metal Métal > All Pigs Must Die

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Né en 2009 du côté de Boston, Massachusetts (USA) à l'initiative de Ben Koller (Acid Tiger, Cave In, Converge, United Nations) et de Kevin Baker (The Hope Conspiracy), All Pigs Must Die avec son patronyme provocateur voit son line-up complété rapidement avec l'arrivée en son sein du duo Adam Wentworth & Matt Woods, un temps échappé du groupe Bloodhorse. Le quartet entre rapidement au GodCity Studio de l'incontournable Kurt Ballou (Converge, Code Orange Kids, Ken Mode, Kvelertak, Trap Them...) et en ressort avec sous le bras un premier EP éponyme qui paraît en 2010 chez Nonbeliever Records.
Quelques mois plus tard, All Pigs Must Die rejoint la grosse écurie Southern Lord et réédite l'expérience avec Ballou pour cette fois mettre en boîte un véritable album long-format qui paraît l'année suivante (2011 donc) sous le titre : God is War.

All Pigs Must Die / Chronique LP > Nothing violates this nature

All Pigs Must Die - Nothing violates this nature Deux grosses années après le parpaing en pleine face que constituait God is War, le premier album du quartet américain, voici que les garçons bouchers de la scène crust/hardcore/punk sauvagement burnée remettent le couvert avec un Nothing violates this nature qui, dès son titre et le morceau d'ouverture des hostilités, annonce la couleur : ça va tronçonner et pas qu'un peu. On vient de le sous-entendre, ce "Chaos arise" chargé de re-mettre les compteurs dans le rouge et rappeler à quel point All Pigs Must Die a la rage chevillée au corps (à corps... ou hardcore) et ne fait pas les choses à moitié. Et ça s'entend d'entrée avec ces quelques 2'47'' d'une première chevauchée guerrière qui n'est pas sans rappeler le meilleur de Cavalera Conspiracy avec un zeste d'Entombed.

On passe les détails inutiles et on va à l'essentiel, soit là où le groupe donne dans le gros son qui tamponne sec. Le rush en format coup de poing fracassant et d'ailleurs la suite, "Silencer" en tête, n'en démord pas : APMD a faim et ne peut combler son appétit féroce qu'en dévorant goulument des montagnes d'amplis de manière à faire saigner les tympans et carboniser les enceintes (un "Bloodlines" de cogneurs). Le groupe a le goût du sang et son riffing carnassier s'en ressent, tout comme l'usage de la double-pédale, habitée par une frénésie décharnée, qu'il en fait ("Primitive fear") ; entre accélérations sulfuriques dynamitant des lignes de grattes explosives et un groove teigneux collant littéralement l'auditeur au fond du siège (en témoigne notamment "Holy plague" et sa décharge de décibels particulièrement haineuse).

La formule utilisée est connue, largement usitée par ailleurs mais la bande emmenée par Ben Koller ne compte pas la souiller en faisant n'importe-quoi. Au contraire, si le groupe a calibré son album à la demi-mesure près, c'est pour faire de son rendu final quelque chose d'extrêmement compact et rugueux ("Of suffering", "Aqim siege"). Parfois misanthrope aussi, sans le moindre temps mort, au bord du nihilisme forcené mais également souvent avec un certain esprit rock'n'roll qui lui sied parfaitement ("Sacred nothing"), All Pigs Must Die, toujours hébergé par la mini-major du Hard extrême qu'est Southern Lord, rend ici une copie parfaitement implacable ("Faith eater", "Articles of human weakness"). Un album de crust/hardcore/punk noir à la Discharge, Negative Approach ou Integrity, sale, puissant et charbonneux, un cocktail aussi ravageur que primitif, pour un placage auditif en bonne et due forme. Brûlant.

All Pigs Must Die / Chronique LP > God is War

All Pigs Must Die - God Is War Avec du Converge ou du The Hope Conspiracy au line-up, on se doutait bien que All Pigs Must Die n'était pas fait pour les faibles. De faire écouter ça aux tympans sensibles tu t'abstiendras, parce qu'à raison, l'inaugural "Death dealer", une fois passé l'intro polie du début, distribue les petites tendresses par palettes entières. Le riff ardent saute à la gorge de l'auditeur, les hurlements rageurs tranchent la carotide et la section rythmique arrose tout histoire de "terminer" le travail. Mais façon Terminator débarqué dans la maison Southern Lord. Car, APMD, c'est un truc qui découpe la cochonnaille un peu définitivement. Que cela soit dit.

Évidemment la distribution de baffes ne s'arrête pas au premier titre et le groupe envoie sévèrement la purée, brutalise les enceintes à coup de "Sacrosanct" à la rythmique expéditive et aux vocalises forcenées. On l'a bien compris, le groupe tranche dans le lard et envoie des frappes de porc contre les amplis. En même temps, qu'attendre d'une telle formation qui propose des titres du genre "Pulverization", "God is war" ou rien moins que "Third world genocide" ? Même s'il s'agit de se la jouer un peu rock'n'roll de temps en temps et démontrer qu'on n'est pas non plus là que pour en mettre plein la gueule de l'assistance (même si parfois... voire souvent....) mais aussi pour claquer quelques plans techniquement au jarret.

Parce que les gaziers sont tous sauf des veaux, l'album se transforme en véritable machine à envoyer des parpaings dans la tuyauterie ("Extinction is ours"), l'impressionnante session de laminage des conduits qu'est le charmant "Sadistic vindicator" venant tout aussi brutalement que le reste de l'album conclure les (d)ébats de cet album assez court mais salement efficace. Un disque... compact, d'une maîtrise aussi folle que son format est ultra-ramassé, une sorte de mix entre Converge, Cursed et Trap Them : un album de tueurs exécuté par des esthètes de la mise à mort auditive (sympa l'artwork sans équivoque) qui ont ici sorti le bazooka crust/hardcore/punk un peu grindeux. Dieu est donc grand mais surtout fatal, lorsqu'il s'agit pour lui de déglinguer ses (in)fidèles.