metal Métal > Anchor

Biographie > Anchormen

Originaire de cinq villes suédoises (Göteborg | Stavanger | Lund | Tranås | Stockholm) et donc assez logiquement composé de cinq membres (Claes - Mattias - Ulf - Fredrik & Carl-Johan), Anchor est un combo hardcore punk metal dont on sait finalement peu de choses, sinon qu'il a sorti un album en 2008 (The quiet dance) puis un EP l'année suivante (Relations of violence). Fort de ces premiers faits d'armes, le groupe signe chez l'écurie allemand Let It Burn Records (Bear, Poison My Blood, To Kill, The Haverbrook Disaster..) et sort aux premières lueurs de l'été 2011 l'album Recovery.

Anchor / Chronique LP > Recovery

Anchor - Recovery Onze morceaux = 33 minutes. Pas une seconde de plus. Un affaire rondement menée et une punition millimétrée administrée par un gang de scandinaves pas contents qui démarrent pourtant assez tranquillement avec un "Testament" hargneux certes, mais pas non plus d'une fulgurance phénoménale. Bon ça c'était pour la mise en route. Parce que rapidement, les Anchormen enclenchent la seconde et montent en pression en même temps qu'ils accélèrent la manoeuvre. Et là, ça tombe à une cadence plutôt soutenue avec les "Hemingway", "Awakening" et autres "Echoes" qui font turbiner les enceintes sans en faire trop ni pas assez, juste ce qu'ils font pour rendre le tout diaboliquement efficace. Quand on disait que c'était du genre précis chez eux, on ne se trompait pas.
Le groupe empile donc les riffs avec froideur méthodique typiquement nordique qui contraste (heureusement) avec la fougue que les gaziers mettent dans l'exécution de titres, fatalement courts et concis, mais pas pour autant en manque de caractère. Pas besoin d'un faire des tonnes pour faire envoyer ce qu'il faut. Anchor sait où il va et comme y aller. Son Recovery évitant ainsi tous les clichés de l'album de speed hardcore punk bas du front/ultra répétitif et qui va dans le mur pour varier les plaisirs, plutôt rock'n'roll (l'éponyme et turgescent "Recovering") ou foncièrement plus métallique "In sickness and in health", le groupe passe de l'un à l'autre de manière à maintenir un équilibre constant et une cohérence artistique qui colle parfaitement avec le côté "tout est à la fois calculé et redoutablement instinctif" qui fait ici la marque de fabrique du groupe.
Onze morceaux et donc trente-trois minutes pour un album qui lâche les chevaux ("The insight") ou au contraire retient ses coups ("Lake Elsinore"), pour mieux mettre en exergue un songwriting qui prend plus de corps à chaque écoute. Basique mais toujours efficace. Jusqu'au moment où, après une bonne poignée de titres déjà rentre-dedans, les suédois mettent un dernier coup d'accélérateur avec "No love" et "Sleeping world" avant de jeter toutes ses forces dans la bataille jusqu'au dernier titre et un "Skies of confinement" guerrier qui harangue une dernière fois l'auditoire avant d'appuyer sur "off". 1/3 punk + 1/3 metal + 1/3 rock'n'roll ou l'addition idéale pour un album, certes pas révolutionnaire mais largement assez bien troussé pour mériter toute notre attention. Et un joli coup de plus à mettre au crédit des gens de chez Let It Burn Records, pas les derniers dès qu'il s'agit de dégoter du hargneux qui désencrassent bien fort les cages à miel.