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Evoluant depuis 2001 dans un registre noise sludgecore punk, Art of Burning Water est un trio anglais adepte de la méthode du "Do It Yourself" pour le plus grand bonheur de la frange la plus hardcore de la scène anglo-saxonne. Le groupe prend à ses débuts tout son temps pour sortir un premier album, qui aura finalement mis autant de temps à venir que son titre est long, The Voyage of the Pessimistic Philosoph : An Ode to Believers of the Prevailing Law of Sod, pour finalement parvenir par le biais de deux mini-structures très indé en 2006 (SuperFi Records et House of Stairs). Quatre autres années (et pas mal de galère) seront nécessaires avant que AOBW ne publie son deuxième méfait, intitulé Head of the tempest, qui paraît donc en 2010... et qui est suivi quelques mois plus tard par Love you dead (2011, Swarm of Nails).

Art of Burning Water / Chronique LP > Love you dead

Art of Burning Water - Love you dead Si l'on omet un "chant" 23,000 fois sous mixé, Love you dead par les anglais de Art of Burning Water, c'est une sacrée grenade dégoupillée par un coutumier du fait, Swarm of Nails en l'occurrence (Anorak, Hexis, Quartier Rouge, Tears|Before et autres bruyantes joyeusetés...), au beau milieu de la tanière du webzine préféré chez la grande communauté des renards des sables. Bon en même temps en guise de "chant", on a surtout droit à des vociférations et autres beuglements hardcore qui charcutent à l'extrême... ou qui essaient. Par contre, pour le mixage... comprend pas. Comment peut-on laisser passer ça en 2011 ? La question est posée.
En mettant de côté ce défaut de "fabrication" un peu rédhibitoire tout de même, qu'il soit délibéré ou pas (auquel cas, le parti-pris est quand même bien casse-gueule) ce n'est pas la question, on l'a dit, ce Love you dead, dans la catégorie "et vas-y que je te laboure les tympans bien comme il faut", se pose là. Sorte de croisement entre un Black Cobra en mode DIY underground et un Today is the Day aviné mais ultra perforant, Art of Burning Water nous sert sur un plateau de fer un cocktail noise-hardcore-punk sauvage, rugueux et parfois frénétique, mais invariablement abrasif. Indomptable du premier au dernier titre (et tout particulièrement sur "Spiros arion" ou "Tap dancing on landmines"), le trio anglais met la dose niveau saturation et se fait plaisir dès qu'il s'enfonce dans le malsain.
Problème, c'est là où l'on se dit que le DIY, c'est bien, mais que ça pose aussi certaines limites, notamment en termes de production, ici un peu light voire... beaucoup light. On se dit également que dans les mains d'un ingé son quatre étoiles, Love you dead arracherait quelques têtes sans trop forcer. Bon, là ce n'est vraisemblablement pas le cas (pour l'ingé s'entend) et les Art of Burning Water doivent faire avec leurs armes, suffisamment aiguisées tout de même pour faire drôlement mal quand c'est nécessaire. Et lorsqu'ils abattent (froidement) leur dernière carte, avec un "Nicaragua" fleuve (on fait les jeux de mots que l'on peut hein...), c'est pour enfin donner toute la dimension qu'elles méritaient à ses attaques instrumentales forcenées. Brutal mais frustrant.