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Biographie > Le syndrome d'AmenRa

Side-project de l'un des plus prolifiques membres de l'entité AmenRa (que l'on ne présente plus), Syndrome est en réalité un one-man-band ambient/drone/metal piloté par Mathieu Vandekerckhove (AmenRa donc, mais également Kingdom et Sembler Deah). En 2009, il sort un premier effort qui prend la forme d'un DVD live intitulé Project #1 resté relativement confidentiel, mais qui permet au projet de prendre forme concrètement avant de deux ans plus tard, livrer un premier véritable album, Floating veins, paru chez le label ConSouling Sounds (N, Nadja, Methadrone, Vanessa Van Basten...).
Syndrome a également une variante intitulé SYNDROME COLLECTIVE: The Second Project #2 pour laquelle Mathieu est entouré de Piet Dierickx (batteur de Drums Are For Parades), du vidéaste Tine Guns et d'Helmut Van den Meersschaut (Hel's Kitchen).

Syndrome / Chronique LP > Now and forever

Syndrome - Now and forever Dans la série des trucs a priori pas forcément évidents à chroniquer, voici Syndrome, qui seulement quelques mois après l'album Floating veins et une poignée de semaines après un 3-Way split confidentiel partagé avec Monotonos et Sequences, revient déjà sur notre radar avec Now and forever. Un EP constitué d'une seule et même plage de quelques vingt-huit minutes, sorti comme ses prédécesseurs par le biais du label ConSouling Sounds (Alkerdeel, AmenRa, Methadrone, Nadja...) et pour lequel Mathieu Van De Kerkhove dont il s'agit toujours là du side-project solo, est aidé cette fois par son compère d'AmenRa et Kingdom : Colin H.Van Eeckhout ainsi que par Josh Graham (Neurosis, Red Sparowes, A Storm of Light, Battle of Mice...). Un bon casting de luxe en sommes.

Un seul morceau que l'on pourrait de nous-mêmes scinder en plusieurs mouvements ou tout du moins suivre en fonction de ses changements d'atmosphères, elles qui se font ouatées et particulièrement apaisées pendant le premier quart d'heure avant de doucement monter en pression pour atteindre des sphères hautement pressurisées se drapant dans une saturation oppressive. Now and forever est un voyage sensoriel à travers le temps et l'espace de Syndrome, donc une oeuvre aussi riche que soignée et se faisant l'écho d'une esthétique musicale particulièrement soignée. Entre-temps, les voix de Mathieu & Colin, caverneuses et sépulcrales auront fait entrer le morceau dans des territoires empreints d'un certain mysticisme pour donner à l'ensemble un souffle, une âme qui se dévoile un peu plus à chaque écoute. Laquelle, portée par un amas drone gagne peu à peu en densité avant de se laisser gagner de nouveau bercer par une quiétude infinie, flirtant avec des textures sonores à la fragilité ténue jusqu'à nous emmener vers une issue que l'on imagine déjà ataraxique et éthérée... alors que ce sera tout l'inverse.

Car en guise de final, Syndrome libère ses tourments intérieurs dans une apothéose sonore enveloppée d'une brume épaisse à la noirceur palpable. Mathieu repousse les limites de son projet (bien au dessus du pourtant excellent Floating veins) et les résonances de son Now and forever ne quittent, dès lors, plus l'auditeur. Entre ombre et lumière, Ying & Yang ambient/drone/shoegaze, Syndrome joue avec les contraires qu'il fait s'attirer et les contrastes pour s'offrir une oeuvre à la maîtrise artistique (et formelle aussi bien entendu) absolue, un disque aux desseins tantôt optimistes ou à l'inverse aux panoramas désolés, aux perspectives multiples et changeantes pour un résultat aussi élégant que paradoxal, profond et définitivement fascinant par sa beauté aussi diaphane/opaque que troublante.

Syndrome / Chronique LP > Floating veins

Syndrome - Floating veins Il faut bien reconnaître une chose : ils ont quand même un goût exquis les gens de chez les belges de ConSouling Sounds pour dénicher des projets à tendance expérimentale mais haut de gamme : les N, Nadja et autres Methadrone ou Vanessa Van Basten, dont ils ont sorti une ou plusieurs des productions. Avec Syndrome, impossible de déroger à la règle, il s'agit là du side-project de Mathieu van de Kerckhove, échappé en solitaire d'AmenRa (mais également Kingdom) afin d'explorer ses aspirations ambient/drone/post-rock mises en sommeil lorsqu'il évolue en collectif.
Cinq pièces d'un ambient velouté et enivrant, une musique "spatiale" à très haute teneur émotionnelle, véritablement déchirante par moments ("Clot"), Syndrome emmène l'auditeur dans un voyage sensoriel au sein duquel l'éponyme et cristallin "Floating veins" joue les rôles de catalyseur. Les atmosphères y sont délicieusement évanescentes, les bruissements ambient électriques, en même temps qu'il distille fugitivement quelques textures drone éparses envoûtantes avant un final tout en crescendo et la tendance post-rock plus qu'affirmée. La rythmique s'emballe, la saturation emplit l'atmosphère et Mathieu fait entrer son projet dans une autre dimension...
... de celles que l'on n'explore que rarement. Là où l'on dépasse les frontières d'un projet ambient "classique" pour en repousser les limites habituellement convenues. "Project 5" se rapproche des travaux de Nadja, de part la lourdeur de cette mécanique rythmique qui cadence l'ensemble avec une rigueur clinique glaçante, mais également par les nappes sonores qui l'enveloppe. Si bien qu'après trois morceaux, Syndrome a déjà fait de son Floating veins l'un des albums les plus fascinant du moment alors même qu'il nous reste à poser une oreille attentive sur "Wolf" puis "Absence". Deux dernières plages sur lesquelles Mathieu dévoile les deux visages de sa musique, stratosphérique et éthérée pour l'un, massif et post-metal pour l'autre, à chaque fois avec une intensité incroyable. Classe.