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Ayant vu le jour au mois d mars 2011 sous l'impulsion suite à la rencontre de Sally (ex-Barbarian Koala) et de Vincent (ex-Jahiliyya), Agrion Splendens devient rapidement une entité à part entière suite aux arrivées en son sein de Damien (ex-Nutcracker et de Colin (ex-Dwail). Laurent (Ethersens / Wonderbar) et Mathieu (Eryn Non Dae) se mêlent ensuite au projet mais après quelques impératifs, Colin & Laurent quittent l'aventure. Le projet est alors renforcé par Yoan (ex-Disclosed Silence) et le groupe peut s'atteler, courant 2012, à l'enregistrement d'un premier EP qui voit finalement le jour au printemps de l'année suivante.

Agrion Splendens / Chronique LP > Agrion splendens

Agrion Splendens Avec en son sein des membres de deux formations hexagonales parmi les plus douées du moment (Eryn Non Dae et Barbarian Koala), Agrion Splendens attisait déjà nos désirs rédactionnels. La découverte du visuel, plutôt réussi pour un disque de black metal polonais et aussi glauque que dépressif, peut-être un peu moins selon les goûts. Non pas qu'il ne soit pas inspiré, mais le genre n'est pas forcément la tasse de thé des habitants du terrier. Ni la spécialité maison niveau connaissances musicales. Par chance, le groupe présentement chroniqué n'en joue pas et préfère se faire remarquer (très finement) par un intense et étouffant alliage ambient/postcore/sludge-metal aux quelques discrètes pointes de prog' et une maestria assez détonante.

Car sans en appeler à un mélange des genres révolutionnaire, Agrion Splendens dépose ici entre nos tympans une mixture sonore aussi brutalement viscérale ("Painkilling rage") qu'émotionnellement prégnante ("Nihil"). Une sauvagerie sonore qui se manifeste par quelques poussées (voire nombreuses) de fièvre autodestructrice, des coup de poignards métalliques et autres déferlantes s'abattant sur les enceintes, les enterrant sous des kilotonnes de matière sonore inextricable. Vocalement, même combat, le groupe expulse sa haine à pleins poumons et libère des torrents de rage illustrant à merveille les tourments intérieurs qui habitent l'esprit de sa musique (un "Children of darkness" majestueux de beauté noire). Un cortège funeste l'accompagne, l'enveloppant d'un linceul de plomb alors que la procession défile, sentencieuse, dans une atmosphère outrageusement cendrée.

On comprend alors l'artwork et on dévore goulument les deux dernières pièces composant ce premier album éponyme sorti par le biais de deux petites mais inspirées structures indépendantes francophones : Braincrushing Records (The Psyke Project, This Gift is A Curse) et A l'Ombre de cette vie (Sutter cane). Un titre un peu décevant à l'aune de ce dont est capable le groupe ("Dystopia" et sa simili fusion hardocre téigneux vs metal alternatif vs "postcore spectateur libre" pas des plus heureuse) et surtout "Embrace the lie". Un dernier titre, terminal, qui vient jouer les équarrisseurs de pensée alors que le groupe met tout ce qu'il a dans ses entrailles pour livrer, dans une ultime effusion de sang, la conclusion de son premier chapitre discographique. Un dernier coup de rein post-hardcore qui met les instruments au moins autant en avant que le chant, afin d'ériger une muraille sonore infranchissable sur laquelle viendront se casser les dents les âmes chagrines un peu blasées du genre. Lapidaire, bestial et malin : un joli premier coup de maître.

[fr] Agrion Splendens: Bandcamp (7 hits)External ]