At the Drive-in - in·ter a·li·a At the Drive-In est un groupe culte. Avec trois albums au compteur au tout début des années 2000, le combo a marqué l'histoire et chacune de ses suites a excité son lot de fans... Oui, parce qu'en pleine gloire, le groupe a implosé, rongé par la drogue et tiraillé par des aspirations différentes, la dissolution fait disparaître une bête mais donne naissance à deux autres monstres, The Mars Volta d'un côté, Sparta de l'autre. Après une éphémère reformation (2012), revoilà pour de vrai At the Drive-In, et pas seulement pour des concerts puisqu'ils ont écrit un quatrième album, le line-up a de nouveau été modifié puisque Jim Ward n'est pas revenu au bercail, laissant sa place à Keeley Davis que Matt et Tony connaissent très bien puisqu'il est le guitariste de Sparta (après avoir joué dans Engine Down et avec sa soeur dans Denali puis Glös).

17 ans après Relationship of command et après une très riche discographie (essaye de compter les albums auxquels a participé Omar Rodríguez-Lopez ...), In·ter a·li·a déboule dans nos oreilles labourées par des tonnes d'autres sonorités que celles d'AtDi... et presque forcément, c'est vers elles, plus récentes, davantage que vers les cultissimes premiers émois qu'on va trouver des références, des comparaisons, qui ne seront pas raison pour autant. Même les productions les plus rock sont désormais soignées et quand, ici, elle est confiée au psychopathe du son qu'est Omar et son pote Rich Costey qui outre The Mars Volta a surtout bossé avec des groupes pop/rock (Muse, Franz Ferdinand, Foo Fighters, Bloc Party, Weezer, Arctic Monkeys...), le résultat est assez "sage" comparé à la folie supersonique des compositions. Parce que le principal kiff de cet opus, c'est bien celui de retrouver la débauche d'effets, de textes, de rythmes et de mélodies que nous sert At the Drive-In sans être aussi direct que Sparta et aussi spatial que TMV. Par contre, le combo ne lésine toujours pas sur les couches d'instruments et les textes, et si une harmonie directrice réussit à se frayer un chemin, il est parfois assez encombré sans qu'on sache si cette surcharge était vraiment nécessaire. Faut-il faire l'effort de chercher à décrypter toutes les informations pour en tirer autre chose ou juste se laisser porter par les dynamiques et leurs ruptures ?

Album de retour après une pause longue mais reposante pour aucun de ses membres, In·ter a·li·a nous permet de renouer avec l'essence-même d'un At the Drive-In qui a mis ses tensions de côté pour s'éclater de nouveau ensemble. Ne boudons pas notre plaisir, renouons nous aussi avec la frénésie texane, les titres piégeux et efficaces et ces petits bonheurs aussi immédiats que complexes.