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Readymade FC > Chronique LP / Babilonia
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Aussi riche et luxuriant que les jardins de l'antique cité babylonienne, Babilonia se révèle dès ses premiers titres être un album d'éléctro pop, raffiné, éclectique dans ses couleurs et effectivement assez kaléidoscopique dans les contrées sonores qu'il cherche à explorer. Mélodique et accessible ("Cirkus" ou "Barefeet"), la musique de Readymade FC semble jouer avec les incongruités ou les légères imperfections qui la parsème tout au long de cet album. Les sonorités un peu psychédéliques de "Not" peuvent surprendre, mais pas aussi agréablement que les textures pour le moins vaporeuses de "Slide", titre très cinématographique dans l'âme, pour lequel J-P Verdin s'est assuré la participation de la vocaliste Yael Naïm.
Un projet solo pour lequel, on l'aura compris, de nombreux guests viennent apporter leur petite contribution, à l'image de Feist pour l'onirique et délicat Snow Lion ou David Sylvian, collaborateur de long date du maître d'oeuvre de Readymade FC, à l'occasion du titre "A fire in the forest". Expérimental mais avec une approche que l'on imagine délibérément surréaliste et presque picturale, Babilonia passe ainsi d'un genre à l'autre sans coup férir. Au riffs rock de "Simple appareil", succèdent ainsi les cliquetis éléctroniques d'un "A fire in the forest" définitivement organique ou les instrumentations mélancoliques du très dépouillé "Time machine". Jusque là, tout va bien, Readymade FC s'offre une dizaine de compositions toutes aussi originales que délicieusement variées, avant de s'égarer sur le chemin qui doit l'amener à conclure cet album.
Un nouveau titre d'éléctronica aussi étrange que baroque ("If so, what ?"), on y ajoute un soupçon de country jazzy en mode "western et saloons" ("The last time"), tout cela pour conclure sur un titre qui pourra évoquer l'ambiance surannée du film Amélie Poulain, et se révéler aussi indigeste que le long-métrage de Jean-Pierre Jeunet. Dommage de finir sur cette petite fausse note, même si on ne peut que louer la volonté de Jean-Philippe Verdin d'avoir pris le risque de plaire, et déplaire donc, à chaque titre de Babilonia, aucun morceau ne pouvant objectivement être taxé de clone d'un autre. Et ça, c'est assez rare et artistiquement honnête pour être salué. D'autant que pris dans son ensemble, cet album mérite très largement que l'on prenne le temps d'y poser une oreille attentive. Avis aux amateurs de nouveautés musicales.
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