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Biographie > Sembler Deah

En 2010, Sembler Deah, un projet ambient/drone/électronique au nom assez énigmatique voit le jour entre Gand (en Belgique) et Paris. Derrière ce patronyme pas commun, trois hommes : Dehn Sora (Treha Sektori) et le duo Colin & Matthieu d'AmenRa/Kingdom/Syndrome qui sans faire trop de bruit, livrent au printemps 2011 un premier effort sobrement intitulé Kaessariah. Heel een Leven Lang, ce, via Kaoesthetik et Hypertension Records (AmenRa, Black Haven, Drums Are For Parades, Zombi).

Sembler Deah / Chronique LP > Kaessariah. Heel een Leven Lang

Sembler Deah 4 pistes pour une belle demi-heure d'un voyage dark ambient à l'onirisme sombre et envoûtant, une véritable communion artistique entre deux membres d'AmenRa et Dehn Sora de Treha Sektori, Kaessariah. Heel een Leven Lang plonge, dès les premiers instants, l'auditeur dans un coma artificiel, un espace de liberté inconsciente au sein duquel l'esprit se laisse aller à ses chimères les plus absolues. Des nappes ambient habilement dissimulées par quelques halos de fumée, des basses lourdes à la répétitivité obsédante, une masse musicale organique placée sous assistance respiratoire, "Sehikiah Verah Sondeh" emmène la psyché vers des contrées rarement explorées. On ne peut que le suivre...

Là où les frontières entre réel et imaginaire semblent noyées dans des océans de brume post-rock, s'efface derrière les ombres, le trio sublime son oeuvre ("Troosteloos") en dévoilant des esquisses mélodiques qui épousent des panoramas sonores délicatement enfiévrés. Sembler Deah se met un peu plus à nu sur un "Helen Leven Lang" dépassant les dix minutes de musique pour instiller chez l'auditeur un trouble palpable, une impression latente d'être en sustentation dans un endroit où la gravité n'aurait plus cours, un lieu où la perte des repères serait la norme. Sembler Deah explore et repousse alors un peu plus les limites d'une musique sensorielle là-même où s'était arrêté Lustmord d'un point de vue créatif il y a quelques années ; et parvient à nous faire atteindre un état de quiétude ataraxique aussi troublante que fascinante ("Seh Verah"). Un petit chef-d'oeuvre du genre.

NB : le digifile de l'album est de toute beauté.