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Biographie > Architects (& bulldozer)

Architects - Architects Originaire de Brighton en Angleterre, Architects est, avec Bring Me The Horizon le porte-étendard de la scène "metalcore" (au sens large) européenne. Formé en 2004, soit la même année que BMTH, les brittons sont un peu les alter-ego mélodiques de leurs compatriotes qui la jouent plutôt deathcore là où eux choisissent la technicité ou les différentes déclinaisons du hardcore mélodique pour imprimer leur marque. Hors considération stylistique, toujours est-il que le groupe a livré ses premiers efforts discographiques entre 2006 et 2008 mais ce "n'est" qu'à partir de l'année 2009 et son arrivée dans le roster de Century Media qu'il a définitivement pris son envol vers les cimes de la scène européenne.
Avant-cela, Architects avait tout de même eu le temps de commettre deux albums (Nightmares et Ruin) ainsi qu'un EP Architects / Dead Swans E.P - et accessoirement des tournées en support de Sikth, The Chariot, Suicide Silence... ou Bring Me The Horizon, mais c'est Hollow crown, le troisième album du groupe, sorti donc chez un poids-lourd du genre, qui va envoyer les anglais sur orbite. L'album cartonne les charts de la spécialité et le groupe devient "bankable", si bien qu'il tourne massivement aux côtés d'August Burns Red, Parkway Drive, Every Time I Die, Norma Jean puis Jane's Addiction et, consécration surprenante Faith No More. En 2010, Architects met en boîte The here and now qui sort l'année suivante, tout en se payant en joli score au box-office métallique avant de notamment jouer en headliner au mythique Reading Festival.

Architects / Chronique LP > Lost forever, lost together

Architects - Lost forever // Lost together Il y avait jusqu'à récemment l'imparable Hollow crow, considéré quasi unanimement comme une petite bombe de sa catégorie (si l'on met de côté les albums de "jeunesse"), le très recommandable The here and now, qui possède encore aujourd'hui ses inconditionnels comme ses détracteurs, et Daybreaker qui n'a gardé pour lui que... bah les détracteurs. Voici désormais Lost forever, lost together, sixième album long-format des soubresauts de sa majesté que sont Architects. L'album de la remise en question, du retour au source aussi mais surtout de la remise à zéro des compteurs avec un changement majeur pour le groupe, son départ de l'usine à gaz Century Media pour les rivages plus cléments et certainement efficaces de l'écurie Epitaph (Converge et autres Every Time I Die ou Parkway Drive y sont comme chez eux depuis plusieurs années).

Lost forever, lost together, l'album de la réconciliation metalcore entre le groupe et une efficacité retrouvée. Pour preuves le guerrier "Gravedigger", premier titre dudit effort, qui d'entrée de jeu et sans prévenir allume les premières mèches, histoire de mettre les choses au clair : Architects est de retour aux affaires très sérieuses et clairement, ça va chier. Et pas qu'un peu. Tempo soutenu, riff de patron, charisme vocal au service de mélodies taillées dans le marbre et hurlements ravageurs, le groupe livre ici un petit précis de metalcore burné d'une redoutable efficacité. Une très solide mise en action bientôt suivie d'une véritable démonstration de force avec le single "Naysayer". Là, cette fois c'est clair, les Anglais sont "on fire" et font littéralement parler la poudre. Puissant et salvateur, le groupe met tout ce qu'il a et enchaîne alors les coups de boutoir supersoniques ("Broken cross" ou "The devil is near", "Castles in the air", "Youth is wasted on the young").

Véritable blockbuster du genre, Lost forever, lost together voit le groupe se dépasser en mettant une intensité folle dans ses titres, histoire de leur insuffler un supplément d'âme pour ne pas livrer un objet complètement vide de sens. Et cela fonctionne à pleins volumes ("Dead man talking", "Red hypergiant") quand les Architects ne se mettent pas eux-mêmes à passer en mode "survivor" et à tout démolir sur leur passage ("C.A.N.C.E.R", "Colony collapse"), refrains et chœurs taillés pour le live en prime. Sans jamais sembler se fatiguer, les Anglais balancent leurs parpaings avec une étonnante cohérence et régularité à ce niveau ("The distant blue"), en blindant l'intégralité des aspects de leur travail pour livrer un album tranchant, propre, net et sans bavure, évitant même la redite inhérente à 99% de la production metalcore. En clair, une fessée en bonne et due forme.

Architects / Chronique LP > The here and now

Architects - The Here And Now Au regard d'Hollow crown, The here and now est probablement la réponse la plus inattendue que l'on aurait pu attendre des Anglais d'Architects. Profond, technique et frénétique, Hollow crown était proche d'autres albums à la production volontairement froide, nette et propre. C'est contre tout cela que les Britanniques ont voulu s'élever avec pour conséquence immédiate un départ vers la Californie pour entrer en studio avec Monsieur Steve Evetts (The Dillinger Escape Plan, Every Time I Die, Sepultura).
Enregistrer à Reading correspondait bien au son assez froid et chirurgical d'Hollow crown. Le Sud-Est américain et son soleil de plomb donneront à The here and now une atmosphère plus chaleureuse, sereine et plus facile d'accès. Au postulat technique succède une meilleure vision d'ensemble : dégagées les batteries triguées et le gain à 11, bonjour les lignes de chant et les guitares mélodiques. Mais ne vous y trompez pas, The here and now a ses moments de férocité : plongeons d'octaves ("Stay young forever"), tempi enlevés ("The blues"), cris rageurs..., mais le tout est savamment enrobé de mélodies apportées soit par le chant, soit par des guitares qui ont laissé au placard les power chords pour tâter de la tierce mineure. Plus complet, plus abouti, The here and now possède une dynamique bien plus rebondie que ses prédécesseurs. "Heartburn", seule pièce dispensable, balade l'auditeur un moment avant que l'album ne se finisse dans un furieux duo entre Sam Carter et Greg Puciato ("Year in year out/Up and away"). Pour un groupe qui a admis avoir enregistré des albums à la gloire de The Dillinger Escape Plan - Ruin, pour ne pas le citer -, afficher un featuring avec son frontman a de quoi prouver aux sceptiques l'importance de la marche gravie. Car avec leur album le moins violent, les Anglais ont su sortir du lot des productions actuelles en revendiquant finalement une attitude qui se révèle être des plus "métal" : faire exactement ce dont on a envie, sans rendre de compte à personne. A 22 ans, les Architects ont déjà tout compris.

Architects / Chronique LP > Hollow crown

Architects - Hollow crown BIDIBIM royal, premier titre de cet Hollow crown et première marave monume(n)tale : "Early grave". La puissance de feu de croiseur des Architects anglais a de quoi faire vaciller la couronne. Riffing de tueurs, une section rythmique qui castagne les enceintes et des jeunots qui sur un seul coup de semonce carbonisent déjà les amplis : la harangue respire le hardcore, les pulsions métalliques se chargent du reste, en un titre, la scène metalcore semble avoir trouvé ses nouveaux maîtres. En deux, on en est sûr. Parce qu'avec le bien nommé "Dethroned", le groupe achève le travail et renverse le pouvoir établi.

La concurrence, Bring Me The Horizon compris, peut aller se rhabiller, les nouveaux Architects du genre ont renversé l'échiquier en place pour en redessiner directement les contours. Fondations hardcore punk ("Numbers count for nothing"), des wagons de riffs mastoc ("Follow the water") à tous les étages, quelques soli fulgurants bien sentis pour refaire la déco', les soubresauts de sa Majesté se paient le protocole façon sport et s'assoient sur une montagne d'amplis pour contempler leur oeuvre avec l'arrogance de leur jeunesse conquérante. Qui plus est quand il s'agit dans rajouter une grosse couche, avec au choix "In elegance", là où les surdoués anglais se montrent à la hauteur du défi auto-imposé, à savoir défoncer un peu plus les cloisons sans se répéter et insuffler ce petit côté épique que l'on espérait d'eux. Mission accomplie, les yeux fermés qui plus est ("We're all alone", "Borrowed time").

Quelques secousses mélodiques plus tard avec l'intense "Every last breath" et voici que les Architects repartent au charbon, la fleur au fusil avec un "One of these days" qui ne s'embarrasse pas des convenances. Les anglais sortent l'artillerie lourde et font alors monter la pression d'encore quelques crans (d'arrêt) supplémentaires. Une démonstration de puissance et d'efficacité imparable que "Dead march" s'attelle à confirmer avec une conscience professionnelle irréprochable (malgré un climax un tantinet marshmallow). Les riffs sont toujours plus aiguisés et s'enfoncent profondément dans la chair, la technicité de pointe des jeunes coreux s'affirment encore un peu (ils ne cachent pas leur admiration pour Dillinger Escape Plan et essaient parfois tant bien que mal de s'en approcher...), notamment sur "Left with a last minute", ce, avant de tout casser une dernière fois sur l'éponyme "Hollow crown" complètement taillé pour le live. Redoutable.

NB : A noter que la version collector a droit à un supplément de rage brute avec le titre bonus "To the death" qui n'a pas à rougir avec le reste du tracklist originel de l'album.