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Time Factory / Chronique LP > No borders & remixes

time_factory_no_borders.jpg Au-delà des frontières, au-delà des étiquettes musicales forcément réductrices et trop étroites pour ses auteurs, No borders & remixes est un disque à l'image de son artwork, lequel vient à merveille illustrer son propos. Comme une invitation à un voyage au royaume des songes éveillés, signée Time Factory, une ode intemporelle et poétique mêlant habilement éléctro pop indépendante énergisante, trip-hop suave et ambient hypnotique, cet album est une oeuvre aboutie. De l'éponyme "No borders" à l'envoûtant "Baby doll", en passant par les break-beats du millimétré "Fleeting sound", le duo livre avec ce premier opus, dix titres passionnés aux ambiances changeantes mais travaillées, dix morceaux aux mélodies pop savamment dévoilées, dix compositions harmonieuses et aérées, sans prétention ni quelconque maniérisme.
time_factory_remixes.jpgDans sa démarche, le duo Time Factory, n'hésite pas à prendre le risque de mettre entre deux feux les plus fervents amateurs du genre. Car il ne s'agit pas ici d'un (double) album explorant un genre justement, mais plusieurs. Dès lors, comment ne pas dérouter les inconditionnels de brûlots électro/ new wave dansant à la hype incandescente ? Comment ne pas laisser sceptique les amateurs de mélodies pop baignant dans des nappes synthétiques vaporeuses et transcendantes ? Aurélie Viteau et Guillaume Rossel ont eu comme une illumination : celle d'arrêter le temps l'espace de quelques instants et trouver le point d'intersection parfait entre les deux orientations musicales, pour créer une forme de symbiose entre les deux genres. Et le résultat mérite largement que l'on s'y attarde quelques minutes quand il leur a pris plusieurs années pour le finaliser. Ici les arrangements sont fouillés : cordes, piano, basse, beats éléctro etc., se succèdent et l'ensemble ne souffre d'aucune faute de goût. Lumineux et personnel, glacé et onirique à l'image de ses deux artwork.
Le duo français dispose d'une étonnante palette d'orchestrations et en fait usage de manière intelligente et sans effet de manche superflu, un peu à la manière d'un OMR, une matûrité artistique qui assure à No borders une élégance rare, mise en valeur par une production léchée signé Steeve Prestage (Echo and the Bunnymen). Quelques ballades cotonneuses et enneigées plus tard, dont l'excellente "Still in the shadow" ; et Time Factory boucle ses dix morceaux et fait fondre la glace pour nous filer quelques frissons propices à l'apaisement des sens. Trois autres remixes plus tard ("Tea time", "Fleeting sound" et "No borders"), ceux-là compilés sur un deuxième disque et le groupe démontre sa capacité à ne jamais se laisser enfermer dans des cases pour, semble-t-il, mieux affirmer sa volonté de se faire plaisir. Et nous avec.
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aureliO
Mars 2007

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