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Biographie > Cyber freak show

Né en 2003 de l'envie de quatre musiciens : Ben Costantini (guitare), Clément Muller (basse), Gil Rebstock (batterie) et Tom Tomschak (voix+machines), d'élaborer une musique jouant sur la combinaison des univers sonores inspirés par la culture cyber-punk, Transfensch fait ses premières armes en live, notamment en étant finaliste du tremplin des Eurockéennes de Belfort en 2005. L'année suivante, le groupe participe au festival Zikamine (Metz) avant d'assurer la première partie de Mike Patton (Faith No More, Fantômas, Mr.Bungle, Peeping Tom) et Fenesz à la KultureFabrik en 2007. Quelques mois plus tard, le quartet sort son premier album, baptisé Alter-Algo via le label Komfrät.
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aureliO
Juin 2008

Transfensch / Chronique LP > Alter-Algo

transfensch_alter_algo.jpg Alter-Algo, non rien à voir avec le dernier modèle de Lego, ni un quelconque désordre psychanalytique. Il s'agit ici plutôt du premier album d'un groupe répondant au doux patronyme de Transfensch (à prononcer avec une pomme de terre sortant du four dans la bouche) et puisant son inspiration du côté de l'univers SF d'un Philip K.Dick (auteur notamment d'Ubik et de Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? qui servira de base au scénario de Blade Runner), des expérimentations musicales d'un Mike Patton ou du mouvement cyber-punk cher à Masamune Shirow (les mangas Ghost in the Shell et Appleseed notamment). Là tout de suite, normalement ça calme. Et après 10 secondes de "Latence" saturé et électronique, Transfensch envoie la première bastos. Une déflagration que l'on prend en pleine face. Un tube cyber-punk au groove incandescent et au rythme épileptique. Eruption digitale, orgasme électronique, huit minutes et des poussières d'une véritable torpille sonique en forme d'arme de destruction massive qui rase tout sur son passage. Magistral.
Après ce coup de semonce, le groupe calme un peu le jeu, ralentit le tempo histoire de nous laisser reprendre notre souffle et de fabriquer des ambiances alambiquées sur l'industriel "Stimulus". Un univers mathématique et métaphysique, des nappes électro, des textures psychées, un moment d'apaisement déviant avant la reprise des hostilités. Parce que ça va reprendre, on le sait et bien qu'on soit solidement accroché au fauteuil "Dokos" nous scie sur place. Extrêmement court, terriblement fulgurant. Voix passées à travers le filtre du vocoder, le bien nommé "Digital" est le théâtre de l'affrontement ultime entre l'homme et la machine, les "mécha", cyborgs et autres humanoïdes vs l'humanité, capable de dépasser toute concurrence dans sa capacité à semer la désolation... Un final complètement barré, jusque-boutiste par moments mais qui se fait l'écho de ce combat entre le créateur et sa création. Après le chaos, le silence, ou tout du moins l'apaisement (très relatif).
Un calme artificiel qui met le survivant face à ses fantômes, une atmosphère de fin des temps, au coeur d'un univers urbain complètement ravagé par ce conflit sans merci et ses innombrables dommages collatéraux. La solution est de s'extraire de ce corps, de laisser l'âme reprendre sa liberté afin qu'elle ne soit plus pervertie par les déviances de la nature humaine. "Ex corpus machinamentum" est le témoin de besoin d'échapper à l'affrontement intérieur... Dérives psychédéliques, pluie de sons électroniques, flow flirtant avec les limites du hip-hop, la musique de Transfensch oscille en permanence entre révolte et résignation, entre apathie fataliste et violence épidermique. Accès de démence, tendances hardcore, déconstruction sonore, "Hacker" s'enferme dans une tornade d'effets et un esprit rock/cyber-punk toujours à la limite de la rupture. Celle-ci intervient avec "Darsana 8", ultime morceau de l'album et conclusion ambient spatiale bruitiste et minimale qui met en terme à un album "ovniesque" (copyright déposé) complètement hors cadre, en marge des conventions musicales préétablies et surtout furieusement borderline...
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aureliO
Juin 2008

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