metal Métal > Akimbo

Biographie > Akimbo

Trio né en 1999 du côté de Seattle sous l'impulsion de Jon Weisnewski (chant, basse) et Nat Damm (batterie), Akimbo change pendant plusieurs années de guitaristes comme de chemise avant de voir son line-up provisoirement stabilisé en 2006 lors de l'arrivée de Aaron Walters (guitare) au sein du groupe. Après trois albums sortis relativement confidentiellement via les indépendants Seventh Rule et Dopamine Records (Harshing your mellow en 2001, Elephantine en 2003 et City of the stars un an plus tard), Akimbo débarque au sein de la prestigieuse écurie Alternative Tentacles (label culte de la scène indé fondé par les Dead Kennedys) en 2005. Sur cette structure sortiront deux nouveaux albums, Forging steel and laying stone puis Navigating the bronze entre 2006 et 2007. Le groupe écume les scènes nord-américaines et européennes revendiquant sa "non-appartenance" une quelconque scène précise et préférant jongler entre inspirations, avec un background qui va de Led Zeppelin à la scène punk hardcore d'aujourd'hui. En 2008, Akimbo signe chez Neurot Recordings (Battle of Mice, Made Out of Babies, Neurosis, Red Sparowes), label via lequel sort à l'automne l'album-concept Jersey shores.

Akimbo / Chronique LP > Jersey shores

Akimbo - Jersey Shores Rouge sang (ou presque) à l'image de son artwork, Jersey shores est un disque âpre et dangereux soumis au seul bon vouloir des riffs carnassiers et autres hurlements ravageurs de ses géniteurs. Un album-concept se basant sur les douze jours de terreur que vécurent, en 1916, les habitants de la côte est américaine (New Jersey), subissant d'incessantes séries d'attaques de la part de "gang" de requins (souriez par pitié...) venus se ravitailler auprès des plages. Labélisé "histoire vraie", ce fait divers sanguignolent qui donne son titre au nouvel album des Akimbo, n'en a toujours pas fini d'exciter l'imaginaire collectif et se révèle être une thématique d'autant plus fascinante pour un groupe qui n'avait de toutes les façons pas besoin de ça pour trouver son inspiration.
Après un "Matawan" introductif qui fait doucement monter la pression, gardant la menace sous la surface tout en la rendant omniprésente, Akimbo lâche la bestiole dans des eaux saumâtres et laisse ses guitares dévorer goulûment des bancs entiers de décibels sans en gaspiller une arrête. Poisseux et abrasif, le son des américains annonce la couleur, l'orage gronde au loin et les déferlantes vont s'écraser les unes après les autres sur les digues, malmenant les coques des frêles esquifs et châlutiers de pêcheurs mouillant dans le port. On est ici en en terrain inhospitalier et en guise de bienvenue, c'est à coup de guitares saignantes façon Unsane que le groupe nous accueille. Car malgré quelques instants de calme, relatif, "Bruder vansant" sonne comme un appel à la révolte. Une harangue destinée à réveiller les ardeurs de ceux qui auraient le courage d'affronter ces monstres venus de l'Atlantique. Section rythmique sous haute tension, guitare à l'appétit vorace, les Akimbo ne sont pas venus faire le voyage pour rien et ont décidé de tailler dans le gras. Quitte à devoir y aller au harpon puis au hachoir, quitte à faire un carnage dans la poissonnerie... On appelle ça l'instant de survie.
Résultat, ça gueule, ça fait baisser le volume pour le faire remonter de plus belle, mettant l'auditeur dans un état d'angoisse permanente avant chaque assaut punk hardcore. Des riffs régulièrement stoner, un esprit de contestation affirmé, des velléités guerrières toutes aussi assumées, "Lester Stillwell" cherche ouvertement l'affrontement avec l'ennemi venu du large de longues minutes durant, avant d'obtenir enfin ce duel à mort. Explosions de guitares, hurlements déchirants, groove stoner sulfurique, Akimbo met le paquet et remporte sans mal le premier round. A peine a-t-on eu le temps de reprendre notre souffle que la deuxième vague ne tarde pas à pointer le bout de son aileron. Les grands blancs frappent ici en meute, la menace toujours sous jacente, une violence épidermique qui ne demande qu'à jaillir de toutes parts et un second acte ("Rogue") qui se révèle plus équilibré entre les adversaires. Le troisième sera le bon et scellera définitivement le sort du "Great white bull" dans un ultime assaut à la férocité sans nom. Au douzième jour, alors que les vainqueurs tentent de laver le sang de leur victime du jour, que le calme est revenu sur la côte (l'éponyme et enfin apaisé "Jersey shores"), Akimbo laisse parler ses fulgurances jazzy/noisecore avant un final toute en retenue minimaliste... comme si le calme était enfin revenu après la tempête et que l'on pouvait de nouveau écouter le clapotis des vagues parvenant jusqu'à la plage. Du moins pour le moment...