August Burns Red - Leveler Au départ on se dit que c'est encore la même rengaine : du metalcore pur jus, biberonné à la testostérone et agrémenté d'une production maousse façon brontosaure. Clairement ce n'est ni léger, ni très fin dans l'écriture mais qu'est-ce que ça défouraille... Leveler, son nouvel effort, a beau commencer à la virgule près comme on s'y attendait, August Burns Red fait le job et autant dire que ça fait quand même du bien par où ça passe ("Empire"). Gros riffs taille patron, fougue hardcore punk, puissance de feu irréprochable et refrain taillé pour le live (dans un petit stade tout acquis à sa cause => boucherie garantie), c'est ultra-calibré et le pire c'est que ça fonctionne.
D'accord, ça ne peut pas tenir la route douze titres durant sur la même cadence et c'est d'ailleurs pour ça que dès la deuxième piste, les américains en remettent une couche en accélérant le rythme. Un démarrage outrageusement punk et une structure metal bien bourrin, "Internal cannon" sonne la (dé)charge de décibels et s'offre deux petits intermèdes flamenco(re) assez fun, avant que la bonne vieille mécanique metalcore ne se remette en branle. Pas mal, même si le solo de gratte "regarde un peu comme je me la raconte grave avec mon instrument", ce n'était pas forcément indispensable. N'en reste pas moins que c'est méchamment énergique, voire par instants carrément furibard, surtout quand le groupe s'oublie un peu et met tout ce qu'il a dans les chaussettes pour matraquer sauvagement l'auditeur à coups de "Divisions" et "Cutting the ties" en béton armé.
On dira ce que l'on veut, quand August Burns Red déploie tout son arsenal nucléaire, ça envoie quand même sérieusement quelques torpilles dans les écoutilles. Surtout que c'est exécuté avec ce qu'il faut de technicité pour rendre une "clean sheet" imparable et que le tout est balancé dans la face de l'auditeur avec l'appétit d'un T-Rex privé de petit dej' depuis trois jours ("Pangea", "Salt & light"). On en prend plein les tympans et le groupe n'en met pas une miette à côté. Niveau tartine histoire d'être raccord avec le reste, le groupe enfile un "Carpe diem" particulièrement inspiré et un "40 nights" tout feu tout flamme. Intense. Et bien plus varié qu'à l'ordinaire et encore plus chez 99% de la production étiquetée "metalcore" actuelle, Leveler se permettant quelques variations de rythme(s) et incursions voire digressions largement bienvenues. Plus aéré et varié dans ses approches artistiques, ce nouvel effort n'en reste pas moins un pur condensé de gros son qui fait mâl(e) aux cheveux, en clair le bon gros blockbuster metalcore de l'été ("Poor millionaire", "Boys of fall"). Prévisible certes, mais sévèrement burné et toujours efficace. Comme toujours...