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Enfanté en 2005 à l'initiative d'un proche des membres de Will Haven, Justin Godfrey, lui-même musicien puisque guitariste d'Oddman (aux côtés de Cayle Hunter, lui-même futur membre de WHVN mais également de Ghostride, un autre side-project de... Will Haven), The Abominable Iron Sloth réunit aux débuts du groupe plusieurs membres ou ex-membres de la tribu WHVN parmi lesquels Jeff Irwin, Cayle Hunter, Mike Martin et Mitch Wheeler. En 2006, un premier album, éponyme, voit le jour et permet au groupe de tourner sur le territoire nord-américain et au Royaume-Uni, avant d'entrer en pause, la quasi totalité de ses membres étant occupé par d'autres projets (le retour aux affaires de Will Haven, Ghostride, Armed for Apocalypse, Death Valley High etc...). Pourtant Justin Godfrey décide de poursuivre l'aventure, s'entoure d'un line-up à géométrie variable (notamment en live), avant de rapatrier le casting du premier effort pour publier un deuxième album en 2010 via Black Market Activities (Cancer Bats, Gaza,Today is the Day...). Le titre : The id will overcome

The Abominable Iron Sloth / Chronique LP > The Abominable Iron Sloth

The Abominable Iron Sloth Les ex-membres Will Haven sont décidemment bien féconds, après avoir accouché il y a deux ans de l'excellent Cobra sunrise avec Ghostride voilà que ces derniers, toujours avec Cayle Hunter (ex-Oddman et futur WHVN), vont remettre le couvert en compagnie de Justin Godfrey qui incarnera la voix de cet Abominable Iron Sloth. Encore épaulé par Eric Stenman côté mixage, ce second projet post-Will Haven ne va évidemment pas emprunter les mêmes sentiers que le précédent nommé plus haut, c'est du côté du sludge, un bien lourd et crade qui semble avoir mûrit dans les égouts que les cinq californiens sont allés puiser leur inspiration. TAIS porte bien son nom et ce n'est pas la voix véhémente et rageuse de Justin Godfrey qui viendra contredire cette impression de bestialité qui émane tout au long de l'album.

Dès les premières notes de "Hats made of veal and that new car sent", on comprend que l'on va prendre cher, "I am the carcass" illustre et définit parfaitement la bête qu'est The Abominable Iron Sloth : féroce, puissante, lourde et haineuse mais paradoxalement attirante car les riffs, à la limite du drone, vont vite devenir addictifs de même que le couple basse/batterie, à faire péter un barrage hydroélectrique, impose un rythme des plus martial. Il devient alors difficile de résister à cet imbroglio sonore et on se surprend à hocher la tête comme sur le terriblement efficace "Parasite Hilton and the other flaws inherent to wealth" ou "A hot pink shell of my former", encore marqué du sceau Will Haven. Et que dire du "Climax of a Nightmare" que l'on croirait repris de Vision Of Disorder Etrangement sous ses allures nonchalantes et radicales se cache, à l'image du final de "A distant pond from the rivers of human limelight", beaucoup de subtilité rendant ainsi les écoutes plus qu'excitantes, jouissives à l'instar de "The family that slays together stays together" qui atteint des sommets en esquissant des mélodies dissonantes qui vous triturent le cerveau pendant qu'Irwin et sa clique vous lynchent à coup de décibels cataclysmiques !
Il n'aura fallu en tout et pour tout que 27 minutes à cet Abominable Iron Sloth pour semer le chaos autour de lui et repartir se terrer sur "Sailing to the edge ot the earth", on l'image un rien goguenard. Un exercice de style réussi haut la main par des musiciens expérimentés et talentueux qui ne semblent pas être prisonniers d'un genre ou d'influences sectaires, TAIS tire son épingle du jeu à travers un format assez court certes, mais riche et sans concession.