metal Métal > Agoraphobic Nosebleed

Biographie > Agoraphobie & saignement de nez

Bien qu'un certain manque de batteur se fasse ressentir au Massachussetts nous dit (ironiquement ?) la bio du groupe, Scott Hull (aussi actif au sein de Pig Destroyer) a formé Agoraphobic Nosebleed en 1994. Qui dit pas de batteur, dit boîte à rythmes, même pour produire du grindcore, car c'est bien de cela dont il s'agit. Et c'est ainsi que ANb (acronyme du combo) pris forme : Scott Hull, la tête pensante s'occupe de (presque) tout : guitare, machine, basse tandis que ses acolytes prennent part au chant... Curieuse façon de produire du grindcore mais cela n'a en rien entravé la carrière du groupe. Parallèlement à un line-up mouvant et constitué actuellement de Kat, J. Randall (ayant participé à l'aventure Isis fût un temps...) et Richard Johnson (sans oublier en route l'ami Scott), la formation a assuré régulièrement ses sorties discographiques, toutes aussi anachroniques que la composition du groupe. Outre ses deux premiers albums sortis chez Relapse Records, Honkey reduction (1998) et Frozen corpse stuffed with dope (sorti en 2002 et dont la pochette a été réalisée par Aaron Turner, membre de Isis), Agoraphobic Nosebleed a pris un malin plaisir de pimenter sa discographie. Après avoir sorti le EP PCP Torpedo en 1999 via Hydra Head doté de 10 titres crachés en 6 minutes 30, puis accompagné du deuxième CD ANdRX composé de remixs (dont certains exécutés par Merzbow ou Justin K. Broadrick...), la formation a partagé un split avec Converge (Poacher diaries) et s'est permis de sortir en 2003 l'objet Altered states of america : un CD 3 pouces composé de... 100 titres ! C'est en 2005 que le groupe entreprend d'effectuer une rétropsective de sa carrière, raretés et inédits à la clef avec Bestial machinery, judicieusement sous-titré "ANb Discography Vol. 1".
Plus près de nous, c'est le 20 avril dernier que Agoraphobic Nosebleed sort, toujours chez Relapse Records, son nouveau "vrai" album, Agorapocalypse.

Agoraphobic Nosebleed / Chronique LP > Agorapocalypse

Agoraphobic Nosebleed - Agorapocalypse 13 titres en moins d'une demi-heure : pas d'erreur, c'est bien du grindcore que Agoraphobic Nosebleed éjecte, propulse et catapulte de toute ses forces. Mais, j'ai envie de dire qu'il ne s'agit pas de n'importe quel grindcore. En ponctuant sa performance d'un solo de batterie, pardon, de boîte à rythmes ("First national stem cell and clone") ou de soubresauts honorablement mélodieux (la fin de "Timelord one (loneliness of the long distance drug runner)") - oui, j'ai oublié de préciser que Agoraphobic Nosebleed a un don certain pour intituler ses morceaux -, le quatuor se démarque quelque peu de la concurrence. Tout en offrant bien sûr des parties purement grindées ("Moral distortion" est un cas d'école), le groupe s'autorise des incursions death, trash ou speed (fatalement succédées du suffixe "-métal") ainsi que de joyeux revirements de situations à l'aide de machines (!) (dès l'entame de "Timelord one (chronovore)", histoire de se mettre dans le bain) et de plans de gratte pour le moins héroïques, le tout au coeur de titres ne dépassant que très rarement les 3 minutes de durée réglementaire. Ces attributs ayant pour valeur de véritables avantages au crédit des américains, sont renforcés par une certaine fluidité à la fois d'écriture ("Question of integrity") et d'écoute (une production à la fois compacte et robuste mais pas oppressante) qui collent idéalement à un autre paramètre de taille chez ce groupe, peut-être LE facteur déterminant de Agoraphobic Nosebleed : le chant, plutôt les chants, de facto très diversifiés et évitant ainsi toute linéarité, puisque assurés par les trois quarts des membres du groupe dont Kat, représentante de la gente féminine.
Loin de s'enfermer dans des approches 100% techniques ou 100% brutales, Agoraphobic Nosebleed apporte un souffle d'un genre nouveau au creux d'une famille de la scène métal dite extrême. Agorapocalypse, son dernier objet en date, hautement attractif, faut-il le rappeler, est à l'image de sa pochette (merci Brian Walsby) : haut en couleurs et explosif !