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Biographie > le cousin d'Albator ?

Deux multi-instrumentistes, Amaury Cambuzat (prédilection pour la guitare et le chant) et Olivier Manchion (prédilection pour la basse) qui jouaient ensemble depuis 1987, ont l'initiative de créer Ulan Bator en 1993, et ont rapidement incorporé Franck Lantignac (batterie). C'est avec ce line-up que le groupe publie Ulan bator, 2 degrees et Vegetale via Les Disques Du Soleil Et De L'Acier. Le groupe développe des affinités avec les allemands de Faust qui prend forme avec une tournée française en 1996 et avec l'adhésion de Amaury et Olivier à Faust. De plus, Ulan Bator participe à plusieurs festivals comme le Roskilde ou les Transmusicales de Rennes. C'est en 1999 et avec le remplacement de Franck par Matteo Dainese que le groupe sort un nouvel album studio Ego:echo et en 2002 que voit le jour OK:KO, une compilation de titres lives et démos extraits des sessions d'enregistrement de Ego:echo. Mais en 2001, Olivier quitte le navire (pour créer Permanent Fatal Error et jouer avec Damo Suzuki) et Ulan Bator se transforme en quatuor avec les recrues de Manuel Fabbro (basse) et Egle Sommacal (guitare). C'est sous cette forme et en 2003 que Nouvel air débarque et après le départ de Egle Sommacal que Rodeo massacre sort début 2005. Mais le trio "historique" (Cambuzat/Manchion/Lantignac) se reforme pour une tournée en Italie et Slovénie en janvier et février 2006 avant que le duo Amaury/Olivier ne se détache à nouveau mais cette fois pour monter Cargo Culte. Un nouvel album studio de Ulan Bator devrait voir le jour avec l'arrivée d'un nouveau batteur, en la personne de Alessio Gioffredi (Dilatazione). En attendant, Ruminance Records a sorti début mai Ulaanbaatar, une sélection de titres inédits (versions alternatives, lives) couvrant la période 1993-1998, soit celle du trio originel. [ Les Disques Du Soleil Et De L'Acier: site du label (28 hits)External ]

Ulan Bator / Chronique LP > Abracadabra

Ulan Bator - Abracadabra Fin janvier, Ulan Bator révélait au public l'intégralité de son tout nouvel album, Abracadabra, via un streaming exclusif sur notre site internet. Passé par un crowdfunding pour le sortir, le groupe donnait en parallèle aux "financeurs" l'opportunité de le découvrir quelques jours avant la sortie officielle. Normal, me direz-vous. Chapeauté depuis quelques temps déjà par son frontman, Amaury Cambuzat (composition, écriture, enregistrement, mixage et production), séparé depuis de longues années de son ancien acolyte Olivier Manchion (Permanent Fatal Error), ce disque continue de faire perdurer la magie (noire) d'Ulan Bator.

Trois ans après l'excellent En France/En transe, album dominé grandement par un hypnotisme sombre et captivant, Abracadabra est le témoignage actuel des convoitises musicales de son leader. A savoir la création d'un univers sonore intimiste mais glaçant dont le dessein est de vous happer pour ne plus vous lâcher, à condition d'aimer la langue de Molière lorsqu'elle copule avec le rock ! Doté d'une écriture au style épuré et délicat manifesté d'une voix frêle et de chœurs mystiques, ce onzième album est une marche somnambule jalonnant le krautrock, le folk-rock dit "expérimental", la pop arty et un peu de noise rock par moments. Abracadabra se tient de bout en bout et contient ses zones de climax total, comme c'est le cas avec l'un de ses meilleurs titres qu'est "Coeurrida" dans lequel est invité à s'exprimer l'orgue de James Johnston (ex-Bad Seeds). Ce morceau illustre l'aise qu'à son géniteur à faire cohabiter les contrastes sans tomber dans les extrêmes, tout en gardant une cohésion sur l'ensemble de l'œuvre. Une vague d'émotions s'extirpe de son écoute, surtout lorsque qu'à mi-chemin apparaissent des lueurs diaphanes. Sublimé aussi est "Ether", titre épique qui suit dans la foulée et qui porte bien son nom. Une caresse dépressive aux relents pop qui se dévoile progressivement dès l'apparition d'une répétition vocale déclamant les quatre éléments de l'univers par Amaury et Raffaela Matrisciano.

Bien que souvent (bien) entourés dans son projet (notons le mastering de Douglas Henderson qui a travaillé avec les Swans, John Zorn ou encore System Of A Down), il n'en reste pas moins qu'Abracadabra ressort comme une œuvre personnelle, celle d'Amaury Cambuzat. Une entreprise déjà bien amorcée avec sa précédente sortie discographique qui n'était autre que des reprises acoustiques d'Ulan Bator au sein de laquelle la voix avait déjà une place importante. Comme sur ce petit dernier qu'on vous recommande, si vous avez des accointances avec le milieu des transes poétiques.

Ulan Bator / Chronique LP > Amaury Cambuzat plays Ulan Bator

Amaury Cambuzat plays ULAN BATOR Quand Amaury Cambuzat n'est pas occupé par son mythique groupe Ulan Bator, par Chaos Physique ou bien sur ses projets personnels ou en solo, il trouve un challenge intéressant et qui attise d'emblée la curiosité : réarranger puis réenregistrer des morceaux cultes (ou pas) d'Ulan Bator avec pour seule arme (ou presque) une guitare acoustique (harmonica et stomp-box sont également utilisés). Le projet d'une édition limitée de 300 CDs accompagnés d'un livre illustré contenant les textes des chansons, lancé en crowdfunding, a dépassé les objectifs de participations. Au programme, le "funder" découvre dix titres revisités jouant la carte de l'intimisme profond et une interprétation qui se fait l'écho de textes limpides et poétiques. D'une insondable obscurité par moments, mais très souvent empli d'une sensibilité manifeste, le chant essentiellement en français d'Amaury pourra en bloquer certains. En effet, de morceaux post-rock noisy à l'origine, on passe à de la folk acoustique qui met pas mal en relief la voix et un style de chant qui peut évoquer celui de la scène française. En clair, si vous arrivez à passer ce détail, vous profiterez de l'oeuvre éclatante d'un esthète émérite qui arrive encore à nous surprendre après tant d'années de service.

Ulan Bator / Chronique LP > En France/En transe

Ulan Bator - En France/En Transe Ulan Bator n'est plus tout jeune. La formation menée par Amaury Cambuzat, dernier membre rescapé du trio originel, a fêté ses 20 ans l'année dernière. Année qui, par ailleurs, a vu l'arrivée de son dixième album intitulé En France/En transe, une œuvre conçue suite à la venue au sein de la troupe de Nathalie Forget aux ondes Martenot. Une présence qui naturellement apporte davantage dans le champ sonore du quatuor, déjà bien connu pour ses penchants expérimentaux, en diffusant une atmosphère auditive proche de l'au-delà. A commencer par le lancinant et interminable titre introductive "TakeOff" qui se meut progressivement en un magma bruitiste noise après nous avoir bercé sur un fond post-rock. Ca commence fort et on se dit qu'Ulan Bator a peut-être trouvé là son meilleur line-up où chaque membre ne se met pas en évidence plus qu'un autre à l'image de son artwork représentant la fusion de leurs visages.

En France/En transe n'a jamais aussi bien porté son nom. Ses neuf compositions d'une prise de liberté étendue nous plongent assez vite dans un état de conscience modifié, hypnotique même, un peu à l'image des paroles de "Song for the deaf" décrivant un homme dont les sens sont éteints. Grâce à des structures notamment minimalistes et répétitives où la noise et des touches psychédéliques éclosent, ce nouvel album captive sans ennui du fait de sa variété et de son unité, tant dans le rendu sonore que dans sa réalisation. Autrement dit, Amaury Cambuzat a compris que pour faire du "rock avant-gardiste" il fallait respecter quelques règles comme éviter de pratiquer le tout-venant pour épater la galerie. Et que tout ceci aussi se travaille malgré l'expérimentation de nouvelles sources sonores comme le font les mythiques Swans, pères spirituels du quatuor pour lequel leur leader Michael Gira a produit Ego:echo, opus sorti en 2000 sur Young God Records, le label de ce dernier.

Au-delà de l'aspect purement technique et stylistique de ce disque, on y entrevoit aussi des messages liés au mystère, aux sciences occultes, tantôt murmurés, tantôt scandées, des chœurs onomatopéiques, une poésie à approfondir pour mieux cerner l'œuvre. Et puis des titres qui font référence à l'apocalypse comme "Bugarach", célèbre village de l'Aude connu pour les superstitions New Age et comme l'abri ultime pour survivre à la fin du monde soi-disant prévue par le calendrier maya. En somme, En France/En transe est un long chemin anguleux de près d'une heure propice à l'évasion introspective qui ne devrait pas décevoir les nombreux fans du groupe et peut-être même en compter de nouveaux tant la sincérité de sa musique est évidente.

Chronique Compil : Ulan Bator, Ulaanbaatar