metal Métal > ASIDEFROMADAY

Biographie > Bachar El Asidefromaday

ASIDEFROMADAY s'est formé au printemps 2000 du côté de Besançon, terre incroyablement fertiles en formations rock/pop/metal/post-hardcore de qualité (Ampools, Gantz, Stellardrive, Lead Orphans, Slide on Venus...), dont on retrouve variablement plusieurs de leurs ex-membres au sein d'AFaD aujourd'hui. La formation actuelle est composée de Julien Loizeau [batterie] Nicolas Chevailler [guitare] Fred Nivard [chant& clavier] David Demesmay [basse] Julien Martin [ingé son live). Evoluant à ses débuts dans un régistre très métallique AFaD a mis depuis sa musique la croisée des chemins musicaux : entre hardcore teinté d'émo, de noise, de "mathrock" chaotique, le groupe produit une musique qui se veut lourd, intense et vénéneuse. Après deux EP's Maieutics en 2003 puis Setting in motion l'année suivante, ASIDEFROMADAY sort son premier album long format en 2005 (Divine proportion). Après quelques mois de silence relatif, le groupe sort en 2007 un DVD baptisé Videography avant de mettre au monde son deuxième effort studio : Manufactured landscape et participe également à la compilation Falling down (aux côtés de Dirge, Pelican, Kehlvin, Amen Ra et My Own Private Alaska)...

Review Concert : ASIDEFROMADAY, Torche + ASIDEFROMADAY sur un Divan (sept. 2012)

Interview : ASIDEFROMADAY, Manufactured interview (sept. 2008)

ASIDEFROMADAY / Chronique LP > Chasing shadows

ASIDEFROMADAY - Chasing shadows ASIDEFROMADAY, fine fleur de la bouillonnante scène bisontine et plus globalement post-metal / hardcore hexagonale, donne enfin une suite à son excellent et déjà bien massif Manufactured landscape. Comme son prédécesseur, c'est par le biais du sémillant Division Records, qui n'en finit plus d'enquiller les sorties de grande classe (Dirge, Kehlvin, Process of Guilt, Unfold rien que pour ces derniers mois), que l'entité franc-comtoise livre sa nouvelle hydre créature musicale. Un disque de post-metal/hardcore/rock/sludge/progressif à l'incandescence sauvage, à la densité plus que palpable et surtout d'une puissance émotionnelle suffocante.

Post-metal, post-hardcore, un peu aérien, souvent tellurique, "Process of static movement" lance les hostilités et kärcherise d'entrée de jeu les enceintes. Hurlements ravageurs, textures instrumentales lorgnant vers un (post)rock que viennent dynamiter des plans hardcore et des développements plus riches que la normale de par leurs structures évolutives, ASIDEFROMADAY refuse de se cloisonner à une seule et unique approche de composition. Le groupe décide de ne pas donner une simple suite au pourtant très recommandable Manufactured landscape pour "avancer" créativement parlant. D'une densité hors-norme, Chasing shadows est ainsi, une fois lancé, une sorte de bulldozer post-rock/hardcore métallique crachant des torrents de lave en fusion ("Death, ruins & corpses"), semant ainsi enfer et désolation sur son passage.

Lourd, magmatique, faisant vibrer le sismographe intérieur de l'auditeur afin de l'ensevelir sous des kilotonnes de riffs charbonneux ("Through the eye of the beholder"), le groupe distille sa rage brute, l'agrémentant de quelques effets de styles bien sentis histoire de la rendre en plus virulente, acerbe, et d'imprimer de fait une dynamique particulièrement soutenue, afin de rendre l'ensemble tout aussi inaltérable que charnu ("Black sun"). ASIDEFROMADAY sonne paradoxalement très rock, cela peut sembler curieux mais en fait pas tant que ça, parce qu'on parle d'un rock massif à la lourdeur post-métallique incommensurable dont la puissance déflagratrice titanesque évoque tour à tour Breach, Neurosis ou Old Man Gloom. Surtout lorsqu'il s'agit de tout lâcher sur un "Endless prophecy" dévastateur et quasi apocalyptique pour préparer le terrain puis laisser la place à un cathartique épilogue éponyme évoquant quant à lui ce que sera une hybridation des genres mélangeant Botch, Russian Circles et Zozobra. Classe.

Et quand le silence revient, enveloppant les ruines encore fumantes d'un champ de bataille ayant servi de théâtre à un affrontement de décibels déchainant les éléments, on ne peut se dire qu'une seule chose : à savoir que comme à son habitude, ASIDEFROMADAY a frappé très fort. En-core.

ASIDEFROMADAY / Chronique LP > Manufactured landscape

aside_from_a_day_manufactured_landscapes.jpg Choc thermique, déflagration post-hardcore rock aux textures métalliques, Manufactured landscape est l'album qu'il fallait à ASIDEFROMADAY pour définitivement asseoir son statut de formation phare du genre dans l'hexagone, sinon au-delà. Comme une réponse post-hardcore aux premiers EP's de Stellardrive, ce deuxième effort long-format des bisontins fait parler la poudre et développe en l'espace de neufs titres, une musique puissante, organique et d'une intensité émotionnelle rare. Après une courte intro minimaliste ("Geodesy"), AFaD ouvre les portes du royaume d'Hadès avec l'oppressant et tellurique "Seven days in theory". Un côté math-rock métallique prononcé, une section rythmique toute en ruptures sauvages, collision frontale du chant et des guitares, une pression permanente et voilà le groupe qui met de suite les choses à plat. La démonstration de force promet d'être intense et ravageuse. Hybride de metal hardcore post-chaotique à la Botch, Breach ou Converge, de post-rock puissant façon Aereogramme ou Pelican et de noise/math rock évoquant des groupes dans la mouvance d'Hella ou Dysrhythmia, la musique d'ASIDEFROMADAY ne se limite pas à tel ou tel genre. Elle préfère les dépasser, se fondre en eux pour mieux repousser leurs frontières et livrer un distillat sonore foudroyant et hautement addictif ("Alone").
A fleur de peau, la musique des bisontins est le fruit de la subtile recherche d'un équilibre idéal entre violence sous-durale et envolées stratosphériques orageuses ("The idea of creation", l'excellentissime "Friction"). Architecture pensée dans les moindres détails, le groupe ne semble rien laisser au hasard, maîtrisant parfaitement son art et livrant de fait, quelques pépites post-métalliques orchestrées avec une classe ébouriffante. Intro pop-rock typiquement indie avant la déferlante des guitares, ASIDEFROMADAY a beau cacher son jeu, son naturel explose fatalement au visage de l'auditeur ("Arcane and foundation"). Guitares incisives et volcaniques, bouillonnement hardcore rock, efflorescence métallique, une fois porté à ébullition, le cocktail sonore délivré par la formation bisontine mélange virtuosité instrumentale et velléités destructrices ("March of the stones"). L'enfer se déchaîne sous nos pied (ou plutôt dans les enceintes), le groupe profite d'une production en béton, ce qui lui offre une densité sonore rarement égalée de ce côté de l'Atlantique. Hurlements explosifs, mise en abîme douloureuse, AFaD explore les tréfonds de l'âme pour plonger à coeur perdu dans un univers à la noirceur indicible. Les portes du Chaos s'ouvre devant nous, on s'approche, le pas hésitant, le temps de se laisser happer par l'atmosphère lunaire et énigmatique de "Geocentrisme", avant que les guitares ne se rapprochent imperceptiblement. La fin est proche. L'ultime assaut est pour le neuvième et dernier titre de ce Manufactured landscape : "Here comes th man". ASIDEFROMADAY a eu le temps de reprendre son souffle pour mieux nous achever d'une énième vague sonique avant apaisant retour progressif sur le terre ferme. 9 titres ou plutôt neufs chapitres d'un seul et même recueil musical, violent, puissant et émotionnellement torturé. Impressionnant...