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Biographie > The Pro-DJ
Le groupe The Prodigy est crée dans les années 90 à Braintree (Essex, Angleterre), lorsque Liam Howlett se présente dans les bureaux de XL Recordings avec une démo 10 titres : Liam signe un contrat pour un premier single qui verra le jour en février 1991. En 1992, The Prodigy connaît déjà le succès avec un premier album Experience et surtout le single "Charly" qui a fait un carton via les dancefloors du monde entier. Liam Howlett est toujours à la recherche de nouveaux sons et ces envies se ressentiront sur le très acclamé Music for the jilted generation qui sortira deux ans plus tard (1994) : cet album connaît un succès colossal, notamment au travers de singles très attractifs ("No good (Start the dance)", "Voodoo people", "Poison"). Deux après, le groupe refait surface avec le single "Firestarter" et un clip qui laissait entre apercevoir que The Prodigy avait évolué : nouveau look et nouvelle attitude pour Keith Flint, nouvelle musique pour The Prodigy. Tendance qui se confirmera un an après à la sortie de The fat of the land. Le groupe devient sollicité de toute part : que ce soit pour des festivals renommés, des b.o de jeux vidéos (« Firestarter » pour Wipeout sur Playstation et Saturn) ou de films ("Mindfields" pour le gros carton cyber-générationnel Matrix, "Smack my bitch up" pour Charlie's Angels). Un sommet de popularité suivi par un long silence ponctué par une compilation de remixes (The dirtchamber session Volume one) et par le single "Baby's got a temper" en 2002. Liam Howlett fait revivre son jouet en 2004 avec la sortie d'Always outnumbered, never out gunned. L'album ne reçoit pas le succès escompté, ce qui replongera The Prodigy dans un silence à la durée indéterminé. Le groupe se rappellera à notre bon souvenir avec une compilation (Their law : the singles 1990-2005) regroupant les singles des Anglais et son leader, Liam Howlett, a édité une compilation (Back to mine) via le label Music Collective.
The Prodigy est aujourd'hui constitué principalement de Liam Howlett à la programmation, de Keith Flint et de Maxim Reality au chant ainsi que de plusieurs musiciens lives gravitant autour du groupes.
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The Prodigy / Chronique LP > The fat of the land
Les charlatans de la prédiction (de Nostradamus à Madame Soleil en passant par Paco Rabanne et Elizabeth Teissier...) n'avaient rien vu venir, pourtant les indices qui tendaient à prouver que The Prodigy allait faire grand bruit (c'est un euphémisme...) avec leur troisième album était rétrospectivement nombreux : un album précédent Music for the jilted generation qui contenait déjà son lot de pépites ("No good (Start the dance)", "Poison", "Voodoo people" et d'autres encore) et surtout qui, fait rare, mettait déjà tout le monde d'accord, autant les adeptes de rock que les afficionadas de la musique électronique. Enfin, un premier single, "Firestarter" qui avait fait l'effet d'une bombe un an auparavant au travers d'un morceau et d'un clip qui préfigurait d'une ère nouvelle pour The Prodigy, celle de The fat of the land.
The fat of the land ou l'album à la pochette ornée d'un crabe sur la défensive, probablement dans la crainte d'une attaque imminente d'une bestiole bien plus vorace, le redoutable prédateur The Prodigy : un beat menaçant qui assaille la proie (vous), la voix synthétisée de Keith Flint qui intervient frénétiquement, une enchanteresse orientale qui vient donner une (in)-(re)spiration aérienne à une musique qui redevient terrassante. Le premier titre et faussement provocant "Smack my bitch up" donne une synthèse efficace du menu de The fat of the land : The Prodigy sait se fait terriblement brutal et destructeur mais également très mélodieux et spatial. C'est plutôt la première option qui concerne "Breathe" (et son cousin germain "Firestarter"). Ce morceau démontre cette capacité de The Prodigy à se mettre en danger au travers d'exploration inédite : ici, celle de l'hymne punk couplé à un traitement sonore typiquement électronique. Les Anglais se réapproprient l'héritage des grisonnants Sex Pistols ainsi que le "Sex, drugs & rock'n'roll" en le détournant à la sauce The Prodigy : le résultat ("Sex, drugs & the fat of the land" ?) est à la fois exaltant et d'une fulgurance sonique qui dégrise les tympans. Explorer, c'est aussi l'objet des featurings de The fat of the land. C'est l'occasion pour The Prodigy d'absorber un peu de l'univers de l'invité : sur "Diesel power", le groupe se mue ainsi en combo electro big-beat hip-hop avec le flow percutant et musclé de Kool Keith (Ultramagnetic Mcs, Dr Octagon entre autres) ou bien en adeptes de spiritualité hindou lorsque Crispian Mills (Kula Shaker, The Jeevas) vient à poser son chant mystique sur le sublime "Narayan" et ses 9 minutes de progression transcendantale. Avant ce chef d'œuvre en forme de voyage initiatique vers le nirvâna, "Funky shit" aura repris les choses là où "Smack my bitch up" les a laissé (dans une rave en 2040 ?) , "Serial Thrilla" aura achevé de nous convaincre avec sa rythmique marteau- pilon, "Mindfields" de s'imprégner durablement dans nos cerveaux avec sa mélodie japonisante et "Climbatize" de nous donner une aération bienvenue à un squat qui sent le capharnaüm : The Prodigy en mode instrumental, ça assure toujours autant.
Plus qu'un album, The fat of the land est aussi une vitrine de ce que la musique des années 90 à de mieux à offrir (ou pas... selon les goûts). Les The Prodigy reprennent ainsi le "Fuel my fire" des L7 en le dynamitant à la cyberpunk - testostérone et ne se sont en effet pas privé pour nourrir leur musique de samples en tout genre piochant ça et là des éléments dans des disques remarqués et très ancrés dans leur époque. Ainsi, les Beastie Boys ("Root down" de Ill Communication sur "Funky shit") côtoient les défunts Skunk Anansie ("Selling Jesus" de Paranoid & sunburnt sur "Serial thrilla") ou les Breeders ("S.o.s" de Cannonball sur "Firestarter"). Un groupe qui cannibalise les références pour accoucher d'un grand disque, ça n'était pas forcément si évident que ça, les The Prodigy l'ont fait. Un grand album de musique fusionnée : tellement fusionnée que leur coller une étiquette en devient aussi périlleux que d'aller flinguer, sans flingues, des aliens avec Ellen Ripley. On parle souvent de big-beat à leur encontre mais The Prodigy avec The fat of the land, c'était un peu plus que ça.
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