metal Métal > After Taste

Biographie > Edith PiAfter Taste

After Taste se forme en décembre 2000 sous l'impulsion de Damien qui tient le micro et Romain, tous deux guitaristes du groupe aidé par Nico, le bassiste. Après quelques galères de batteur, la formation se complète avec l'arrivée de Vincent en juin 2001. La formation se met alors au travail pour livrer en novembre 2001, une première démo 5 titres. Un deuxième démo intitulée Démo 02 voit le jour vers avril 2002, aux titres plus aboutis.
Après une dizaine de concerts dans la région, le groupe sort une troisième démo beaucoup plus mature Drifting away en février 2003. Dans l'intervalle, ils auront donnés des concerts avec Lofofora, AqME, Porn et Psykup.
Métal teinté légèrement émo, au chant torturé, aux constructions baroques, After Taste dépareille par rapport à des formations métal plus classiques, en n'hésitant pas à faire des incursions décisives côté rock, surtout au niveau du chant. On pourrait alors penser que Muse ou Radiohead les influencent, mais cela serait sans compter sur cette attraction insidieuse qui se dégage de la fusion qu'il délivre.

After Taste / Chronique LP > Motifs & ornements - Partie I

After Taste - Motifs & ornements. Partie I Il en va des concepts albums comme de certains bons films : leur niveau de lecture est multiple et c'est même dans ce cas-là qu'ils sont les plus intéressants. Les Dijonnais d'After Taste se sont lancés dans l'aventure avec un dyptique en forme de double 6 titres, un projet ambitieux mais foncièrement casse gueule tant il est facile de laisser l'auditeur sur le bord du chemin de sa propre créativité.

De prime abord, les six plages que composent l'EP, reprenant six mois de l'année avec un sous-titre sibyllin, se suffisent à eux-mêmes. La musique parle d'elle-même et on oublie vite les présupposés théoriques ou conceptuels. Celle-ci est suffisamment évocatrice et cinématique pour que chacun puisse se faire son petit film, les paroles en français et les quelques intermèdes parlés permettant de se raccrocher aux branches. La parole tient d'ailleurs un rôle paradoxal, essentielle pour apporter les clefs de compréhension celle-ci reste compréhensible seulement par intermittence, entre screamo et scansion rythmique le tout en français mais sans que le sens en soit pour autant accessible facilement.

L'apport mélodique du chant est nul mais la tension imprimée palpable en fait un instrument fondamental de l'ensemble sonore proposé. La musique est elle aussi recherchée et bien loin d'un style bourrin et creux. Les premières écoutes nécessitent un effort tant les dissonances, ruptures de rythme et de structures font partie intégrantes du style d'After Taste. On s'enfile malgré tout d'une traite les 6 titres qui gardent une certaine cohérence et surprennent par des orchestrations variées et pertinentes. Les 10 minutes de "Mars : les forêts rouges" alternent entre post-hardcore classique tout en guitare, des trompettes sur un premier pont avant de finir sur un crescendo "Trent Reznorien" amenant à un monologue glaçant... Ces plages laissent à l'auditeur quelques répits avant de replonger dans le tumulte des guitares et le martèlement frénétique de la section rythmique. En effet la base du groupe reste tout de même une musique puissante empruntant à Will Haven ou Poison the Well.

Au final et même si le concept le concept sous-jacent proposé par le groupe semble être un véritable vecteur créatif, After Taste évite le piège d'en faire une doctrine rigide, limitante et stérile. Les musiciens ont su transcender leur idée directrice pour que la musique reste l'élément essentiel et prioritaire. On leur en sait gré, évitant par la même les poses arty et autres dérapages pompeux, profitant ainsi d'un travail complet, élaboré et même efficace in fine. C'est avec une certaine impatience que l'on attend les 6 prochains titres afin de boucler la boucle.

After Taste / Chronique LP > Les jours seuls

After Taste : Les jours seuls Les bonnes nouvelles, c'est comme les mauvaises nouvelles, ça vient jamais tout seul en général, quoique dans le premier cas, ça fait normalement plus plaisir. Bref quand Shärk sort un album très attendu et que l'on a After Taste dans les cartons, on est deux fois plus heureux.
Et cet album d'After Taste fait doublement mal. Première claque, une production léchée avec un souci du détail et surtout du gros son. Enregistré et mixé par Philippe Matge au Luxembourg et surtout masterisé pas Magnus Lindberg (Cult of Luna) au Tonteknik studio en Suède, After Taste a décidé de mettre les petits plats dans les grands avec Les jours seuls et a évité les patchworks sonores pour ne pas froisser les tatillions du pavillon...
Il suffit de tendre l'autre joue pour la deuxième claque, After Taste continue sa mutation et son évolution. "L'horizon" est autant le premier titre de cet album que le vrai horizon qui s'y profile, un horizon glacé immobile sous un ciel immense que le trio pourfend tel un brise-glace au tranchant métallique. Une basse, une guitare, une batterie, pas de poudre aux yeux, After Taste se donne corps et âme dans une musique qui déferle avec fluidité. Preuve sonore en est l'intro tout en arpèges de "La mémoire de l'aube" qui se transforme en orage sonore, en gruau harmonique et saturé. Si certains manipulent l'instrumental avec subtilité et les guitares avec profusion, comme un sludge-core cérébral, After Taste laisse s'exprimer sa fougue, sa rage, son innocence, la brévièveté de "L'horizon" ou les coups d'éclats d'"Un instant" en sont autant de fusées d'artifice tirées dans un ciel noir d'orage.
Les titres de cet album sont portés par un rare équilibre, une rage contenue, une basse au son brillant, un chant emporté. Déluge de guitares, basse grondante, batterie atomique, choeurs incadescent, chant diaphane, "De si beaux rivages" propulse le groupe. Les jours seuls délivre une quantité insoupçonnée de décibels, de signaux sonores saturés, de titres troublants que l'on a plaisir à entendre et à découvrir.

After Taste / Chronique LP > I'm lost at sea

After Taste : I'm lost at sea Après l'excellentissime Drifting away, After Taste remet le couvert avec un LP intitulé I'm lost at sea, ambiances obscures, mix de rock et de métal, cet LP porte plutôt bien son titre, un recueil de titres qui se perd parfois en errances. Les After Taste se serait-il reposés sur leurs lauriers après les bonnes critiques recueillis ?
Celà étant dit, ces 7 titres brulent d'impatience de se faire écouter, guitares au son creusé, un sillon de saturation sur des mélodies fragiles, le After Taste cuvée 2004 à perdu en verve mais à gagner en maturité, il suffit d'écouter "Sorrow" pour s'en convaincre : guitares insisives, qui reste sage, des passages tout en finesse, en délicatesse, une basse trébuchante, After Taste joue sur le fil du rasoir, avec des refrains plus posés. "In your harm" ouvre de manière magistrale cette galette, un concentré de After Taste dans un titre, une basse volubile en plus, une mélodie abrasive qui vadel'avant.
Ambiances calfeutrées, claustrophobes, les échos rebondissent à l'infini sur les parois de "As they bend over me", à l'intro plus qu'inquiétante, rumeur appeurante, un riff ondulant dans le lointain, refrain déchirant, le tout vibre de concert et s'écrasent en fracas sur un mur de son vrillé et déchiqueté à l'overdrive. "Life sunshine" bondit de manière aggressive, s'embourbe un peu, mais s'en sort sur la fin avec ses envolés salvatrices, aériennes et contrastées, mais ouvre surtout la voie à un "The bless" destructeur, ravageur et définitif, guitare mono-obsessionnelle, perforée par chant qui s'incruste avec violence dans ce cadre directionnel.

After Taste / Chronique EP > Drifting away

After Taste: Drifting Away Limite inclassifiable, After Taste pousse avec Drifting away un grand cri dans la fourmilière du paysage métal actuel, très rock, très incisif, très mélodique parfois, cette démo comporte 5 titres qui sonnent comme autant de perles métalliques. Le chant un peu fragile vient ajouter à cette impression d'un métal qui ne revendique pas un côté massif, presque insensible, tel un bulldozer, mais qui assume ses tensions, ses sentiments, se laisse plonger dans la tourmente, comme sur un "Time and tide" qui vibre, saigne, pleure, s'effondre. L'équilibre ne tient parfois qu'à un fil, After Taste semble en avoir fait son crédo.
Montrant qu'un barrage de guitares n'est pas nécessaire pour faire passer une énegie ou un sentiment, After Taste est capable par la construction et l'assemblage des instruments de faire passer parfois bien plus. Chants torturés, renforcés par des choeurs mystiques, inquiétants, le suitement des guitares, ces cordes de basse qui claquent contre le manche, épiçant par leurs crépitements le son d'After Taste, tous ces éléments participent à l'ambiance qui se dégage des compositions, on retiendra par exemple le sublime "Inside" où déluge sonore alternent avec passages torturés et étouffants.
Cependant parfois, la recette semble trop facile, comme sur "Slice of life", où After Taste reprend ses bons plans, les accentuations typiques de son chant, sans rien ajouter de très convaincant. After Taste est cependant capable de livrer des titres décalés, avec des grosses guitares, ou les riffs s'enchaînent violemment, mais surtout l'explosif "Drifting" qui répand ses accords dans l'espace sonore. Une basse qui claque, des passages qui savent être syncopés, rythmique loin d'être monotone, un chant qui alterne fragilité touchante et cris enragés, "Drifting" tient son atout dans un refrain ou le chant est une réel bonne idée.