metal Métal > Angel Eyes

Biographie > Angel A(ïe)

Originaire de Chicago (comme Pelican), Angel Eyes voit le jour en 2003 et se compose de Bob, Brendan, Nader, Ryan et Todd. Deux ans après sa création, le groupe sort son premier album dans une veine post-noise/rock/screamo (un peu comme Pelican tiens...) via Underground Communique Records (2005), suivi deux ans plus tard par l'EP ... And for a roof a sky full of stars. La même année, le groupe publie un deuxième EP autoproduit avant de signer l'année suivante chez Concubine Records, chez qui sort en 2008 un 12'' intitulé Quiet before the storm. La petite consécration vient fin 2009 lorsqu'Angel Eyes signe chez The Mylene Sheath (Caspian, Constants, Junius, Gifts from Enola...), chez qui sort à l'été suivant l'album Midwestern.

Angel Eyes / Chronique LP > Midwestern

Angel Eyes - Midwestern Angel Eyes, c'est typiquement le genre de musique qui s'adresse à ceux qui aiment plus que tout apposer et enlever des étiquettes sur un groupe. Soyons honnêtes, on l'a tous plus ou moins fait un jour. Et avec Midwestern, les cinq Chicagoans ont mieux qu'une simple parade, presque une provocation à l'encontre de ceux (notamment les journalistes et "critiques rock" qui font et défont un groupe en le mettant dans une case). Parce qu'avec cet album, les américains développent un post-metal non-conventionnel à destination de ceux qui aiment la noise sulfurique, un screamo-rock écorché vif pour ceux qui aiment le postcore-métallique de Pelican (c'est bon tout le monde suite ?), l'ensemble, parsemé de quelques flagrances ambient, drone et/ou shoegaze, étant scindé en quatre mouvements ("Part One" à "Part Four"), le temps de quelques quarante trois minutes d'une plongée immersive dans tout un pan de la musique rock/metal expérimentale et alternative nord-américaine.
Un son dense et abrasif, amplifié par des arrangements de forte amplitude thermique, une frappe lourde et incisive, des éclairs de rage brute qui viennent foudroyer des moments de mise en abîme post-noise sauvage et sans concession ("Part Two"). Sans jamais sacrifier à la figure quasi imposée du crescendo éruptif final (un "Part One" sublime), Angel Eyes distille ici une musique hybride que l'on ne saurait trop comment qualifier, ni-même décrire, si ce n'est en disant qu'elle submerge littéralement l'auditeur de ses déferlantes émotionnelles, (em)portées par des titres fleuves, aux structures certes parfois complexes et pourtant d'une effroyable efficacité. Car sur ce Midwestern, on passe en près de 3/4 d'heures du feu à la glace, de la tension extrême, à l'apaisement contemplatif absolu... Et vice versa. Du metal alternatif lourd au post-rock efflorescent matîné de screamo hardcore bouillonnant ("Part Three"), Angel Eyes livre avec cet album une oeuvre étouffante, passionnelle et enfiévrée ("Part Four"), portée par une maîtrise de tous les instants et un sens aigu du conflit émotionnel ici emmené à son paroxysme. Bluffant.