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Attention, Les Finlandais d' Apocalyptica oeuvrent dans un domaine peu exploré jusqu'alors... Loin de la scène hard et encore plus loin de la salle Pleyel et consorts, le principe d'Apocalyptica est fort simple : prenez 4 violoncellistes et mettez leur des partitions de Metallica, voilà en gros la base d'Apocalyptica !

Review Concert : Apocalyptica, ApocalypticAéronef (nov. 2007)

Review Concert : Apocalyptica, Apocalyptica au Splendid de Lille (mars 2001)

Interview : Apocalyptica, entrevue nordique (mars 2001)

Apocalyptica / Chronique LP > Wagner reloaded

Apocalyptica - Wagner reloaded Issus du monde du classique, les violoncellistes rebelles d'Apocalyptica se sont forgés un nom en venant exciter leurs cordes sur du Metallica puis sur tous les hits du métal... Ils ont ensuite peu à peu évolué, travaillant sur des oeuvres moins métalliques ("Hall of the mountain king" est signé Edvard Grieg avant d'être repris par les Who, Deep Purple et d'autres...) et créant dorénavant la grande majorité des morceaux qu'ils enregistrent. Après avoir fait un clin d'oeil à Beethoven (7th symphony), les voilà qu'ils sont invités à fêter les 200 ans de la naissance du plus rock des compositeurs classiques : Richard Wagner ! Impossible pour eux de refuser un tel projet, en effet, la ville de Leipzig honore son plus célèbre habitant par un spectacle de danse et de musique, Gregor Seyffert gère les chorégraphies tandis que la bande-son est confiée aux Finlandais et à sa tête pensante Eicca Toppinen. Celui-ci va donc écrire ce nouvel album avec comme point central de son inspiration l'auteur de "La chevauchée des Walkyries", en live (l'album est capté lors du concert du 5 juillet) le groupe est accompagné du MittelDeutscher Rundfunk Symphony Orchestra dirigé par Sven Helbig qui cosigne d'ailleurs 3 titres avec Apocalyptica.

Wagner Reloaded raconte donc une histoire, même sans parole, commençant avec une "Genesis" et se terminant avec une "Destruction", passant par différents états (des plus agressifs "Fight against monsters" ou "Stormy Wagner" aux plus doux "Lullaby" ou "Running love") et ne se contentant pas d'honorer Richard puisque Ludwig (dont il était fan) est également de la partie ("Ludwig - Wonderland" puis "Ludwig - Requiem" avant le final). Avec leur batterie (même quand ce n'est pas Lombardo derrière) et un orchestre symphonique en renfort, un thème imposé et un public de connaisseurs, Apocalyptica est dans ses petits souliers et use de ses talents pour faire son petit effet sur un public qu'on entend bien réagir, reste à savoir s'il est bluffé par les attaques des Finnois ou par le spectacle en lui-même, certainement les deux, mais nous n'avons pour l'heure que la musique (à quand le DVD ? Certainement après les quelques nouvelles dates prévues en 2014). Et c'est déjà impressionnant. Marqués par l'opéra et les élans de leur cousin germain, les violoncellistes s'en donnent à cœur joie pour livrer ce qui est certainement leur œuvre la plus monumentale, ne reculant devant rien pour donner du relief à leurs compositions, le cadre leur permettant d'être grandiloquent, de casser les rythmes et de jouer avec d'autres sonorités, ainsi "Flying dutchman" (inspiré de l'ouverture de l'opéra éponyme) pourrait servir à de nombreuses scènes de films (et pas seulement Apocalypse now !). Le groupe s'éclate même à jouer avec des passages classiques parmi les plus célèbres (l'intro de "Path in life", l'outro de "Creation of notes"), les amalgamant de manière explosive à leurs compositions empreintes du souffle du génie allemand tout autant que des rafales de leur métal adoré.

Les Apocalyptica ont réconcilié les amateurs de gros son avec les instruments classiques, redonnant l'envie à nombreux combos de tenter des expériences symphoniques (Metallica en premier lieu), avec ce Wagner Reloaded, ils pourraient bien amener des amateurs du compositeur d'Outre-Rhin vers des musiques amplifiées et saturées, rien que ça.

Apocalyptica / Chronique LP > Apocalyptica

Apocalyptica - S/t Le Hellfest étant pour bientôt, c'est l'occasion pour nous de revenir sur certains artistes, ou plutôt sur certains albums non-chroniqués jusqu'alors sur le W-Fenec, toujours en attente de rattrapage rédactionnel. En septembre dernier vous avez eu la chance de lire la chronique du dernier Apocalyptica, 7th symphony, et aujourd'hui nous revenons sur l'album éponyme des finnois, sorti en 2005.
Groupe phare de la scène heavy metal finlandaise grâce à l'originalité des instruments choisis, des violoncelles osons le rappeler (et espérons que vous le saviez déjà, tout de même...), Apocalyptica a marqué la dernière décennie de l'histoire du metal. Grâce aux finlandais, le genre connaissait alors un renouveau grâce à cette alliance d'instruments classiques avec le heavy metal traditionnellement interprété par le combo guitares, basse, batterie. Depuis, d'autres ont innové à leur manière, comme My Own Private Alaska en alliant la beauté céleste du piano et un chant screamo, mais ceci est une autre histoire et d'un autre genre musical. Ici, l'album Apocalyptica mélange avec plus ou moins de réussite des morceaux 100% instrumentaux, des reprises et des compositions originales soutenues au chant par trois invités (Lauri Ylönen de The Rasmus sur « Life Burns », la française Manu de Dolly sur "En vie", et Ville Valo de HIM avec de nouveau Ylönen sur "Bittersweet").
C'est, je dois le dire, le seul album d'Apocalyptica que je réécoute fréquemment du fait de la diversité de ses pistes. Mélodieux ("Misconstruction", "Bittersweet", "Quutamo"), puissant et épique ("Fisheye", "Life Burns", "Fatal Error", "En vie"), cet éponyme est un indispensable et détenteur de quelques morceaux parmi les plus appréciés du groupe.

Apocalyptica / Chronique LP > 7th Symphony

Apocalyptica - 7th Symphony Depuis son irruption fulgurante sur la scène metal internationale avec un concept osé mais assumé et un disque de reprises de Metallica, Apocalyptica s'est affirmé en deux albums Cult et Reflections, quasi irréprochables de bout en bout, un DVD live en forme d'apothéose (les prestations scéniques des finnois étaient régulièrement homériques) avant de sortir un best-of assez oubliable et de se perdre au son des sirènes du marketing avec le très poussif (voire médiocre) Worlds collide, du reste bien emballé dans un écrin au visuel d'une laideur innommable. Apo' avait depuis longtemps décidé d'incorporer des parties de chant dans ses morceaux ; et si au départ, ça passait pour une bonne idée, la récurrence de l'exercice les a poussé à commettre des morceaux sur lesquels on regrette encore d'avoir posé un demi-tympan. Quid de ce 7th symphony, septième album (ça alors...), des nordiques ?
Un artwork des plus honorables, Dave Lombardo (Slayer) encore une fois en guest derrière les fûts, un très bon titre inaugural ("At the gates of Manala") et une production maousse quoiqu'un peu lisse sur la durée (signée Joe Barresi - Kyuss, QOTSA, Tool, The Melvins) - et Howard Benson - Against de Sepultura c'était lui, Popaganda de Head Automatica, lui aussi, ainsi que 4 albums de Motörhead...), ce nouveau cru s'annonce sous les meilleurs augures ; et si Gavin Rossdale (Bush) vient pousser la chansonnette sur un "End of me", c'est certes radiophonique, mais encore acceptable, un "2010" tout en sauvagerie instrumentale portée par la batterie de tonton Dave, ce 7th symphony n'est pas le four que l'on pouvait craindre. Par contre, le groupe s'est encore senti obligé de faire n'importe quoi sur une poignée de titres, comme inviter le "chanteur" des tâcherons de Shinedown, Brent Smith sur l'abominable "Not strong enough" ou à un degré moindre la vocaliste de Flyleaf sur le très pop-nu-metal et un peu marshmallow "Broken pieces" (pour les radios ça passera ceci dit et c'est déjà ça de pris...).
Ceci étant, il y a de très belles choses on l'a dit sur 7th symphony. Le classique mais élégant "Beautiful", un "On the rooftop with Quasimodo" puissant et onirique malgré un titre un peu curieux et surtout la grosse baffe métallique, speedé, ravageuse qu'est "Bring them to light" avec un certain Jo Duplantier de Gojira en guest vocal. Voilà qui change quelque peu de la plaisanterie Brent Smith et qui démontre que malgré quelques choix douteux, les finnois ont pour eux le fait de vouloir varier les collaborations selon leurs envies, peu importe les volées de critiques acerbes qui suivent derrière. D'autant que le groupe peut également compter sur sa propre capacité à écrire des morceaux dont la qualité est largement supérieure à la moyenne ("Rage of Poseidon"), quand bien-même on n'attend pas le niveau de composition d'un Cult ou d'un Reflections ("Sacra" est quand même bien redondant), dommage qu'ils soient encadrés par des titres calibrés pour faire sauter la banque (du moins sur le principe). Et si le prochain album était cette fois un retour aux sources exclusivement instrumental avec un son bien roots ? Parce qu'en l'état, les dernières livraisons d'Apo' restent un peu frustrantes malgré d'évidentes qualités techniques et artistiques, mais également quelques défauts de conception.

Apocalyptica / Chronique DVD > The life burns tour

Apocalyptica : The life burns tour On l'attendait un peu ce DVD live d'Apocalyptica, d'une parce que c'est à la mode et que quand on est chez une major (Sony BMG), on est un peu obligé de faire comme tout monde, et de deux, parce que pour faire patienter les fans entre deux albums, il fallait au moins ça. Cela ajouté au best of (Amplified : a decade of reinventing the cello) qui l'a précédé dans les bacs quelques semaines auparavant, les inconditionnels du groupe ont du matos à se mettre sous la dent. The Life burns tour donc, un DVD à l'artwork très classe, comme souvent chez les violoncellistes finnois (cf la pochette du single "Bitersweet" ou celle de Reflections), avec au programme un live enregistré à Düsseldorf (Allemagne), des clips et quelques bonus traditionnels : un docu sur la tournée US et un EPK du single "Repressed" (en trio avec Max Cavalera et Matt Tuck de Bullet 4 My Valentine). Rien de très original en complément du live donc, vu que les clips sont ceux des singles ou collaborations du groupe avec des vocalistes pas toujours talentueux (Lauri Ylönen ou Ville Valo par exemple...). Reste des vidéos très "promotionnelles", (en même temps, c'est le but), pas du tout impressionntes visuellement ("Life burns", "Repressed"), frisant le ridicule parfois ("Faraway vol. 2")... Pour faire plus court, le seul véritable intérêt de ce DVD live, c'est comme souvent... le live. Evidemment.
Et là par contre, on prend une belle claque. Ceux qui (comme votre serviteur) n'ont jamais eu la chance de voir Apocalyptica en live assisteront à une démonstration de maestria formelle assez impressionnante. Ecouter "Path" ou "Hope" sur CD, c'est déjà quelque chose, mais là en live, ça envoie du gros. La set-list est en béton armé (une seule petite fissure, l'absence du titre "Romance"...), le son, impeccable, les mouvements de caméras relativement correct, rien à redire, d'autant que les membres du groupe se lâchent et mettent le paquet niveau prestation scénique. Rien que pour donner envie, citons en vrac "Betrayal", "Master of puppets", "Somewhere around nothing" ou "Enter sandman", en clair, que tu très lourd. Rien qu'avec ça, The Life burns tour, vaudrait son pesant de cacahuètes... sauf qu'en guise de 19ème et 20ème titres, Apocalyptica nous sert l'énormissme "Refuse/resist" (la première fois que l'on se surprend à headbanguer sur son canapé... sic) et embraye directement avec le non moins monstrueux "Hall of the mountain king" (exécuté à un tempo plus élevé que sur l'album...). Maîtrise technique hallucinante (les finnois peuvent carrément jouer ça les yeux fermés), puissance démentielle, on en prend plein la face et là, on se dit que oui, ce DVD vaut le coup d'oeil, mais surtout qu'il faudra se jetter sur la billeterie dès qu'Apocalyptica passera dans le coin...

Apocalyptica / Chronique LP > Amplified

Apocalyptica : Amplified - a decade of reinventing the cello C'est à la mode, après les KoRn, Placebo et Motörhead, Massive Attack, les plus grands noms de la musique rock/pop ou métal se mettent à compiler leurs meilleurs compos dans ce que l'on a coutume d'appeler un best of, parfois même, un peu prétentieusement un "greatest hits". Pas toujours best ni greatest du reste, selon les groupes. Pourtant ça fonctionne, ça marche tellement bien que d'autres formations d'envergure un peu moins importante s'y collent aussi. Et après Feeder il y a quelques semaines, voilà que ce sont les finnois d'Apocalyptica qui s'y collent, le temps d'un double CD, au titre pas du tout compliqué à retenir : Amplified : a decade of reinventing the cello. Traduction pour les non-anglophones : "une belle décennie à réinventer le métal à l'aide d'un instrument, en principe, pas forcément approprié : le violoncelle". Et en commençant par rien moins que Metallica (Plays Metallica by four cellos). Entre les mains de médiocres violoncellistes, ça aurait donné un résultat plus que douteux, mais quand on s'appelle Apocalyptica, ça en fout plein les mirettes. Voilà, c'est injuste mais c'est comme ça.
Deux disques donc pour cet Amplified, le premier exclusivement composé de titres instrumentaux, principe originel de la musique de la formation finnoise, le second, recelant les diverses et plus ou moins hasardeuses collaborations des violoncellistes avec des chanteurs venus, pour la plupart, du monde du rock et du métal. Pour le premier CD, rien de très suprenant, si ce n'est la relative petite place laissée à aux titres extraits de Cult, le meilleur album du groupe (et j'ai raison... point barre, sic). On commence par les très classiques "Enter sandman" et "Harmageddon", on ne se lasse pas de prendre, encore une fois, une belle baffe en pleine face à l'écoute de "Refuse/resist", l'énorme reprise du classique de Sepultura, on est encore scotché devant la démonstration de force du très massif "Betrayal", on s'inclune devant la maestria virtuose de "Hall of the mountain king" et on est évidemment emballé par l'intensité émotionnelle et la pureté mélodique qui se dégage d'un "Heat" ou "Kaamos". Last but not least, on a même droit à un petit inédit avec le brillant exercice de technique pure qu'"Angel of death". Jusque là, pas grand chose à redire, sinon (un bémol quand même), qu'il est inconcevable de ne pas avoir inclu "Hope", "Romance" et "Struggle" dans ce best of (enfin, pour faire plus court, les deux tiers de l'album Cult...). Quoiqu'il en soit, les membres d'Apocalyptica ont fait leur choix, et après mûre réflexion, se sont reservés la possibilité de donner une suite à cette compilation. Argument économique, quand tu nous tient...
Venons en maintenant au deuxième acte de cet Amplified : les collaborations. Entre grâce et puissance destructrice, on a droit au choix au sympathique mais pas inoubliable "Repressed" (avec le chanteur de Bullet for my Valentine et un certain Max Cavalera au micro) ou "En vie" avec Manu de Dolly. Malheureusement, il nous faut encore supporter les deux infâmes featuring de Lauri Ylönen (The Rasmus) sur "Bittersweet" et "Life burns"; où quand un grand groupe cède aux sirènes du mainstream calibré pour les masses radiophoniques. Triste. On n'a alors pas envie de terminer sur une fausse note et Apocalytica a encore dans sa manche suffisamment d'atouts maîtres pour rattraper le coup. En l'occurence un "Hope" un peu emphatique avec Matze Sayer au chant et surtout l'excellent "Path" dopé par la présence aux vocalises de l'étonnante Sandra Nasic (Guano Apes). On l'a compris, si Amplified : a decade reinventing the cello, a la charge de dresser un panorama honnête de l'oeuvre d'Apocalyptica, il rappelle que le groupe n'est jamais aussi bon que lorsqu'il se limite à briller avec ses violoncelles. Tout simplement.

Apocalyptica / Chronique LP > Reflections

apocalyptica_reflections.jpg Quatrième album des virtuoses finnois, Reflections a la très lourde tâche de passer après le chef d'oeuvre Cult, sans aucun doute l'album le plus abouti du groupe. Pour ce nouvel opus, Apocalyptica a perdu l'un de ses membres en la personne de Max Lilja, mais enregistre le renfort, sur quelques titres, d'un certains Dave Lombardo aux fûts. Le batteur de Slayer et Grip Inc. aux côtés des violoncellistes furieux d'Apocalyptica, voilà une affiche de rêve, pour un album très attendu.
S'ouvrant sur le très "speed-metal" "Prologue (apprehension)", Reflections démarre très fort, le désormais trio de violoncellistes lâchent les chevaux d'entrée bien aidés en cela par un batteur qui assure une rythmique ultra carrée. Mélodie efficace, vitesse d'exécution toujours aussi exceptionnelle chez les musiciens d'Apocalyptica, l'entrée en matière est réussie et laisse augurer le meilleur pour la suite. Qui ne déçoit pas avec le second titre du disque, le phénoménal "No education" et ses passages calmes romantiques (qui font penser à la BO du film Gladiator) alternés avec les plages lourdes et puissantes. Du métal au violoncelle, une technique irréprochable et des mélodies imparables) les finlandais appliquent la même recette que sur Cult et c'est toujours aussi jouissif. "Faraway" et ses passages de virtuosité pure puis le monstrueux "Somewhere around nothing" et ses influences très orientales confirment cette tendance, Apocalyptica est décidément très en forme.
Et pourtant. la suite déçoit quelque peu, 5e titre du CD, "Drive", ballade romantique est agréable à la première écoute, puis dès les suivantes, un peu trop convenue. Verdict similaire sur "Cohhka" et "Ressurection", des morceaux plus orientés métal, on a tendance a s'ennuyer un peu, malgré quelques éclairs de génie. Heureusement il y a "Conclusion", septième morceau de ce Reflections, où le piano accompagne les violoncelles pour un titre magnifique à la mélodie apaisante et aux envolées ennivrantes. Nouvelle baisse de régime sur "Heat", titre qui ne restera sans doute pas dans les annales mais Apocalyptica va se rattraper avec la suite.
"Pandemonium", titre calme à la puissance mélodique rare, uniquement interprété au violoncelle nous montre une nouvelle fois que ces finlandais ne sont pas que des techniciens de génie. Ils savent composer des mélodies véritablement envoûtantes. Eicca Toppinen, Perttu Kivilaakso et Paavo Lötjönen, bien aidés en cela par Dave Lombardo, aiment le metal et le prouvent avec le lyrique "Toreador II" et surtout "Epilogue (Relief)" dernier titre de cet album. Puissant, abouti, massif et mélodique, ce final est la synthèse parfaite de tout ce que sait faire Apocalyptica.
Parfois décevant, souvent impressionnant, d'une maîtrise technique exceptionnelle, cet album, même inférieur à son prédécesseur, est une oeuvre à découvrir.

Apocalyptica / Chronique LP > Cult

apocalyptica : cult Après un premier album composé de reprises de Metallica, un deuxième LP composé de reprises diverses venant du monde du métal et incluant également des compositions, le troisième opus d'Apocalyptica débarque. Reprenant les divers changements des albums précédents, l'évolution tant annoncée se poursuit, la chrysalide devient papillon. Presque entièrement composé par Apocalyptica, Cult est l'album d'un Apocalyptica qui a réussi à trouver sa voie et son compositeur. Eicca Topinen, accompagné de ses 3 comparses dissème toujours autant de collophane sur le métal. Antero Manninen remplacé par Perttu Kivilaasko, c'est un Apocalyptica mûr qui a vu le jour. Mariant les styles, refusant les conventions, Cult ouvre sur "Path", bonne synthèse de ce que dispense le groupe. Basse continuando très saturée, jouée près du chevalet, une mélodie qui s'envole s'élève au-dessus. Des arrangements modernes aux milieux d'influences classiques, où l'inverse... Les archets tréssautent, virevoltent, les violoncelles jouent les percussionnistes. Ont-ils perdus leur authenticité en débauchant des percussions, qui ne sont plus seulement assurées grâce aux violoncelles, mais grâce à cimbales et consorts ? Sûrement pas. Alliant morceaux calmes, voir romantiques, aux compositions hargneuses et rageuses de Eicca, Cult est une connection étonnante, une collusion et une collision du métal et du classique. En parlant de romantique, "Romance" vient juste à point nommé pour illustrer magnifiquement la capacité d'Apocalyptica à engendré des morceaux mélodiques, ou classicisme rime avec modernisme. Les mélodies s'envolent au gré du vent. Comme Métal est souvent collé à côté de Apocalyptica, "Pray ! " montre le côté obscur du violoncelle, une densité et une clairté qui se retrouve dans Inquisition symphony. Explorant une dimension inconnue et étrange, la musique est abordée différement grâce aux possibilités nouvelles du violoncelle, et de la manière dont il est joué. Morceau empreint d'une grande mélancolie, d'une noirceur, et d'une profonde affection, "In memoriam" est dédicacé à la mémoire de l'ingénieur du son Tapsa Vihersaari. Introduction mélancolique, à 1 minute 14, c'est la furie qui se déchaine, une mélodie torturée, montante, descandante, aidée par une basse incessante, qui martele sa ligne. Désespoir et colère semble s'être donné rendez-vous dans ce morçeau. C'est toute la justesse des arrangements d'Apocalyptica qui fait la différence. Hyperventilation, prenez bien votre respiration, et puis plongez. Changement de tempo, lignes dévastatrices, cymbale importune, imprévisible, glissando hurlant, passage calme et tendu... Arpèges innovants, fond sonore qui appuie la mélodie, tout Apocalyptica est là, "Beyond time". Avec sa mélodie porteuse d'espoir qui sort des tranchées, la broderie tissée est indesciptible, si précise, et si grossière, non une main de fer dans un gant de velours, mais l'inverse. En dehors des annecdotiques reprises qui propulsèrent les finlandais, Apocalyptica trace maintenant son chemin de lui même. "Kaamos", ses changements de rythmes et l'utilisation inhabituelle des percussions. Une montée progrssive en puissance, en volume, puis plus rien, la chute. "Coma", douce mélopée, lent reflet, un écho dans le lointain, réponse imaginaire, légère torpeur hypnotique. Une réflexion solitaire, penché sur un violoncelle, errant dans les limbes, près d'une N.D.E. (Near Death Experience). L'origine du morceau est à chercher loin dans l'univers et l'imaginaire de Eicca Topinen. N'oublions pas le faible de Apocalyptica pour Metallica et les reprises, mais cette fois n'est pas coutume, parmi les trois morçeaux bonus bien séparés des autres, on retrouve "Hall of the moutain king" qui se traduit par Dans la grotte du roi de la montagne, de Edvard Grieg, compositeur norvégien. Morceau extrait de Peter Gynt, où on peut retrouvé La chanson de Solveig, La danse d'Anitra... Prendre un morceau classique et le malmené comme ça, ils se sont fait plaisir. Doucement à pas mesuré, l'antre du roi de la montagne s'ouvre à nous, puis de plus en plus bruyamment, l'inquisition se poursuit, c'est un cauchemar, une splendeur inattendue, grandiose... Puis pour les afficionados du genre, les deux petites reprises de Metallica : "Until it sleeps" et "Fight fire with fire". Comme d'hab, pour trouver Cult, il va falloir chercher...

Apocalyptica / Chronique LP > Inquisition symphony

apocalyptica : inquisition symphony Attention ! Apocalyptica revient, mettez vos oreilles à l'abri des coups d'archets, hors de portée des coups assassins ! première nouvelle : Apocalyptica ne se retrouve plus parmis les albums de Metallica... Non content de nous assomer avec des reprises de Metallica, cette fois-ci les Finlandais rappliquent avec : Faith No More, Sepultura, Pantera, evidemment encore Metallica, et choses nouvelle des compositions bien à eux. Ce métal de chambre serait-il en train de se faire un public ??? Eicca Toppinen, grand maître d'oeuvre de cette Symphony, nous sert des morçeaux de choix... "Refuse/Resist" au violoncelle...
"Harmageddon", premier morçeau de l'album est l'oeuvre de Eicca Toppinen, morceau d'un grande noirceur... c'est du Apocalyptica, donnant le ton sur le reste de l'album, il déclenche les hostilités. Allant même jusqu'a interpréter "For whom the bell tolls", de la bande à James Hetfield, Les Finlandais semblent assez contents de l'expérience qu'ils ont eu avec le premier album. Un "Nothing else matters" des plus enchanteur, comme avec l'habitude, Apocalyptica est là pour nous rappeller qu'ils jouent avec violoncelles !!! Clamons le bien fort : Apocalyptica joue du violoncelle, et non de la guitare... S'ils ont un son aussi particulier, c'est qu'il maitrise (même beaucoup...) leurs instruments.
"Refuse/Resist" vous plonge dans la boue, tête la première, vous débattre est inutile, la densité et le son obtenu par Apocalyptica est exemplaire. Comparé le morçeau à l'original, il n'y manque que la voix. "Refuse/Resist" permet à Apocalyptica de donner toute sa dimension à son interprétation; le violoncelle serait-il aussi fait pour cette marmelade sonore ? OUI, profitez en, faites le écoutez à tous vos potes. Qui aurait imaginé un jour avoir un truc acoustique qui jouerait ce morçeau monumental ?!? Personne, pourtant c'est d'une puissance rarement égalée...
Pour continuer dans l'orgie acoustique "M.B. " par Eicca Toppinen lui même, son style est précis, pointu... L'influence de Metallica est ressentie très fortement dans le morçeau. Suit "Inquisition symphony", titre dont l'album tire son nom. Ce morceau, c'est l'extase, si je fais écouter ce morceau à ma prof de violon elle fait une crise cardiaque... "Sans maitrise, la puissance n'est rien" !, Apocalyptica a les deux dans l'archet...! Pour s'en remettre "Fade to black"... "Toreador" virevolte une dernière fois avec l'orage. Il est à noter que le dernier morceau n'a pas été adapté par Eicca Toppinen, mais pas Max Lilja.
L'album est maelstrom de riffs, de mélodies, de basses profondes, engendrant une oeuvre magistrale, ne se limitant plus à Metallica, Apocalyptica semblent avoir trouvé sa voie. Cette fois, l'album est distribuée normalement en France, et n'est plus étiquetté 'Metallica' comme auparavant... En vente dans toutes les bonnes crèmeries...

Apocalyptica / Chronique LP > Plays Metallica by four cellos

apocalyptica : plays met' by 4 cellos Metallica, au violoncelle, le concept à de quoi heurter, et fait forcement sourire... et pourtant. L'approche est plutôt brutale pour un violoncelle, mais le résultat est relativement intéressant. Les solos donnent à cette oeuvre toute sa dimension en mettant en avant la chaleur et le grain du violoncelle ("Enter sandman"), qui alliés à la rythmique 'marteau-piqueur' bien crade, typique d'un jeu près du chevalet, montrent l'interêt d'un tel croos-over ("The unforgiven", "Sad but true"). Lors de rares occasions, les quatre violoncelles prennent de l'ampleur dans l'interprétation, en jouant des parties réellement distinctes, et non une redondance rythmique abusive. A coté d'une légèreté spatiale ("Welcome home (sanitarium) "), cet album garde la lourdeur, voire même alourdit les parties rythmiques, se laissant même emporter dans cette atmosphére pesante sur certains gimmicks, mais celà reste assez épars.
Rare est le public sensible à un tel album, (après tout qui écoute à la fois des trucs classiques et des trucs bourrins ???), il mérite malgré tout, sa chance par son carcatère expérimental, innovateur et loin des sphères intéressées de la distribution massive. D'ailleurs pour vous le procurer, je vous souhaite bonne chance, Polygram ayant décidé de ne pas le distribuer en France (on est trop polio ou quoi ?), essayer quand même les rayons imports de votre fournisseur de burin pour vos cages à miel ;)