indus Indus > Torso

Biographie > Torso nu

Torso est né courant 2002 sous l'impulsion de Vincent Fallacara. Celui-ci, marqué pour longtemps par l'esthétique post-punk et alors en pleine période de découverte massive du sampling, se décide à monter un projet musical assez peu conventionnel : Torso. Il sera rejoint dans sa démarche par Alex Omont (guitare) et Marc Lindemann (batterie). S'ensuit une première démo 4 titres enregistrée l'année suivante, puis une participation à la compilation Bruit et fureur. 2004, Torso franchit une nouvelle étape avec la sortie d'un EP éponyme composé de 5 nouveaux morceaux. Se rôdant sur les scènes de son Alsace natale et même au-delà (en Allemagne notamment), Torso poursuit ses explorations musicales et s'attele à la composition de son premier LP : 9 : solfatares, lequel sort à l'automne 2005 et permet notamment au groupe d'assurer une première partie pour Metric.

Torso / Chronique LP > Eloge de la compression

torso_eloge_de_la_compression.jpg Après un 9 : solfatares qui brossait subtilement l'intrigante émanation de souffre qui s'échappait du paysage musical torturé de Torso, voici maintenant la suite, étrangement baptisée : Eloge de la compression. Electro wave lunaire, spoken word habité mais nébuleux, "Nord" puis "Ceux qui se regardent danser" dressent un constat assez désabusé de notre condition humaine et des émotions qui s'en dégagent. Chant évoluant clairement dans les eaux de ce que l'on a coutume d'appeler le "rock français", atmosphères étranges, guitares magnétiques, harmonies jouant sans cesse avec l'inattendu. Torso surprend, dérange et déstabilise. Mais surtout, Torso divise. Suscitant un ennui poli chez les eux, une admiration sans borne chez les autres, le groupe se risque à verser dans l'élitiste (ou tout du moins l'exigeant)... avec cependant un tout petit quelque chose qui fait qu'il évite de s'enfermer dans un océan d'incompréhension artistique.
Disque de funambules, Eloge de la compression est une oeuvre en perpétuelle évolution, une suite d'idées oscillant entre songes contemplatifs et turbulences mentales pour mieux plonger dans une darkwave expérimentale mais qui a pourtant de la suite dans ses idées. Eloge de la compression des sons, l'ensemble ne formant au final plus qu'un, ce "tout" organique se mouvant imperceptiblement dans les méandres de l'âme, pour aller au coeur de son sujet : l'humain. Plus qu'un album, ce disque est l'aboutissement d'une démarche entamée sur 9 : solfatares son premier essai discographique. Une démarche, certes jusque-boutiste (parfois trop...), mais qui a quelque chose d'intrigant, de fascinant dans ce qu'elle a de tortueux dans sa manière de dépeindre la complexité des émotions, capter l'essence de la condition humaine. Ce projet musical hors-norme ne peut laisser indiférent et c'est notamment ce qui fait tout l'intérêt de la chose, car quelques soient les conventions, Torso ne plie devant aucune d'entre elles, parce que Torso est artistiquement unique, Torso est musicalement libre... peut importe ce qu'il en coûte.

Torso / Chronique LP > 9 : Solfatares

torso.jpg Artwork très pictural, velléités expérimentales, spoken word et basses lourdes sophistiquées façon Nodata ou Massive Attack, le trip-rock expérimental mêlé d'éléctro-wave de Torso surprend d'entrée par ses partis-pris. Il y a des groupes qui nécessitent un certain effort pour entrer dans leur univers, celui-ci en fait partie assurément. 9 : solfatares, c'est un album aux textes politiques ironiques et désabusés, une oeuvre urbaine désenchantée et poétique en neuf actes au cours de laquelle le groupe se livre à une charge féroce contre notre mode de vie actuel, fait de superficialité, d'inepties et d'arrogance. On appelera ça de la lucidité. Si d'autres l'ont fait avant eux, les membres de Torso ont au moins le mérite de faire ça différemment. Mais c'est également là que le bât blesse. Cette ironie tragi-comique qui berce laconiquement 9 : solfatares peut être perçue comme un excès d'arrogance intellectuelle. A force d'en faire beaucoup, parfois, on en fait sans doute un peu trop. Et là, c'est un peu à l'image de certains artistes français, à force d'intellectualiser sans fin, on prend des airs supérieurs et on ne brasse que de l'air... au détriment de la musique et du message que l'on veut véhiculer. Maniant la répétition comme d'autres le riff massif, les compositions de Torso n'hésitent pas s'affirmer via des boucles mélodiques interminables et parfois lassantes, à la longue. On l'a compris, à sa manière, même déroutante, Torso porte avec beaucoup d'acuité un regard sombre mais très juste sur notre époque et notre condition d'être humain en ce début de XXIe siècle. Et, malgré les défauts que l'on pourra trouver à 9 : solfatares, oeuvre aussi imparfaite qu'étonnante, on ne pourra conclure sans reprendre le titre du neuvième morceau de cet album : on répète comme des singes ce qu'on nous dit de penser, tout ce qu'on peut aimer de Torso est sans doute dans ces quelques mots... à méditer.