metal Métal > The Austrasian Goat

Biographie > From darkness to Austrasia

Projet solo initié par le français Julien L., The Austrasian Goat se fait remarquer en sortant son premier album, long-play en 2007, via une flopée de labels dont Impure Muzik. Rapidement, comme beaucoup de one-band bands emmenés par des artistiques prolifiques, (on pense notamment à Final, le projet de toujours de Justin Broadrick ou à Fragment. mené de main de maître par Thierry A.), l'entité enchaîne les sorties à un rythme effréné (ainsi que les apparitions sur diverses compilations). Résultats, près d'une quinzaines d'efforts vont paraître en l'espace de 3 ans, surtout des splits LP partagés avec la crème de l'underground européen (Dead Musician, Chambre Froide, Habsyll...). En 2010, The Austrasian Goat signe avec Music fear Satan (HKY, One Second Riot, Revok, Year of No Light) et publie son deuxième album : Stains of resignation. Sans jamais vouloir apparemment s'arrêter, Julien enchaîne dès l'année suivante avec de nouveaux enregistrements, dont notamment un split 10'' avec Neige Morte.

The Austrasian Goat / Chronique LP > Stains of resignation

The Austrasian Goat - Stains of Resignation Sorti fin 2010 chez Music fear Satan (HKY, Revok, YONL...) après un effort inaugural paru en 2007 et quantité de splits vinyles ayant vu le jour lors des dernières années, Stains of resignation revient mettre sens dessus dessous les sphères de l'underground hexagonal avec une petite dizaines de nouvelles compositions destinées à secouer les esprits les plus sains. Très exactement neuf pièces, changeantes, mouvantes, à l'initiative d'un seul homme, Julien L, aux commandes du projet depuis ses débuts, parfois accompagné d'intervenants extérieurs (quelques guitares, un glockenspiel, un violoncelle, Jarboe en guest de luxe vocal...), ce nouveau The Austrasian Goat ne peut décemment laisser indifférent.
Mélangeant sentiment d'effroi et de fascination, entre rejet viscéral et attraction obsédante, l'album regorge de ce doomcore maléfique mâtiné de textures post-black aliénantes dont Julien s'est fait l'apôtre depuis quelques années maintenant. "Even in uneven", "A liquid mesure of guilt", "The arsons of pride", les morceaux ont beau se suivre, leur auteur parvient à varier les dégradés de noir et de gris qui enveloppent ses travaux, l'oppression sensorielle qu'il instille ici n'étant que le reflet des tourments insondables qui semblent l'habiter. Noire et apocalyptique, sur-saturée jusqu'à l'extrême, sa musique serpente à travers les ombres tout en jouant par moments avec les codes d'un folk sombre et dépressif permettant de rompre avec la descente aux enfers post-black mid-tempo mise en scène par ailleurs.
S'enfonçant dans les abîmes d'un funeral-doom labyrinthique, The Austrasian Goat refuse pourtant de céder aux facilités de l'underground torturé monomaniaque... et se plaie à varier les plaisirs, son oeuvre évoquant alors tour à tour les Swans, Jesu, voire même Godspeed You! Black Emperor pour les petites finesses à cordes. Un mur de saturation post-black metal qui ravage les neurones façon Gnaw Their Tongues, quelques lignes (dark)folk habitées, un soupçon de shoegaze asthénique et quelques autres petites variations post-rock très classes, Stains of resignation est un disque d'une cohérence artistique redoutable, une oeuvre tantôt glaçante, tantôt mélancolique, se faisant l'écho de paysages post-industriel désolés, à situer entre doom/black atmosphérique terrifiant et ballade folk désenchantée. Âmes sensibles s'abstenir...