversement par une grosse caisse qui matraque, "Deux êtres" sublime les ambiances sobres à l'impact incertain et ouvre un horizon étrange sur un refrain indéfinissable. Comme toujours dans Azoth, le chant est en français, autorisant une meilleure compréhension des paroles, surtout quand elles ont un sens, prenant parfois le pas sur la musique, cette dernière étant suffisament bonne pour qu'on l'oublie, aussi paradoxal que celà puisses être. La solitude semble être un thème qui sied à Azoth, "Seul" poursuivant dans cette veine mélancolique et sombre, cette fois accompagnée par des arrangements de cordes, titre phare, à l'orchestration touffue, "Seul" est un crescendo permanent munie d'une intensité émotionelle chuttant sur un point d'orgue.

Azoth / Chronique EP > Acte I

azoth : acte 1 Première démo pour Azoth, Acte I comporte 4 titres d'une facture assez honorable, structure carré, assise rythmique bien établie, une basse lourde qui gronde, des guitares creusées dans les médiums. Intro limite dansante, aux accents celtiques, un peu Matmatah, où viennent se greffer une batterie qui plombe, une basse qui remplit l'espace sonore, comble le spectre sonore, le chant s'insère dans les lignes musicales tissées naturellement, avec une facilité déconcertante, "Le sang" recèle toute la saveur d'Azoth, basse lourde, guitares creusées, à la saturation chaude et humide, une voix avec un accent rond, une sonorité sphérique, régulière, à la saveur de muscade. Proche de Lucky Striker 201 pour le côté expérimental et composé en home-studio, les membres d'Azoth ne sont pas des inconditionels de leurs influences. Guitare frisonnante, écho dans le froid, "Le vent" porte bien son nom, sifflements architecturaux, larsens de guitare, guitare avec un son encore plus lourd, peu profond mais qui s'insinue dans les interstices, -Le mat planté dans l'infini d'un ciel troublant-, le barrage des guitares se densifie, puis s'efface arbitrairement. Les ambiances sont mises en place avec méticulosité, avec passion, la batterie se tressailit pas, mais la guitare flanche parfois, au niveau du son et de la tenue des notes.
Souffle métaphorique, ambiance cristallisée, un peu The Gathering, disgressions aigües parasitaires délectables, vibrations alchimiques, vibrisses exogènes, un soupir et l'atmosphère se réchauffe, se remplit tout à coup, synthé lointain et néanmoins indissociable de l'équilibre symbiotique, guitares magmatiques, granuleuses, une basse identique, un peu plus claire, changement de strate atmosphérique et l'univers vacille, vibrations titubantes, la basse chancelle, les guitares tremblotent, le synthé surgit par moments, inquiétant, soupirant, l'entrée du chant assure une troublante stabilité à la résultante, introspectif, -Je me noie dans mes rêves-, profond, prenant, transparent à l'inquiétude métaphysique, les guitares ammorcent le refrain, glissantes, scindées, -je vis le silence-, le chant est travaillé, interessant, épicé, coups de semonces unanime pour "Le soupir" méditatif... Intro technoïde au son hypnotique pour "Le chemin" vite rompu par un riff de guitare élimé, lui-même submergé par un déluge de palm-muting, pluie métallique battante ininterrompue, surfaçant des couplets en Wallon, à la saveur toute particulière, aux accents magnétiques, transition rythmique décalée, délicieuse, rare, batterie imprévisible, délicatement bancale, appuyant sur les temps faibles. Reprise de ce riff éliminé avec une dimension suplémentaire, beacoup plus flatteuse, plus dimensionnante, couplet-refrain, fin mélancolique -Je fais partie du monde-. Les belges de d'Azoth ont de bonnes idées dans leur gibet...