August Burns Red - Rescue & restore Les plus gros bosseurs de la scène metalcore nord-américaine sont déjà de retour avec un nouveau disque, deux ans après le prévisible mais redoutablement efficace Leveler et quelques mois seulement après August Burns Red Presents: Sleddin' Hill, un album de.. Noël paru à l'automne 2012. Et on les comprend parce que dans leur cas, productivité = succès = machine à cash. Car August Burns Red a la recette qui fait mâle pour cartoucher les charts US bien comme il faut et parcourir la planète pour propager un peu plus la cause métallique dite "chrétienne". Peu importe si leur musique tourne en rond. Ou pas.

Parce que lorsque l'on s'attaque à ce Rescue & restore, en commençant par le commencement, soit l'inaugural "Provision", force est de constater que le groupe américain se retrouve au bout de quelques minutes en fâcheuse posture : entre l'incapacité latente de proposer quelque chose de radicalement différent de ce qu'il fait en long, large et travers depuis dix ans et quelques vagues tentatives heavy particulièrement poussives. On se dit que cela sent quelque peu le roussi sauf que les piliers de l'écurie Solid State Records enchaînent avec un "Treatment" qui fracasse brutalement les enceintes, imposant de nouveaux son metalcore aussi rugueux que salvateur, mais avec une énergie créative un peu nouvelle. Et quelques plans d'une technicité très affirmée lorgnant du côté d'un prog-metal ultra-moderne à l'efficacité très nette et sans bavure.

L'album est cette fois sur les rails après un faux départ vite oublié et August Burns Red tartine la platine de coups de boutoirs bien coreux, mélodies sculptées dans le granit pour le live et textures heavy/progressives de premier choix, preuve que le groupe ne veut pas uniquement se contenter d'une recette trop aisément appliquée et qu'il a décider d'oser. Comme sur l'intro très réussie de "Spirit breaker", avant que la grosse mécanique métallique ne remette tout le monde dans le droit chemin. Les américains jouent l'ouverture d'esprit en termes d'écriture et le résultat se révèle plus rafraichissant et moins prévisible qu'attendu ("Sincerity", "Echoes"). Mais également d'une solidité béton ("Count it all as lost") quand il ne passe pas en mode demolition man (furieux "Animals"). Même si...

Solide, plutôt inspiré et même parfois risqué, le groupe se loupant dans les grandes largeurs sur le morceau inaugural on l'a dit, mais également "Beauty in tragedy" ou un passage de "Creative captivity" aussi, Rescue & restore est l'album pour lequel August Burns Red s'affranchit le plus de son identité metalcore la plus primaire pour proposer quelque chose de neuf... qui certes ne fonctionne pas toujours, mais a le mérite d'exister. En sus d'une efficacité régulièrement aussi imparable qu'à l'accoutumée.