a_girl_a_gun_a_ghost_through_the_eyes_of_ahab.jpg Aucune notice biographie à l'horizon concernant le groupe mais rien qu'avec son patronyme, A Girl A Gun A Ghost, on peut déjà supposer que ça va cogner. Et inévitablement, lorsque l'on pose délicatement Through the eyes of Ahab dans le mange-disque, les riffs débastateurs des américains enflamment la platine. Un premier titre aussi bref et speed, que saignant et gueulard, un second plus allongé mais plus subversif dans l'éloquent étalage de décibels électriques, A Girl A Gun A Ghost n'y va pas avec le pied sur le frein. Au contraire, le groupe balance la tripaille et nous laisse reconstituer les morceaux à coups de hardcore qui dépouille et de screamo-rock particulièrement rugueux ("Lizard in the lights"). Grosse mandale métallique qui arrache les membranes auditives, "Bear witness" est la première grosse sensation de ce Through the eyes of Ahab. Les américains y posant un son parfaitement monstrueux, scandaleusement bestial (sic). Un petit coup de mélodies émo-hardcore ("Beware the tales of scorpions") et le groupe reprend son travail de démolition auditif. Une pointe de thrash par ci, un bon coup de punk-hardcore des familles par là, un titre ambient/post-rock électro aux nappes de synthés pour le moins inattendues ("The Ivory tusk...") puis une légère pincée de rock abrasif ("Spider inside her") aux tendances stoner-core... (oui c'est nouveau...), les nord-américains livrent un album moins monolithique que ce que l'on pouvait craindre et sans doute bien plus inventif que ce qu'on espérait. Une petite volée de titres trempés dans l'acide sulfurique ("Pangolin dreams", "... of the Alaskan king"), le groupe s'offre une poignée de morceaux de bravoure à coup de basse qui serpentent adroitement entre des guitares sauvagement frénétiques, lesquelles ont le mérite de tenir en éveil un narcoleptique dépressif ("Street bat's eyes"). Pas sûr que le groupe révolutionne le monde de la musique avec ça, mais après une grosse journée de boulot bien rasoir, une fois posé devant une ineptie télévisuelle bien hexagonale, gageons que ce disque servira d'excellent exutoire (et en tous cas peu coûteux) avant de balancer sa TV par la fenêtre (lequel procédé est déjà plus onéreux...). Quoiqu'il en soit, dans son genre, A Girl A Gun A Ghost fait déjà bien mieux que se défendre...