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Young Gods : Eurock 2001 1984, Suisse, Franz Treichler (samples, guitares, chant) fonde les Young Gods avec Césare Pizzi (samples) et Franck Bagnoud (batterie). A eux trois et avec différents compagnons de route (le line-up du groupe étant instable), ils vont révolutionner le monde du rock par les machines. En Europe, ils sont LA référence quand on parle d'industriel, aux USA, ils sont cités par les connaisseurs, admirés par MJK (Tool) ou Mike Patton (Faith No More), leur musique a changé beaucoup de choses et continue de le faire. Véritable pierre (tri)angulaire du monde des sons, ils méritent bien leur nom. Leurs albums sont nombreux, riches, je laisse place aux commentaires du dernier en date, Second Nature, qui nous fait décourvir la deuxième nature des Gods, celle plus pop que métal...

Review Concert : The Young Gods, Young Gods aux Antipodes (avril 2006)

Interview : The Young Gods, Interview 2001

The Young Gods / Chronique LP > Everybody knows

The Young Gods - Everybody knows En revenant aux bases du rock avec Knock on wood, The Young Gods nous donnaient plusieurs choix pour leur retour en studio. Soit ils pouvaient rester dans cet esprit rock et continuer de taper sur du bois et de propager une chaleur simple, soit ils replongeaient avec envie dans les machines qu'ils avaient délaissées. Ces dernières étant quasi toute leur vie musicale, elles ont été le centre d'attention et de composition du quatuor suisse (Vincent Hänni, bassiste et guitariste est désormais membre à parti entière du groupe). Le résultat est, comme d'habitude, absolument fantastique. Distribuez des sons, des samples, des boucles à qui vous voulez, personne n'arrivera à en faire d'aussi jolies compositions que les Young Gods ! Chaque titre d'Everybody knows bénéficie d'une finition extraordinaire, chaque seconde est réfléchie. Quand on obtient de telles mélodies envoutantes et rock avec autant d'électronique, on peut parler de maîtrise totale de son art, de perfection, de moments de grâce. L'univers électronico-pop-rock-indus est toujours aussi doux malgré le peu d'instruments "basiques" (la guitare est absente de certains titres, complètement remplacée par des sons samplo-bidouillés). L'aspect froid et clinique des machines est envoyé aux oubliettes par la voix et les mélodies de Franz, charmeur et ensorceleur sur la plupart des titres. Seuls "No land's man" et "Tenter le grillage" sont plus agressifs, torturés et chargés d'effets distordants. L'album est plutôt lent, ce qui donne davantage de relief et de mordant aux petites accélérations telle celle du magnifique "Miles away", dont la transition entre l'acoustique et l'électronique se fait tout en douceur, un véritable travail d'orfèvre... Tout est parfait jusque l'artwork renversant de cette vue sur Central Park, oasis de nature dans un océan de béton. C'est le poumon de Manhattan, le bois au milieu des machines, analogie non numérique à la musique des Young Gods ? Assurément.

The Young Gods / Chronique LP > Knock on wood

The Young Gods : Knock On Wood Les Suisses n'ont peur de rien, après Nostromo et avant Underschool Element, The Young Gods délaissent eux aussi les saturations électriques pour s'offrir des sessions acoustiques et un Knock on wood dénué de machines et revenant jusqu'à 20 ans en arrière ! Et comme ce best of sans bricolage est accompagné d'une tournée, revenir aux bases du rock n'est pas simplement une passade pour le trio. Et bien qu'ils soient connus pour leur apport, phénoménal, au monde de la musique industrielle, leurs titres et l'ambiance qu'ils délivrent ici ne surprennent pas, les Young Gods sont à l'aise avec l'acoustique et ça fonctionne, une preuve de plus, s'il en fallait, que des bons morceaux peuvent être joués de plusieurs façons sans perdre de leurs qualités. Les notes claires des guitares remplacent quelques bidouillages samplés ce qui donne beaucoup de chaleur à des compositions qui pouvaient être considérées comme froides voire abruptes (pour certaines) lors de leur sortie électrico-électronique. Les mouvements et les mélodies sont imparables, les rythmes semblent doux, même quand ils sont rapides et l'ensemble est d'une incroyable limpidité, y compris là où les Helvètes aimaient mettre plusieurs couches de sons pour brouiller les pistes...
Aux titres personnels, les Gods ont ajouté 3 reprises dont une qu'ils connaissent bien, "Speak low" qui était déjà présente sur Play Kurt Weill, les deux autres sont tout à fait dans l'esprit du reste de Knock on wood : le tube "Ghost rider" de Suicide parce que c'est un des groupes qui les a influencé (à noter que le Rollins Band ou R.E.M. ont aussi payé leur tribut au duo américain avec ce morceau) et "Freedom" de Richie Havens qui est fait pour être joué sans trop d'électricité (et qui pour le coup mériterait peut-être une reprise électronique...). Pour le reste du track-listing, c'est leur cultissime T.V. sky qui s'octroie la part du roi avec 4 extraits ("Our house", "Gasoline man", "She rains" et "Skinflowers") devant le récent Super ready / Fragmenté ("I'm the drug" et "Everythere") et le pionnier L'Eau rouge ("Charlotte", "Longue route"). Aucun titre du tout premier album (même pas "Toi du monde"), ni de Only heaven ("Donnez les esprits"), pas plus de Second Nature ("Lucidogen" ou "Supersonic" sont-ils trop chargés en électricité ?) mais il ne faudrait pas abuser non plus... ou alors réclamer une suite ?

The Young Gods / Chronique LP > Second nature

Young Gods : Second Nature Enfin de retour ! Les Young Gods s'étaient dispersés entre incessantes tournées, projets parallèles, changement de batteur et les voilà de retour avec un album studio : Second Nature. Le titre à lui seul explique le ton de l'album, la seconde nature des "jeunes dieux", alors qu'ils nous avaient laissés, bouche bée, avec de l'industriel très métal, très pesant, ils dévoilent leur autre face, celle des bidouilleurs de folie. Ici, les guitares triturées sont en retrait, l'heure est à l'électronique. Toujours en avance, le trio helvète ne se contente pas de faire de la "pop indus", ils font réellement une musique futuriste, personne en Europe n'est encore allé aussi loin dans l'utilisation des machines. Entre anglais ("Supersonic", "In the otherland", "The sound in your eyes"...) et français ("Astronomic", "Attends", "Toi du monde"...) les 10 titres sont cohérents et forment la bande son d'une vie éclairée par des néons blancs-verts, où le carrelage fait résonner le son des blasters et la faune ne semble qu'être une illusion de plastique. Les échantillons de sons de la vie pas courante rythment un album lent et tonique, reposant et excitant, mental et machinal. Nulle doute que les Front Line Assembly, Sin, Collapse, Hint, Big Yoga Muffin ou autres disciples peuvent remercier les Young Gods pour précher de telle manière leur religion. Même s'ils sont de moins en moins jeunes, les Gods restent les Gods.