Il faut être honnête : on a souvent tendance à aller jeter une oreille ou deux de l'autre côté de nos frontières histoire de bien voir que l'herbe est souvent plus verte ailleurs. Notamment en matière de hardcore metal qui dépouille. Oui, mais pas toujours. Parce que là, dès "Long black half hair", titre inaugural de Sick, sorti chez la crème des labels indie hardcore hexagonaux, Anorak fait parler la poudre d'entrée de jeu et réduit l'auditeur en chair à canon en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Un riffing qui concasse les neurones par pack de douze, rythmique infernale flirtant avec le grindcore des familles et hurlements corrosifs de rigueur, le groupe met d'entrée les c... sur la table de mixage, enlève le haut et annonce la couleur. En gros ça va chier... et pas qu'un peu.
Les attaques de guitares semblent ne jamais pouvoir cesser, pas plus que les soubresauts métalliques discontinus d'un groupe qui carbonise les amplis en bucheronnant ses instruments avec un "Wood philosophy" sous haute tension punkoïde. Lancés à plein volume, les Anorak lâchent les chevaux et distillent alors un "Covered with mud" hardcore'n'roll taille XXL aussi dantesque que subversif, bientôt suivi d'un "The mirror building" bien velu techniquement parlant et sur lequel ils montent en pression à une vitesse pas possible pour en mettre plein partout dans les enceintes. Saignant et salvateur, le groupe butine les conduits auditifs et n'en perd pas une miette, surtout que ça continue encore comme ça jusqu'au terme de l'album, avec notamment un "Crowded sunny streets" qui tranche dans le gras à la scie-sauteuse et balance du parpaing façon café-crème dans la face de l'auditeur.
Sick est un brûlot HxC punk métallique à lui tout seul, un condensé de rage brute et rock'n'roll biberonnée à la testostérone depuis le premier âge. On le sait : Anorak, ça joue vite et ça frappe fort, à tel point que l'on a l'impression de passer l'album à se faire gueuler dessus par un "Guru" qui se serait levé du mauvais pied, avant en plus de se prendre un dernier double coup de rein avec "Sticky sand" et enfin le compresseur "Demonstrating my slime". Là autant dire que la répétition des uppercuts commence sérieusement à se faire ressentir, le groupe flirtant parfois avec une légère redondance qu'annihile rapidement son implacable force de frappe... et les décharges de haine qui l'accompagnent. Parfois un brin facile mais invariablement efficace. Redoutable même. Compactant les membranes comme personne, l'album empile les riffs les plus carnassiers qu'il a à sa disposition et dévore la bande son comme un chien enragé, conséquence logique de l'appétit féroce avec lequel il pilonne les tympans depuis la première seconde, une frénésie maladive qui contamine l'auditeur à une vitesse folle et met tout le monde d'accord. Ce Sick-là est certainement la branlée hardcore du moment.
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